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Coût de la vie
Des élus donnent mais la confiance reste à gagner
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Coût de la vie
Des élus donnent mais la confiance reste à gagner
Une manifestation pacifique, mais chargée de colère s’est tenue hier matin devant le Parlement.
Une dizaine de personnes, pancartes en main, se sont rassemblées pour dénoncer la hausse du coût de la vie, devenue, selon eux, insoutenable pour une large frange de la population. Parmi les manifestants, les activistes Raouf Khodabaccus et Salim Muthy. Les slogans et prises de parole ont mis en lumière un malaise grandissant.
Raouf Khodabaccus n’a pas mâché ses mots, accusant les autorités d’avoir aggravé la situation économique. «Pa ti avoy zot pou fer sa me pou fer nou viv bien. Zot pa kapav asiz dan Parlman gagn bel lamone, zot dir nou ranpli lakes vid la», a-t-il lancé, dénonçant l’écart entre les promesses électorales et la réalité actuelle. Il a également pointé du doigt les hausses successives des prix du carburant, du gaz et de l’électricité, affirmant que «la population très en colère» refuse de continuer à supporter ces augmentations.
L’activiste a aussi critiqué les dépenses publiques – salaires des conseillers et du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Selon lui, les recettes générées par l’État – estimées entre Rs 600 millions et Rs 700 millions – devraient permettre d’amortir les hausses de prix. «Mo’nn vinn portvwa lepep parski mo pa per Navin Ramgoolam», a-t-il affirmé, évoquant les difficultés des commerçants et rappelant que sans le salaire minimum, «les gens auraient pu mourir de faim».
Les manifestants devant le Parlement, hier. Dev touché le cœur de plus d’un avec sa pancarte pour dénoncer le coût de la vie.
De son côté, Salim Muthy a dressé un tableau sombre de la situation politique. «Ena bokou ipokrit dan sa Parlman-la. Zot koz ant zot, lager ant zot ek pena stabilite politik dan sa Parlman-la.» Plus virulent encore, il a lancé un avertissement clair au gouvernement : «Zot bann manter ek inkapab. Zot fakilte mantal inn fini.» Il a surtout fixé un ultimatum. Si aucune amélioration n’est constatée d’ici décembre, il promet la désobéissance civile.
Khushal Lobine propose un fonds souverain de solidarité
Le député Khushal Lobine, leader des Nouveaux Démocrates, a pour sa part proposé la création d’un Sovereign Solidarity and Resilience (SSR) Fund : «Il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe permanente, mais d’un dispositif ciblé et temporaire pour faire face à une crise exceptionnelle». Présenté comme un mécanisme temporaire, ce fonds viserait à atténuer les effets de la hausse du coût de la vie, liée aux tensions géopolitiques internationales qui impactent les prix de l’énergie. Selon lui, les ménages, travailleurs indépendants et PME subissent de plein fouet une inflation que leurs revenus n’arrivent plus à compenser. Le SSR Fund s’inspirerait du fonds de solidarité mis en place durant la pandémie de Covid-19, adapté à la crise énergétique actuelle. Sa durée serait limitée au 31 décembre 2026, avec possibilité de prolongation après évaluation parlementaire.
Son financement reposerait sur un principe de solidarité progressive. Une contribution obligatoire de 15 % du salaire de base serait imposée aux élus, ministres et hauts fonctionnaires, tandis que les salariés gagnant au moins Rs 150 000 seraient invités à contribuer volontairement. Les grandes entreprises, réalisant plus de Rs 50 millions de profits, seraient également mises à contribution à hauteur de 1 %. Les fonds récoltés seraient destinés à soutenir les ménages vulnérables, aider les petites entreprises et financer des initiatives d’efficacité énergétique. La gestion serait assurée par le ministère des Finances, avec un contrôle du Directeur de l’audit et une supervision parlementaire, garantissant transparence et traçabilité.
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