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Metro Express

Des experts britanniques évaluent les impacts sociaux, économiques et environnementaux de la ligne Curepipe–Port-Louis

20 janvier 2026, 09:00

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Des experts britanniques évaluent les impacts sociaux, économiques et environnementaux de la ligne Curepipe–Port-Louis

■ Osman Mahomed plaide pour une meilleure gestion financière du Metro Express.

Trois experts britanniques séjournent actuellement à Maurice afin de mener un Socio-Economic Environmental Assessment du Metro Express sur le trajet reliant Curepipe à Port-Louis. Cette mission s’inscrit dans le cadre du programme britannique Green Cities, Infrastructure and Energy, visant à fournir une assistance technique au gouvernement pour optimiser les infrastructures de transport durable.

Une réunion de travail s’est tenue hier entre la Haute commission britannique, un organisme public relevant du Department for Transport du Royaume-Uni, et le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed. L’objectif principal de cette mission est d’analyser, dans un cadre élargi, les bénéfices sociaux, économiques et environnementaux du Metro Express, au-delà de sa seule rentabilité financière.

Le ministre Mahomed a tenu à préciser que cette étude est entièrement financée par le gouvernement britannique, à hauteur de 180 000 livres sterling, (environ Rs 11 millions). «Le gouvernement mauricien n’a pas déboursé un centime. C’est une assistance gratuite dont la population pourra bénéficier», a-t-il souligné.

Il a rappelé que le Metro Express a été construit et financé par le gouvernement indien, avec l’aide d’un entrepreneur indien et que l’heure est désormais à l’optimisation du système existant. «Maintenant que l’infrastructure est en place, nous devons nous pencher sur les bénéfices sociaux et environnementaux du métro et sur la manière de réduire son poids sur les finances publiques», a-t-il déclaré.

Réduction des coûts, mais défis persistants

Osman Mahomed affirme que des efforts ont déjà été réalisés pour améliorer la situation financière de Metro Express Ltd. Entre juin 2024 et février 2025, les coûts du métro ont été réduits de Rs 76,2 millions. Toutefois, un défi majeur demeure : l’augmentation des charges liées à la dépréciation comptable, estimée à Rs 100 millions, notamment en raison de l’existence de sept départements comptables au sein du système.

«La rentabilité du métro est un exercice complexe. Mais notre objectif est clair : faire en sorte que le métro exige moins d’efforts des finances publiques», a insisté le ministre.

Révision des tarifs prévue

Interrogé sur les tarifs, Osman Mahomed a rappelé que le prix actuel du ticket de bus entre Curepipe et Port-Louis est de Rs 51, contre Rs 55 pour le Metro Express sur le même trajet. Il reconnaît qu’une révision est nécessaire, tout en précisant que ce dossier n’est pas prioritaire à ce stade.

«À l’international, notamment en Angleterre, le bus coûte en général deux fois moins cher que le train. Ici, les tarifs ont été fixés par le gouvernement. Les revoir est une option, mais ce n’est pas une décision immédiate», a-til expliqué, tout en rappelant que les étudiants et les seniors voyagent gratuitement, ce qui pèse également sur les recettes.

L’évaluation menée par les experts britanniques s’inscrit dans le cadre plus large des engagements climatiques (NDC) et de la philosophie du développement durable, reposant sur trois piliers : social, économique et environnemental. Selon le ministre, un train peut transporter jusqu’à 400 passagers, réduisant ainsi l’usage de la voiture individuelle, la consommation de carburant, la pollution, les embouteillages et leurs impacts sur la santé publique. *«Le corridor Curepipe–PortLouis est l’un des plus denses du pays. Le métro permet de désengorger significativement cette zone»(, a-t-il fait valoir.

Osman Mahomed a également reconnu l’existence persistante du problème de fraude et de non-paiement dans le métro, malgré les contrôles. Il a expliqué que le Metro Express fonctionne davantage comme un tramway ouvert que comme un métro fermé, rendant l’installation de barrières ou de tourniquets complexe, voire contreproductive aux heures de pointe.

«Installer des tourniquets, comme à Singapour, pourrait ralentir considérablement l’embarquement et perturber le service. Aujourd’hui, il s’agit aussi d’un changement de mentalité : comprendre que ce service moderne et confortable a un coût», a-t-il souligné. Le ministre affirme que le gouvernement explore toutes les pistes pour optimiser les performances du Metro Express, améliorer sa gestion financière et maximiser ses retombées positives pour la population.

«L’optimisation des services pourrait passer par une révision des tarifs, mais surtout par une meilleure compréhension de la valeur sociale, économique et environnementale du métro», a-t-il conclu, en confirmant que les conclusions de l’étude des experts britanniques sont attendues pour éclairer les prochaines décisions gouvernementales.

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