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ONG Future Hope

Daniella Piegrièche : «Chaque enfant mérite le meilleur… j’en appelle aux sponsors»

18 novembre 2025, 17:00

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Daniella Piegrièche : «Chaque enfant mérite le meilleur… j’en appelle aux sponsors»

Directrice de l’École du Jour, Daniella Piegrièche est une ardente défenseure des droits de l’enfant. L’éducatrice confie ses combats quotidiens pour valoriser les jeunes et les encourager à devenir des citoyens responsables demain. Une mission soutenue par les donateurs à travers Small Step Matters.

?Grâce aux différents services de Future Hope, sur combien d’enfants avezvous un impact concret ?

Au total, 137 actuellement. La structure de l’École du Jour accueille 30 élèves du lundi au vendredi. Les programmes d’accompagnement scolaire rayonnent dans différentes régions: Petite-Rivière dans l’Ouest et au nord de Port Louis (Ste-Croix, Résidence La Cure et Roche Bois), au bénéfice de 107 enfants. Nous organisons d’autres activités comme les camps de vacances. Du 24 au 28 novembre, nous serons en camp résidentiel à Mont-Choisy. Quelque 62 enfants entre cinq et 18 ans bénéficieront de ce projet qu’ils attendent avec impatience !

?Autant d’activités dispersées nécessitent une grosse logistique ?

Oui, et notre principal souci, c’est que l’association ne possède pas de véhicule. D’où la campagne en cours sur la plateforme solidaire www.smallstepmatters.org pour lever des fonds auprès des citoyens et des entreprises (sous forme de contributions CSR). La logistique derrière les repas en période scolaire et pour le camp représente un challenge. Au moins une fois par mois, nous avons l’opportunité de participer à l’opération Caddys partagés dans les supermarchés. L’alimentaire collecté généreusement auprès des clients nous permet d’alimenter la cantine de l’École du Jour avec un petit-déjeuner et un repas pour tous. Les rations servent aussi pour notre service de secours d’urgence pour les familles.

?Comment se présente la rentrée 2026 pour l’École du Jour ?

Nous avons déjà rempli de nombreux dossiers d’inscription. Les familles du quartier nous connaissent et sont reconnaissantes de nos efforts pour remettre à niveau les jeunes en échec scolaire, et surtout préparer un plan d’avenir professionnel pour chacun. Malheureusement, nous devrons sans doute limiter les inscriptions une fois le quota atteint pour chaque classe. Par exemple, pour les élèves les plus autonomes, nous prenons un effectif maximum de dix enfants par éducatrice. Notre objectif : leur accorder le maximum d’attention. Notre équipe compte donc quatre employées et quatre volontaires. Si nous avions pu rémunérer certaines de nos volontaires à la hauteur de leurs heures de travail et de leur engagement, cela aurait été un plus. Cela nécessiterait davantage de fonds. Je lance donc un appel aux sponsors !

?Avez-vous déjà accueilli des enfants à besoins spéciaux ?

Oui, nous avons une classe de six élèves avec un ratio de trois enfants par éducatrice. La plupart n’ont pas encore eu la chance de bénéficier d’un diagnostic formel. Nous accueillons ainsi un enfant avec une présomption d’autisme. Nous allons travailler en réseau avec d’autres ONG pour mieux cerner leurs difficultés et ainsi pouvoir davantage les aider à progresser dans leurs apprentissages et leur autonomie. Nous connaissons chacun de nos élèves, leurs difficultés sur le plan individuel, familial, leurs rêves, leurs aspirations professionnelles… Nous mettrons donc tout en œuvre pour les soutenir, y compris jusqu’à leur entrée dans la vie active. Mais si cela ne se révélait pas atteignable pour certains, ce serait juste qu’ils aient accès à la pension sociale qu’ils méritent, considérant leur niveau de handicap.

Bitmap (6).jpg Pour faciliter la logistique, l’association recherche les fonds pour un véhicule sur smallstepmatters.

