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Inde

Des milliers de manifestants contre les fraudes aux examens dispersés à coups de matraque

20 juillet 2026, 14:15

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Des milliers de manifestants contre les fraudes aux examens dispersés à coups de matraque

À New Delhi, la police a dispersé ce lundi 20 juillet un cortège rassemblant plusieurs milliers de manifestants qui tentait de rejoindre le Parlement pour dénoncer les fraudes récurrentes aux examens universitaires et réclamer la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan. Un journaliste de l'AFP a constaté que les forces de l'ordre, mobilisées en nombre, avaient chargé à coups de matraque les manifestants rassemblés près de l'esplanade de la capitale, alors que ces derniers cherchaient à se diriger vers le Parlement fédéral, dont la session estivale s'est ouverte ce même jour.

Le rassemblement avait été organisé à l'initiative du Parti du peuple des cafards, un mouvement né récemment sur internet. L'un des manifestants, K.M. Gulshan, a résumé leur revendication : «Nous voulons que le gouvernement nous entende, pas qu'il nous fasse taire.»

Dès hier, la police de Delhi avait qualifié la marche d'illégale, et déployé d'importants effectifs pour sécuriser le Parlement et les bâtiments publics environnants, prévenant sur les réseaux sociaux : «Toute personne qui contreviendra à cette interdiction est susceptible de poursuites pénales.» À l'ouverture de la session parlementaire, le chef de l'opposition à la chambre haute, Mallikarjun Kharge, a dénoncé le recours à la force policière contre les manifestants, déclarant à la tribune : «Le gouvernement essaie d'utiliser la force pour les faire taire», avant d'ajouter qu'il s'agit de l'avenir de centaines de milliers d'enfants indiens.

Un mouvement né de la colère étudiante

Fondé en mai par un jeune diplômé indien de retour des États-Unis, le Parti du peuple des cafards cherche à canaliser l'exaspération grandissante face aux scandales à répétition touchant les examens de l'enseignement supérieur en Inde. Le mois précédent, une fraude avait entraîné l'annulation d'un concours d'entrée en médecine présenté par plus de deux millions de candidats – une décision qui, selon la presse locale, aurait poussé plusieurs d'entre eux au suicide.

Le mouvement a depuis multiplié les rassemblements dans plusieurs grandes villes du pays, rassemblant une jeunesse confrontée aux difficultés d'insertion professionnelle malgré la vigueur de la croissance économique indienne

La grève de la faim de Sonam Wangchuk s'aggrave

Le mouvement des cafards a rapidement été rejoint par une figure marquante de la société civile indienne, Sonam Wangchuk, qui a lancé le 28 juin une grève de la faim pour soutenir ses revendications. Âgé de 59 ans et libéré en mars après six mois de détention liés à ses manifestations pour l'autonomie de la région himalayenne du Ladakh, Wangchuk a été hospitalisé de force samedi par la police, son état de santé suscitant une inquiétude croissante. Son épouse, Gitanjali J. Angmo, a dénoncé une «détention illégale». En réaction à cette hospitalisation forcée, le fondateur du mouvement, Abhijeet Dipke, a annoncé entamer à son tour une grève de la faim illimitée.

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