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Sommes-nous aveugles ?

Des signes extérieurs de richesse… et de grande pauvreté

29 août 2025, 17:19

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Des signes extérieurs de richesse… et de grande pauvreté

Nous allons longtemps jouer aux naïfs, fermer les yeux sur ce qui saute aux… yeux, nous ébahir devant des signes extérieurs de richesse pour le moins… visibles ou ne pas voir ou vouloir voir des signes évidents de pauvreté. L’État providence ferait ce qu’il peut (peu?), des ONG également de même que certaines initiatives pour trouver et distribuer de quoi manger qui méritent tous nos encouragements.

Notre société s’est transformée durant ces dernières années en clans ou clubs égoïstes dans des cages dorées. Oui, nous souffrons de cécité… pour nous donner bonne conscience. Nous n’avons de cesse de mettre en avant notre île paradisiaque tout en occultant une autre image qui fait honte.

Un exemple gigantesque photo-collage.png (2).jpg Les autorités ont enfin découvert dans une cour à l’air libre 19 voitures de luxe, huit motos (pas des mobylettes)… ailleurs, on procède à un démantèlement d’un réseau se livrant au commerce (invisible?) de voitures dites vintage, tels une Ford Raptor, une Porsche Cayenne (pas celle que le CP a choisie lors de son départ), une moto Harley Davidson…

Dans le Sud, des yachts ou bateaux de luxe valant des millions de roupies… chez un videur (il faisait le plein), 11 voitures de luxe, dont trois vintage (comme le bon vin), trois motos. Chez un modeste individu, rien que sept voitures… il y a aussi deux bateaux suspects au Morne… il est vrai que dans notre île bénie des dieux, de 2014 à 2024, les achats de voitures ministérielles s’élèvent à Rs 161 millions. Pour assurer leurs… arrières ?

Ce n’est qu’un survol de toutes ces preuves de richesse étalées au grand jour. Vous devinez les questions naïves à poser. Comment est-ce que pendant des années, tout ce show glamour au su et au vu de tous est resté… invisible aux yeux des autorités con… cernées. Pour accumuler tous ces bolides hors de prix, il a bien fallu s’organiser, se structurer, recruter du personnel marginal, dessiner des réseaux, embaucher des petites mains.

Pendant tout ce temps, donc pas en un jour, les autorités concernées n’ont rien vu, su ou pu, ne serait-ce que jeter... un œil. C’est vrai que la récolte de renseignements sur le terrain devait être maigre puisque le reward money s’écoulait, si les infos recueillies sont avérées, sur les comptes de prétendus-distributeurs trop occupés à partager le butin à la manière des corsaires. Une bonne partie sur des comptes en banque individuels. Jamais on n’aura compté autant d’aveugles et de sourds-muets.

Il n’y a pas qu’eux. N’y avait-il aucune officine pour contrôler la destination de telles sommes ou simplement aller en prendre plein les yeux dans ces lieux à ciel ouvert abritant de telles cylindrées. C’est vrai que notre île – étant un continent – il est difficile de débusquer ces caches, même grâce à des bolides. Certaines banques ne se sont pas demandé d’où provenaient ces millions tombés… du ciel. La Mauritius Revenue Authority – si soucieuse de nos petits sous – ne pourchasserait que des tilapia pendant que les dents de la mer se gavaient de l’argent de la drogue. Le moteur même de ces transactions se nomme la corruption, à tous les échelons et étages. Pourquoi même dans les rues on évoquait des devises accumulées à Dubaï ou à Londres. Personn napa ti santi… lay? Tout ce qui brille ne serait pas de l’or, mais l’or… dure ?

L’argent sale Screenshot 2025-08-29 211136.jpg Fallait encore planquer et échanger tout ce magot. Là également, les responsables officiels n’ont pas été étonnés, stu… péfiés, sidérés devant villas avec piscines de luxe, fréquents voyages avec séjour dans des hôtels luxueux, acquisition d’accessoires coûteux, tels vêtements griffés, bijoux et montres, des richesses tape-à-l’œil. Serions-nous une île passoire uniquement pour… dite?

Les institutions dédiées à ces contrôles se seraient même heurtées à de solides forteresses érigées par comptables, avocats, hommes d’affaires. Rien à signaler du côté des impôts ou de tentatives d’évasion fiscale? Même le citoyen lambda sait que notre pays alimente une économie parallèle dont les tentacules dépassent ceux des pieuvres les plus… branchés comprenant parfois money changers, détenteurs de cartes de crédit bancaires étrangères, possesseurs de tickets gagnants.

Toute une panoplie de stratégies sophistiquées mises en place a facilité l’énormité de cette économie parallèle. L’immobilier, les véhicules, certains circuits bancaires qui permettraient que l’argent sale quitte le pays. Grâce aussi à un agencement bien structuré comprenant parfois un money changer, des détenteurs de tickets gagnants (ça traîne les rues ?), de gros bonnets abonnés à des casinos et surtout un registre de prête-noms.

Refuser de voir

Revenons à notre cécité. Tout ceci se déroulait aux yeux de tous, mais c’est subitement maintenant qu’on s’aperçoit que ce silence étouffait en vérité un concert de… casseroles. Prenons tous rendez-vous chez l’oculiste, ou mieux chez l’ophtalmologue pour cause de… cataracte. Mais les gros caïds et leurs sbires ne souffrent eux d’aucune opacité. Ça… compte !

L’étranger ou le touriste de passage n’a pas le temps de découvrir l’île de Surcouf et ses pirates. La bienvenue FCC s’affaire mais n’aurait atteint jusqu’à présent que the tip of the iceberg. Mais la fonte des grands glaciers est plus rapide que prévu. Déjà on commence à deviner ce que cache la grosse calotte glaciaire. Nous jouons à l’aveugle médusé (c’est la saison) d’apprendre qu’un citoyen sur dix ne mange pas à sa faim et que 125 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit 10 % de la population.

Nous feignons de ne pas voir ces petits emplois mal payés, la malnutrition, nos rutilantes décharges sauvages qui décorent le paysage, les bicoques (pas la coque des yachts) ou taudis. Allons faire une promenade dans la face invisibilisée de Rivière-Noire dont l’interface a pris des allures de Riviera. Glissons sur les personnes âgées démunies, sur ces indigents et autres miséreux, parmi lesquels, il faut le souligner, on trouve souvent des Afro-mauriciens. Ah bon ?

Deux mondes qui s’ignorent sur la même petite île. Ouvrons les yeux à moins que nous préférions passer à côté sans rien remarquer. Après tout, ainsi va le monde : il marche sur la tête ! Manz lipie latab!

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