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Affaire Gulshan Govind : Trois voyages à La Réunion pour Véronique Leu-Govind, dont deux avec son époux
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Affaire Gulshan Govind : Trois voyages à La Réunion pour Véronique Leu-Govind, dont deux avec son époux
■ Véronique Leu-Govind et son époux, Gulshan Govind, au cœur de l’enquête sur un présumé réseau d’importation de cannabis entre La Réunion et Maurice.
«In this case, just as in any other case, there will never be any coverup. Whoever you may be, whatever high office you may hold, you will have to bear the consequences of your actions.» C’est par cette déclaration ferme que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a conclu sa réponse à la Private Notice Question du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, consacrée hier à l’enquête sur un présumé réseau d’importation de cannabis entre La Réunion et Maurice impliquant Gulshan Govind, époux de l’ex-junior minister de la Culture, Véronique Leu-Govind.
⚫ Elle est attendue à l’ADSU aujourd’hui
Le chef du gouvernement a insisté sur le fait qu’il n’y aurait «aucun traitement de faveur» dans cette affaire, rappelant que son gouvernement poursuivait une lutte «sans relâche» contre les trafiquants de drogue. Il a affirmé que personne n’était et ne serait audessus de la loi, quel que soit son statut. Navin Ramgoolam a ainsi confirmé que Véronique Leu-Govind est attendue aujourd’hui dans les locaux de la Western Division de l’Anti-Drug Smuggling Unit (ADSU). Selon lui, l’ancienne junior minister s’est présentée volontairement aux enquêteurs le 2 août, estimant qu’elle devait probablement fournir une déposition. Les officiers de l’ADSU lui ont toutefois demandé de revenir accompagnée d’un homme de loi, les investigations préliminaires n’étant pas encore terminées.
Interrogé sur les déplacements de l’ancienne junior minister, le Premier ministre a également révélé qu’elle s’est rendue à trois reprises à La Réunion depuis sa nomination et que son époux, Gulshan Govind, l’avait accompagnée en deux occasions. Navin Ramgoolam a précisé qu’il était «tout à fait normal» qu’elle bénéficie de l’accès au salon VIP en sa qualité de junior minister. Face aux affirmations de Joe Lesjongard, selon lesquelles le couple aurait effectué davantage de voyages, le Premier ministre a indiqué qu’il vérifierait ces informations.
Revenant sur le déroulement de l’enquête, Navin Ramgoolam a expliqué que les investigations ont débuté le 26 juillet, après des renseignements reçus concernant un hors-bord suspect quittant La Réunion en direction de Maurice. Une opération conjointe de l’ADSU, de la National Coast Guard et de l’escadron d’hélicoptères de la police avait alors été mise en place.
Le bateau n’avait pas été intercepté en mer, mais les autorités réunionnaises avaient, entre-temps, récupéré 155,7 kg de cannabis, d’une valeur estimée à Rs 233,5 millions sur le marché mauricien, et arrêté deux Français. Le Premier ministre a ensuite rappelé que le hors-bord avait été retrouvé le 27 juillet dans le lagon du Morne avant d’être saisi. Lors des examens scientifiques effectués le lendemain, des graines et feuilles, suspectées d’être du cannabis, ainsi que des fioles contenant un liquide suspect, avaient été découvertes.
Concernant les perquisitions du 31 juillet, Navin Ramgoolam a confirmé que les officiers de l’ADSU ont découvert au domicile de Gulshan Govind une fiole contenant une substance suspecte ainsi que quatre plants de cannabis présumés. Un téléphone portable appartenant à Gulshan Govind et le véhicule immatriculé au nom de Véronique Leu-Govind avaient également été saisis. Le Premier ministre a indiqué que l’examen scientifique du véhicule, effectué le 1er août, avait permis de découvrir des traces de matière végétale suspectée d’être du cannabis ainsi qu’une graine présumée de cannabis.
Gulshan Govind a, depuis, été provisoirement inculpé de complot en vue d’importer du cannabis avec une circonstance aggravante de trafic, culture de cannabis et possession de drogue dangereuse. Il a comparu devant le tribunal de Bambous le lundi 3 août. La police s’est opposée à sa remise en liberté, invoquant des risques de fuite, de récidive et d’interférence avec les témoins. Le tribunal a ordonné son maintien en détention policière jusqu’au lundi 10 août.
Sur le volet financier, Navin Ramgoolam a révélé que la Financial Crimes Commission (FCC) a ouvert, de sa propre initiative, une enquête pour blanchiment d’argent visant Gulshan Govind et sa famille. Parallèlement, la division chargée du recouvrement des avoirs examine leurs biens ainsi que toute éventuelle richesse inexpliquée, tandis que l’unité chargée des déclarations de patrimoine surveille les avoirs de Véronique Leu-Govind et de son époux.
Le Premier ministre a également indiqué que le bureau de l’Attorney General a sollicité une demande d’entraide judiciaire auprès des autorités françaises de La Réunion. Il a toutefois précisé que le contenu de cette demande ne pouvait être divulgué en raison des dispositions de l’accord de coopération judiciaire liant Maurice et la France.
Lors des questions supplémentaires, Joe Lesjongard a notamment demandé si la démission de Véronique Leu-Govind n’aurait pas dû intervenir dès la perquisition de son domicile. Navin Ramgoolam a répondu qu’à ce stade, il n’existait aucune preuve justifiant son départ immédiat, évoquant plutôt une «perception» qui a conduit l’ancienne junior minister à démissionner. Il a également rejeté les allégations selon lesquelles elle aurait pu altérer des preuves, affirmant qu’aucun élément ne permettait de soutenir cette thèse.
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