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HSC 2025
Des résultats en progrès et des collèges régionaux qui se distinguent
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HSC 2025
Des résultats en progrès et des collèges régionaux qui se distinguent
Contrairement aux constats plus mitigés dressés pour le «School Certificate», le «Higher School Certificate» (HSC) affiche une amélioration par rapport à 2024. Un résultat salué par les acteurs du secteur éducatif, même si le débat sur les défis structurels du système scolaire mauricien reste vif.
Pour Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), il convient avant tout de reconnaître les efforts fournis par les élèves: «Il faut féliciter tous les élèves qui ont bien travaillé pour ces examens, car il y a une légère hausse des performances.»
Toutefois, cette progression ne doit pas occulter une réalité préoccupante. «On constate que 20 à 25% des élèves n’arrivent pas à franchir le cap des examens, que ce soit au HSC, au SC ou même au PSAC», déplore-t-il, estimant qu’une réflexion approfondie sur l’accompagnement des élèves en difficulté demeure indispensable.
La mixité, pas un problème
Arvind Bhojun s’est également attardé sur certaines performances marquantes de cette cuvée, notamment celles du Queen Elizabeth College (QEC), où les garçons se sont distingués. Il a aussi salué la réussite inédite d’un élève du Droopnath Ramphul State College, premier à décrocher le SSR National Scholarship. «Cela démontre clairement que la mixité n’est pas un problème», affirme-t-il. Selon lui, ces résultats confirment que «lorsqu’un enfant reçoit l’accompagnement nécessaire et reste focus sur ses études, il peut réussir, peu importe l’établissement».
La cuvée 2025 met également en lumière une évolution notable : la montée en puissance des collèges régionaux et non traditionnels. Arvind Bhojun cite notamment le Lady Sushil Ramgoolam State Secondary School, des collèges privés comme le Modern College, ainsi que des établissements confessionnels.
«Si la volonté est là, le nom du collège importe peu», soutient-il, tout en adressant ses félicitations au personnel enseignant et non enseignant, dont l’engagement a largement contribué à ces résultats. «C’est encourageant et on espère voir encore ce genre de performances à l’avenir», ajoute-t-il.
Concernant les excellentes performances enregistrées en langues, le président de l’UPSEE y voit un lien direct avec le sentiment d’appartenance des élèves à ces matières. «Lorsqu’un enfant aime une discipline, les résultats suivent. Ces matières permettent aussi d’obtenir des points, d’améliorer le classement et, pourquoi pas, de devenir lauréat», explique-t-il.
Collaboration tripartite
Dans cette optique, Arvind Bhojun plaide pour que les élèves ne soient pas découragés, en particulier ceux souhaitant poursuivre le Kreol Morisien au HSC. «C’est une matière qui est profondément ancrée dans le cœur des Mauriciens. Il ne faut pas bloquer les jeunes qui veulent la choisir», soutient-il.
De son côté, Yugeshwur Kisto, président de la Government Secondary School Teachers’ Union, a tenu à féliciter l’ensemble des lauréats de la cuvée 2025, tout en saluant le travail collectif ayant mené à ces résultats. «Cette réussite est le fruit d’une collaboration tripartite entre apprenants, éducateurs et familles», affirme-t-il, mettant en avant l’engagement des enseignants et le soutien constant des parents.
«L’excellence se démocratise»
Il rappelle également que la légère progression du taux de réussite national, passé de 78,88 % en 2024 à 78,98 % en 2025, intervient dans un contexte plus exigeant. «Les seuils de réussite de Cambridge ont été relevés, rendant les examens plus difficiles. Maintenir, voire améliorer, les résultats dans ces conditions témoigne de la résilience de nos élèves et de leurs enseignants», souligne-t-il.
Enfin, Yugeshwur Kisto insiste sur un point essentiel : la réussite ne se limite plus aux seules académies traditionnelles. «Les résultats démontrent que l’excellence se démocratise progressivement à travers tout le système éducatif. Des lauréats émergent désormais de collèges d’État régionaux, urbains ou ruraux, prouvant que la réussite est accessible à tous les élèves motivés», conclut-il.
Le MES salue la réussite et l’excellence mieux partagée de cette cuvée
Le taux de réussite pour la République de Maurice s’établit à 78,98 % pour la cuvée 2025, enregistrant une légère hausse par rapport à 2024 (78,88 %). Pour Maurice uniquement, le taux global atteint 79,12 %, contre 79% l’an dernier.
