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Agaléga
Éducateurs et parents unissent leurs voix face aux inquiétudes pour la rentrée 2026
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Éducateurs et parents unissent leurs voix face aux inquiétudes pour la rentrée 2026
■ Le Medco Agalega Secondary School a subi plusieurs dégâts après le passage de Chido en décembre 2024 et les réparations sont faites pour assurer la rentrée 2026.
À l’approche de l’année scolaire 2026, la situation au Medco Agalega Secondary School continue de susciter une vive inquiétude. Après les éducateurs, ce sont désormais les parents d’élèves qui expriment ouvertement leurs préoccupations, pointant du doigt plusieurs zones d’ombre liées à la gestion de l’établissement, au recrutement des enseignants et aux conditions d’apprentissage des élèves sur l’île d’Agaléga.
Dans une correspondance adressée au manager de Medco Agalega au mois de novembre, des parents, se présentant comme porte-parole, disent avoir pris connaissance de plusieurs informations jugées préoccupantes. L’une d’elles concerne l’annonce selon laquelle l’ancien bâtiment du collège devrait être démoli après la rentrée 2026. Une perspective qui soulève de nombreuses interrogations quant à l’organisation de la scolarité des élèves durant cette période de transition.
Les parents s’interrogent notamment sur les infrastructures qui seraient mises à disposition. L’éventualité de cours dispensés dans des bâtiments provisoires, dans un contexte climatique souvent difficile à Agaléga, alimente leurs inquiétudes. «Quelles garanties seront offertes pour assurer la sécurité et le bien-être des élèves ?», se demandentils, appelant à davantage de clarté sur ce projet à moyen terme.
Autre sujet sensible soulevé dans la lettre : le recrutement des enseignants. Les parents rappellent qu’à la suite d’une précédente dénonciation concernant l’absence prolongée d’un enseignant pour raisons médicales, la situation avait pu être réglée. Toutefois, ils affirment avoir appris que de nouveaux enseignants seraient recrutés pour dispenser les mêmes matières, notamment en Art & Design, alors que des besoins plus urgents existeraient, selon eux, dans des disciplines telles que les langues et l’informatique.
Une préoccupation qui rejoint celle exprimée par les éducateurs eux-mêmes. Dans une lettre adressée au Medco Head Office, également en novembre, ces derniers contestent le recrutement annoncé de nouveaux enseignants pour 2026. Ils estiment que la charge de travail actuelle est conforme aux exigences de la Private Secondary Education Authority et adaptée au faible effectif du collège, qui compte environ 33 à 35 élèves. Selon eux, les ressources humaines devraient être optimisées en fonction des besoins réels de l’établissement.
Certains parents affirment par ailleurs avoir été informés que plusieurs enseignants envisageraient de ne pas revenir pour l’année académique 2026, invoquant des anomalies persistantes. Une situation qualifiée de «malsaine», qui pourrait, selon eux, compromettre la stabilité du collège et nuire à la qualité de l’enseignement dispensé aux élèves.
«… toujours dans le flou»
Dans ce contexte tendu, plusieurs enseignants se trouvent actuellement à Maurice, profitant de quelques jours de repos auprès de leurs proches. Toutefois, l’incertitude demeure quant à leur retour sur l’île avant la rentrée scolaire prévue le 12 janvier. «On nous avait fait comprendre qu’il n’y avait pas de fioul pour rentrer sur l’île. À présent, on nous dit que le problème est réglé… mais nous sommes toujours dans le flou», confie l’un d’eux.
Selon ces enseignants, le ministère de l’Éducation avait initialement donné son accord pour un retour à Agaléga à bord du Dornier. Cette décision aurait toutefois évolué par la suite. Ils indiquent également que leurs contrats ont pris fin au mois d’octobre. «Notre contrat s’est terminé le 31 octobre. Comme nous n’avons pas eu de transport pour rentrer à Maurice, nous sommes restés jusqu’au 15 décembre sur l’île, sans aucune rémunération. C’est démotivant, surtout face à la manière dont la situation a été gérée», déplore un enseignant.
Face à cette situation, les éducateurs ont contacté leur représentant syndical à Maurice, l’Union of Private Secondary Education Employees. Ils envisagent de saisir la Commission de conciliation et de médiation afin de récupérer les sommes qui leur seraient dues. «Pour l’instant, nous ne savons pas encore ce qui va se passer», confient-ils, soulignant le climat d’incertitude qui pèse sur leur avenir professionnel.
Ce manque de visibilité et de communication génère, selon eux, un stress important. Sans issue favorable, certains avertissent qu’ils pourraient ne pas renouveler leur engagement pour l’année académique 2026. De leur côté, les parents lancent un appel pressant au board de Medco, l’invitant à examiner la situation «avec sérieux» avant toute décision liée au recrutement ou à la restructuration de l’établissement.
Sur le plan logistique, un bateau devait initialement quitter Maurice les 4 ou 5 janvier à destination d’Agaléga. Le voyage a toutefois été reporté en raison des mauvaises conditions météorologiques. «Il y a un cyclone dans les parages, mais nous ne savons pas quand le voyage pourra être reprogrammé», indique une source.
Par ailleurs, les enseignants confient qu’ils auraient dû prolonger leur contrat ce lundi. «À ce jour, nous n’avons reçu aucune correspondance, ni par mail ni par téléphone. Nous sommes toujours dans l’attente», affirment-ils.
Interrogé sur la situation, le ministère de l’Éducation indique que la question a bien été prise en compte. «Au dernier moment, certains enseignants ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas renouveler leur contrat. Il a donc fallu trouver d’autres éducateurs prêts à se rendre sur l’île, ce qui prend un certain temps. Néanmoins, le ministère a pris les dispositions nécessaires pour que les nouveaux enseignants puissent rejoindre Agaléga dès le début du mois de janvier, afin d’assurer la continuité des cours à la rentrée», précise-t-on. Des discussions ont également eu lieu avec le Prime Minister’s Office afin de faciliter ce processus.
Afin d’éviter que ce type de situation ne se reproduise, le ministère envisage une nouvelle approche. À mi-année, les enseignants seront désormais invités à se prononcer sur le renouvellement de leur contrat. Un appel à candidatures sera également lancé plus tôt dans l’année afin de constituer un «pool» d’enseignants disposés à travailler sur l’île, tant au niveau primaire que secondaire.
Reste à savoir si ces mesures permettront d’apaiser les tensions et de rassurer parents, enseignants et élèves, alors que l’avenir du Medco Agalega Secondary School demeure, pour l’heure, marqué par l’incertitude.
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