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En concert à N’Joy
Davy Sicard : quand la musique transporte
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En concert à N’Joy
Davy Sicard : quand la musique transporte
À N’Joy, la soirée du vendredi 20 mars avait des allures de célébration culturelle intense, presque spirituelle. Une salle comble, un public suspendu dès les premières notes et une promesse : celle d’un voyage au cœur de l’âme réunionnaise portée par l’une de ses voix les plus habitées, Davy Sicard. Présent à Maurice dans le cadre du projet «Étoiles en herbe», initié par Deeran Moorghen, l’artiste réunionnais n’est pas sim- plement venu chanter. Il est venu transmettre.
Avant l’entrée du maître, la scène s’est ouverte à la jeune garde du projet Étoiles en herbe. Nathaniel Létandrie, Emmanuel Theo (Titey), Florineda Marcel, Stabelle Uppiah, Loic Morin, Catherine Perrine et Raïssa Anseline ont tour à tour enflammé la salle, accompagnés des musiciens Asheel Tymun et Lionnel Chelliah. Le moment fort de cette première partie a sans doute été l’interprétation collective de Donn mwa lame pous mo bato dan dilo, reprise en chœur par un public déjà conquis.
21 h 45 : entrée en scène d’un géant
Il est un peu avant 21 h 45 lorsque Davy Sicard fait son apparition, guitare à la main. Le silence se fait, presque religieux. L’artiste salue la salle avec gravité, comme pour mieux préparer le terrain d’une connexion sincère. Dès les premières notes du titre Un peu de moi, tiré de l’album Ker Maron, la voix chaude et puissante de Sicard enveloppe la salle. L’intensité est posée : intime, presque confessionnelle.
Avec Kafé Griyé, titre éponyme de son dernier album, l’atmosphère bascule. Les sonorités résonnent comme un appel aux racines. Le public suit, tape des mains, entre dans le rythme. Sur Mon Zanfan et Lor Mwin Noré, l’émotion prend le dessus. Sicard chante l’héritage, la transmission, les blessures et les fiertés. Dans la salle, certains ferment les yeux, d’autres chantent à pleins poumons. Le concert gagne en énergie avec Papillon et Li Té Ve War, où le groove maloya fusionne avec des sonorités modernes. L’artiste danse, entraîne, fédère. Puis vient Dann Péï Shagos, moment suspendu, presque engagé. Le silence respectueux du public souligne la portée du texte.


Avec Tsilaosana et Maloya Kabosé, la scène devient un véritable kabar. Les corps se lèvent, les mains battent, les voix s’élèvent. Sicard ne chante plus seul : il dirige une communion. La Kaz Jilo apporte une touche plus narrative, presque théâtrale, avant un rappel attendu avec Ker Maron, repris en chœur par une salle debout.
Quand le slam rencontre le maloya
Moment fort de la soirée : sur le titre Au nom de mes pères, Davy Sicard invite sur scène Le Penseur Ébène. Le slam en Kreol Morisien vient se poser sur la musique, créant un pont puissant entre les îles, entre les mots et les tambours.
Entre chaque morceau, Davy Sicard prend le temps de parler, de raconter, de partager son univers, et de présenter son album Kafé Griyé. Plus qu’un concert, c’est une immersion. À N’Joy, ce vendredi soir, le public n’a pas seulement assisté à une performance. Il a vécu une expérience. Transporté par la puissance vocale et la profondeur des textes de Davy Sicard, il a répondu présent, du début à la fin. Une soirée où Maurice et La Réunion n’ont fait qu’un. Une soirée où la musique a parlé plus fort que les mots.
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