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Sécurité routière
Durcissement des sanctions en l’absence d’effet du permis à points
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Sécurité routière
Durcissement des sanctions en l’absence d’effet du permis à points
Vendredi, à l’issue du Conseil des ministres, le gouvernement a pris note de la promulgation des Road Traffic (Amendment of Schedule) (N°2) Regulations 2026, qui renforce le système de permis à points. Parmi les changements annoncés, un durcissement des sanctions pour utilisation d’un téléphone portable ou d’un microphone au volant. Le retrait de points passe désormais d’une fourchette de 3 à 6 points à 5 à 10 points. La mesure entre en vigueur à partir de demain.
L’exemple britannique
L’objectif affiché est clair : réduire les comportements à risque et lutter contre les distractions qui figurent parmi les principales causes d’accident. La récente vidéo d’un chauf feur individuel dont l’autobus a percuté plusieurs infras tructures avant de terminer sa course contre un mur, a ravivé les inquiétudes concernant la conduite professionnelle.
Pour Alain Kistnen, secrétaire de l’Union of Bus Industry Workers (UBIW), le permis à points est un outil de responsabilisation nécessaire, mais il estime que des lacunes subsistent dans l’application des règlements. Il affirme que certaines personnes conduiraient encore des autobus sans la licence requise. «Ces individus n’ont aucune crainte de perdre des points puisqu’ils ne possèdent même pas de permis valide», déplore-t-il.
Selon lui, l’introduction du système a déjà eu un impact sur certains conducteurs, mais elle a également contribué à accentuer le manque de chauffeurs dans certaines compa gnies. Ainsi, certains opéra teurs fermeraient les yeux sur des irrégularités afin de maintenir leurs effectifs et services.
Pour sa part, Stéphane Maurymoothoo, membre du Regrupman Artizan Morisien, estime que le système ne produira de résultats durables qu’à condition d’être assorti de sanctions plus strictes et de mesures éducatives. Il cite l’exemple du Royaume-Uni, où les contrevenants doivent suivre des formations obligatoires sur la sécurité rou tière. «Lorsqu’une personne doit consacrer plusieurs semaines à suivre des cours de sensibilisation, elle réfléchit davantage avant de récidiver», soutient-il.
Appliquer réellement la loi
Concernant la conduite sous influence, Stéphane Maurymoothoo plaide pour une plus grande implication citoyenne ainsi que pour des sanctions plus sévères. Selon lui, la responsabilité des propriétaires d’autobus devrait également être engagée lorsqu’ils emploient des chauffeurs qui ne respectent pas les règles.
Le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, réitère que le dispositif est ap pelé à évoluer en fonction des tendances observées. «Tous les trois mois, en me basant sur les statistiques de la police, je vais analyser les 33 infractions concernées afin de voir lesquelles sont prises trop à la légère. Dans les trois prochains mois, nous verrons quelles sont les infractions les plus fréquentes et les sanctions seront adaptées en conséquence», indique-t-il.
Osman Mahomed lance également un appel aux moniteurs d’auto-écoles : «Ils doivent montrer l’exemple et éviter d’utiliser leur téléphone portable, source de distraction, pendant les leçons de conduite.» Il rappelle que si les lois sont élaborées par son ministère, leur application relève principale ment de la police. «L’efficacité du système dépendra beaucoup de l’enforcement. Une loi peut paraître excellente sur le papier, mais elle doit être appliquée ri- goureusement», affirme-t-il.
Un premier bilan devrait être présenté au Conseil des ministres au terme du prochain semestre. Le ministre souhaite également que les statistiques relatives aux suspensions de permis soient rendues publiques afin de sensibiliser davantage les usagers de la route aux conséquences de leurs infractions.
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