Une progression modeste mais significative, marquée par une amélioration des performances chez les garçons : sur les 2 419 candidats, 1 848 ont réussi (soit 76,40% de réussite contre 75,30 % en 2024). Sur 3133 candidates, 2545 ont réussi leurs examens, ce qui correspond à un taux de 81,23 %, en légère baisse comparativement aux 81,75 % de l’année précédente.
À Rodrigues, la tendance est également positive. Sur un total de 144 candidats, filles et garçons confondus, 112 ont réussi, portant le taux à 77,78 %, contre 76,47 % en 2024. Chez les garçons, 71 candidats sur 98 ont été admis, soit 72,45 %, (75,21 % en 2024).
Serge Ng Tat Chung, le directeur du Mauritius Examinations Syndicate (MES), a par ailleurs souligné les excellentes performances observées dans plusieurs matières, notamment les langues. Certaines affichent des taux de réussite proches de 100 %, notamment les langues islamiques, l’espagnol, le français et l’urdu. Une tendance similaire est relevée pour les matières subsidiaires, où les langues continuent de se démarquer. S’agissant des collèges académiques, le collège Royal de Curepipe arrive en tête avec un taux de réussite de 98,36%, suivi du Queen Elizabeth College (97,34 %) et du Droopnath Ramphul State School (97,0 2%).
De manière plus générale, Serge Ng Tat Chung a mis en avant un élargissement du spectre des collèges performants, plusieurs collèges d’État s’étant hissés à un niveau très compétitif : le Rabindranath Tagore Secondary School, le Modern College, le collège Sainte-Marie ou encore deux collèges de Rodrigues.
Reflets d’un paysage scolaire en mutation
Cela faisait très longtemps que Maurice n’avait pas connu une répartition aussi éclatée des lauréats à travers les collèges du pays. Si le QEC s’impose nettement avec 16 lauréats – filles et garçons confondus –, les 33 autres bourses ont été réparties entre plusieurs établissements, dessinant une carte scolaire inédite et révélatrice de profonds changements.
La cuvée 2025 marque ainsi un véritable tournant. D’abord par la mixité, introduite il y a cinq ans dans certaines académies, au lendemain de la période post-Covid. Les résultats sont aujourd’hui bien visibles. Cinq garçons du QEC, deux du Droopnath Ramphul State College, une fille du collège Royal de Port-Louis et une autre du collège Royal de Curepipe ont inscrit leur nom dans l’histoire des collèges autrefois réservés exclusivement aux filles ou aux garçons. Une évolution à la fois symbolique et porteuse de résultats concrets.
Au-delà des académies, plusieurs collèges se sont également distingués, parfois après de longues années d’attente. Au collège Sainte-Marie, Gabrielle Gellé s’est illustrée dans l’«Economics Side», ravivant des souvenirs marquants puisque la première lauréate de l’établissement remonte à la cuvée 2013.
Le Rabindranath Tagore Secondary School n’est pas en reste avec deux lauréats : Shyamal Soborun («SAJ National Scholarships – Economics Side») et Bhoomeet Ropon («State of Mauritius Scholarships»), qui marchent dans les pas des pionniers de la cuvée 2010. Du côté du Lady Sushil Ramgoolam State Secondary School, Beebee Zeenat Husnaa Yearoo rejoint la courte et prestigieuse liste des lauréates de cet établissement.
Mais la grande première de cette année vient de Rodrigues. Pour la toute première fois de son histoire, l’Ananias André Le Chou College décroche un lauréat. Parimal Pareague fait ainsi la fierté de son collège et de toute une région. Une réussite qui rappelle qu’au-delà des académies, la persévérance et le travail peuvent mener au sommet, à l’image d’autres parcours inspirants observés ces dernières années.
D’autres collèges se sont également distingués, notamment le Modern College, le Sir Leckraz Teelock SSS, le Dr James Burty David SSS – qui signe un retour sous les feux des projecteurs –, le collège Lorette de Quatre-Bornes ou encore le Mahatma Gandhi Secondary School de Moka.
À l’inverse, certains établissements habitués aux honneurs n’ont pas réussi à s’imposer cette année. Le Mahatma Gandhi Institute (MGI), le Forest-Side SSS, le G.M.D Atchia SSS ou encore la Doha Academy figurent parmi les grands absents du palmarès 2025, même si ces collèges ont enregistré de très bons résultats, sans toutefois décrocher de lauréats. Une chose est sûre : cette cuvée restera dans l’histoire comme celle du renouveau, de la diversité et d’un mérite partagé bien au-delà des bastions traditionnels.
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