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Éducation
Derrière les examens, la bataille invisible des enfants à besoins spécifiques
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Éducation
Derrière les examens, la bataille invisible des enfants à besoins spécifiques
■ Malgré son autisme, une collégienne poursuit son parcours scolaire avec courage, soutenue par une mère déterminée à faire reconnaître son droit à un accompagnement adapté.
C’est une bataille que plusieurs familles mènent au quotidien. Que l’inclusion ne soit pas le problème d’une poignée de personnes mais que cela concerne toute la société. L’éducation demeure une priorité pour laquelle les parents se battent sans relâche. Que l’on traite leurs enfants, porteurs d’un handicap, comme tout enfant de leur âge. Et c’est ce que fait Fatima (*) au quotidien pour sa fille.
Cette jeune fille est autiste et pourtant malgré son handicap elle s’adapte à sa vie de collégienne. L’année dernière, elle s’est assise avec ses amis sur les bancs de l’école pour prendre part aux examens du School Certificate (SC), et à l’annonce des résultats cette année, sa vie a été chamboulée. Sa mère raconte son histoire. Sa fille est une bonne élève. «Ces enseignants connaissent son handicap et ils sont nombreux à lui venir en aide.» Si, du côté du collège elle ne rencontre pas de souci, par contre, à l’approche des examens, cela a été une autre histoire.
Fatima raconte qu’elle s’est prise tôt pour trouver une solution pour aider son enfant. «J’ai écrit au ministère de l’Éducation pour expliquer la situation de ma fille. Même le collège a également envoyé un courriel pour demander si Cambridge a donné son feu vert pour aider mon enfant.» Ce qu’elle a demandé : une assistance pour qu’une personne puisse lire les questionnaires avec son enfant et des minutes supplémentaires pour chaque papier. «Comme je n’ai eu aucune réponse, j’ai eu à appeler directement le ministère. Avec un papier certifié d’un médecin, ma fille n’a obtenu que 25 % de temps supplémentaire. Et elle a eu une assistance pour les papiers d’examens à l’exception des langues comme le français et l’anglais.»
Face à ce problème, sa fille s’est sentie au plus mal. «Elle devrait être placée dans une salle où elle pouvait se concentrer sur les examens et non la placer dans la salle avec les autres élèves. Elle ne savait plus combien de temps lui a été attribué, elle a travaillé vite et elle s’est sentie abrutie lors de ces examens.» Selon Fatima, il fallait que le ministère explique plus en détails le cas de sa fille aux responsables de Cambridge. «Il y a eu un manquement.» Et ce n’est pas tout, elle reproche aussi au ministère de ne pas l’aider dans l’encadrement de sa fille en ce qui concerne la présence d’un «assistant teacher». «On nous fait tourner en rond. J’ai appelé le ministère et j’ai eu à parler de ce problème à trois personnes différentes, et ce n’est que maintenant que j’apprends que ma fille pourrait bénéficier d’une aide mais à la fin du premier semestre.»
En ce moment, sa fille réagit mal face à la situation. «Avant la tenue des examens, elle craque déjà. Il fallait que je sois à ses côtés pour la rassurer. Et c’est ce que j’ai fait l’année dernière. Elle a été bouleversée et était au plus mal en récupérant ses résultats. Elle n’a réussi qu’en Art.» Et pourtant soutient la mère, sa fille d’ordinairement fait de son mieux et réussit ses examens. «Est-ce que c’est le stress qui s’est emparé d’elle pendant la période d’examens ? Aujourd’hui, je fais mon possible pour qu’elle ne ressente pas de pression car elle ne pourra pas s’adapter à cela.» Fatima raconte que depuis six ans, elle fait constamment des démarches pour obtenir un «assistant teacher» pour aider sa fille en classe. «Nous avons eu un ‘carer’ mais cette personne n’est pas qualifiée pour ce type de travail, et elle n’est pas rémunérée pour cela.»
Elle pense que plusieurs autres parents traversent la même épreuve. «Je leur demande d’aller de l’avant et de faire entendre leur voix.» Elle ajoute qu’elle a mis une pause à son travail pour pouvoir s’occuper de sa fille. «Depuis deux ans, j’ai préféré mettre ma carrière d’artiste sur pause pour que je sois à ses côtés. Si je n’aimais pas mon enfant, je n’aurais pas arrêté de travailler.» Sollicité, le ministère de l’Éducation a fait comprendre que l’enfant aura les services d’un teacher assistant et ce dès ce lundi.
(*) prénom d’emprunt
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