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Camp-Diable
Duel sur le Budget devant la déesse Amma Tookay
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Duel sur le Budget devant la déesse Amma Tookay
■ Jacques d’Unienville, CEO d’Omnicane, devant Arianne Navarre-Marie et Veena Ramgoolam. Photo: Sumeet Mudhoo.
C’est un genre de duel sur le Budget 2026-2027 qui a ponctué hier la cérémonie par ailleurs empreinte de recueillement, à l’Amma Tookay Kovil de Camp-Diable, où se tenait la prière annuelle pour une récolte sucrière. Le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a lancé la première pique : «J’espère que le gouvernement trouvera, avec le Budget, des solutions afin de soulager la population», a-t-il déclaré.
Une sortie à laquelle le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a répondu sans détour : «Mo pena baton mazik, nou bizin realist. Nou bizin redres sitiasion pou nou, pou ou et pou zenerasion futur.»
Le chef du gouvernement, invité d’honneur de la cérémonie, a néanmoins esquissé les grandes orientations budgétaires à venir, les résumant autour de cinq axes : responsabilité, solidarité, efficacité économique, justice sociale et protection des plus vulnérables. «Une main a cinq doigts – les cinq doigts sont différents, mais on a besoin des cinq pour faire une force», a-t-il illustré, avant de procéder à la coupe symbolique de la canne à sucre, geste traditionnel marquant le lancement de la campagne sucrière.
La cérémonie revêtait par ailleurs une dimension personnelle particulière pour Navin Ramgoolam, car son père avait luimême posé la première pierre de ce kovil dans les années 1960.
Pour sa part, Jacques d’Unienville, Chief Executive Officer d’Omnicane Ltd, a dressé le portrait d’une filière sous pression. «C’est une industrie où chaque maillon est important, chacun a un rôle très précis», rappelant que la canne à sucre représente également une source d’énergie essentielle pour le pays. Il a lancé un appel au chef de l’État pour une révision du prix de la bagasse, actuellement fixé à Rs 3 le kilowatt, afin d’offrir «un petit soulagement» au secteur.
La Deputy Prime Minister, Arianne Navarre-Marie, a pour sa part rappelé la vocation protectrice du lieu. «Amma Tookay symbolise la protection des travailleurs de la canne à sucre», a-t-elle déclaré, appelant également les planteurs à réduire leur consommation de fertilisants, dont les prix ont fortement augmenté en raison des tensions au Moyen-Orient, et invitant les jeunes à considérer l’agriculture comme un secteur d’avenir. «Il est essentiel qu’on ne laisse pas le secteur agricole disparaître à Maurice», a-t-elle insisté.
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