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La tombe du pape François était déjà creusée

Des obsèques qui s’affranchissent des usages

21 avril 2025, 11:43

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Des obsèques qui s’affranchissent des usages

Les obsèques d’un pape sont réglées par le droit canonique. Désireux de plus de sobriété et de simplicité, le pape François, mort ce lundi 21 avril, a toutefois souhaité rompre avec une partie de la tradition.

Un cérémonial plus simple, un rite liturgique plus rapide, un cercueil plus sobre. Le pape François a laissé des consignes pour l’organisation de ses propres obsèques. Fidèle à son sacerdoce, qu’il a placé sous le signe de la simplicité et de la sobriété, il a souhaité atténuer quelque peu le faste des obsèques papales. Décédé ce lundi 21 avril, à l’âge de 88 ans, il a pris les devants en faisant creuser sa tombe, au début de l’année 2024.

L’usage : neuf jours de deuil

La mort d’un pape est officiellement constatée par le Camerlingue, actuellement le cardinal Kevin Farrell. La garde de la dépouille du pape défunt est placée sous sa responsabilité. Débutent alors neuf jours de deuil : les novemdiales, aussi connus sous l’appellation des «neuf jours saints».

Le corps embaumé est exposé pendant trois jours, entouré de douze cierges, comme le rappelle la Conférence des évêques de France.

Une procession est organisée jusqu’à la basilique Saint-Pierre de Rome, où a lieu une messe de funérailles. Le corps est déposé dans un cercueil de cyprès, puis il est descendu dans la crypte de la basilique où il est placé dans un second cercueil, en zinc, et un troisième, en bois. L’inhumation, «vraisemblablement dans la crypte», a lieu «entre le 4ᵉ et 6ᵉ jour après la mort du Pape», écrit encore la Conférence des évêques de France.

François a choisi la basilique Sainte-Marie Majeure

Mais François a souhaité davantage de simplicité. Il a dit vouloir être inhumé non pas dans la basilique Saint-Pierre, mais dans la basilique Sainte-Marie Majeure de Rome. Cette basilique relève elle aussi du Vatican, bien qu’elle soit située dans le centre de la ville. Elle est confiée aux frères franciscains de l’Immaculée, une congrégation qui vit selon le rite de Saint François d’Assises, le saint dont Jorge Mario Bergoglio a choisi de porter le nom pour son pontificat.

Le pape avait l’habitude de s’y recueillir à la veille et au retour de chacun de ses voyages à l’étranger. Début 2024, François a lui-même fait creuser sa tombe, à proximité d’une icône de la Vierge, comme l’a écrit Le Figaro. «C’est ma grande dévotion. Je veux être enterré à Sainte-Marie-Majeure. L’endroit est prêt», a-t-il aussi déclaré à la télévision mexicaine NMás.

Il s’est aussi confié au vaticaniste espagnol Javier Martinez-Brocal dans son livre El Sucesor (Le Successeur, 2024), comme le rapporte FranceTVinfo : «Juste après la sculpture de la Reine de la Paix [la Vierge], il y a un petit renfoncement, une porte qui mène à une pièce où l’on entreposait les candélabres. Je l’ai vue et j’ai pensé : voilà le lieu. Et c’est là qu’a été préparé le lieu de la sépulture. On m’a confirmé que c’est prêt.»

Le lieu de la sépulture n’est pas la seule différence, puisque François a aussi demandé à mettre fin à l’exposition du corps, à la cérémonie de fermeture du cercueil, et a demandé à reposer dans un cercueil simple.

Les corps de Jean-Paul II et Benoît XVI avaient été exposés

Pour les obsèques de Jean-Paul II, en avril 2005, les funérailles avaient duré six jours. Son corps embaumé avait été exposé aux yeux des fidèles, en la basilique Saint-Pierre de Rome. La messe de Requiem était présidée par le cardinal Joseph Ratzinger - qui n’était pas encore pape. Elle avait duré trois heures, sur le parvis de la basilique, après une procession et avant une cérémonie d’inhumation, dans la crypte, en l’absence des médias.

Benoît XVI, pour sa part, était pape émérite au moment de son décès, puisqu’il avait démissionné. Ses funérailles ont connu un déroulement similaire à celles de Jean-Paul II. Sa dépouille a été exposée en la basilique Saint-Pierre de Rome, du 2 au 4 janvier 2023. Les cérémonies du 5 janvier étaient présidées par le pape François.

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