Nous accueillons aussi pour leur scolarité des enfants pris en charge en alternative care unit, donc hébergés dans un shelter. Nous sommes conscients que tout le travail que nous avons fait auprès de ces élèves pendant plusieurs années peut tomber à l’eau du jour au lendemain s’ils n’ont pas de solution d’accueil à leur majorité. Maurice manque de half-way homes pour ces jeunes et de familles d’accueil pour ces «grands enfants». Encore plus quand leur handicap et leur niveau de maturité le nécessitent, y compris à l’âge adulte.

?Pour les élèves sans difficulté cognitive, la remise à niveau académique et l’insertion sur le marché du travail sont des objectifs atteignables ?

Tout à fait. Rien que cette année, trois jeunes ont terminé leur scolarité à l’École du Jour avec un parcours en alternance. Ils sont en stage actuellement grâce à un partenariat avec le groupe Ninety-Six Hotel Collection. Notre jeune passionné de cuisine a rejoint le restaurant de Port Chambly. Une élève, le service housekeeping du Suffren, et une autre encore, le spa du Hennessy Park Hôtel. Ce sont nos étoiles brillantes de l’année ! Nous avons de très bons feedbacks des parents. Même la communication et le comportement de ces jeunes à la maison ont changé : leur tournure de phrases, la manière de prendre soin d’eux…

Et d’autres success stories se profilent pour 2026. Une jeune fille va débuter son cursus en esthétique et onglerie, grâce à une bourse d’études financée par la nouvelle fonctionnalité de dons Connect’ONG de la plateforme Small Step Matters ! Voir nos jeunes réaliser leurs rêves, c’est notre plus grande fierté ! Et une source de motivation renouvelée pour l’équipe ! Notre travail se poursuit aussi après les stages ou en parallèle. Par exemple, un jeune avait besoin de cours de soutien en anglais pour évoluer dans l’hôtellerie, nous avons été là pour lui. Si un ancien veut créer son business, nous l’accompagnerons dans ses démarches administratives, par exemple.

?L’échec en primaire est réversible ?

Oui. Tous les élèves de l’École du Jour ont connu l’échec au primaire ou au début du collège. Beaucoup de parents nous rencontrent avec cette expression dans la bouche, véhiculée à tort par les enseignants du système public, comme une étiquette dénigrante : «So latet pa bon.» Je n’y crois pas. Chaque jeune a son potentiel. Il faut prendre le temps de comprendre ce qui l’a mis en échec. Quand l’équipe se met à l’écoute des jeunes, beaucoup de cas de bullying du passé ressortent. Nous devons aussi accompagner les parents pour qu’ils changent de regard sur leur enfant, qu’ils se rapprochent de lui ou d’elle, qu’ils l’accompagnent dans sa vie personnelle et ses études.

Quand on creuse sur les facteurs derrière la reproduction sociale, on constate que les parents eux-mêmes ne se sont pas sentis valorisés durant leur enfance. Certains sont analphabètes, mais même l’illettrisme n’empêche pas un parent de suivre et d’encourager son enfant dans sa scolarité. Future Hope n’a pas assez de ressources humaines pour faire l’alphabétisation fonctionnelle aux adultes, mais nous les référons à d’autres ONG comme Caritas. L’essentiel, c’est d’instaurer un bon canal de communication et une confiance avec les adultes responsables de l’enfant. Objectif : les encourager à travailler avec nous pour planifier l’avenir le plus radieux possible pour le jeune, en fixant ensemble des objectifs atteignables. Chaque enfant mérite d’être soutenu pour atteindre la plus belle version de lui-même.

?Quelle est l’ambition de Future Hope en organisant la Journée des Droits de l’Enfant le 22 novembre à Centre Point Trianon ?

C’est primordial de mettre à l’honneur les enfants et de célébrer leurs droits dans la société mauricienne d’aujourd’hui. Notre vision, c’est d’amener le plus grand nombre de citoyens à connaître et respecter ces droits, afin que l’enfant puisse grandir dans un environnement sain et sécurisé. Tous les adultes devraient s’engager dans le même sens. Dans l’idéal, tous les parents devraient être en mesure de prendre leurs responsabilités à cœur pour que leur enfant devienne un citoyen épanoui et productif pour notre pays. C’est-à-dire un professionnel avec un vrai métier entre les mains. Pas une personne contrainte d’évoluer dans l’économie informelle, avec un petit boulot mal payé, non déclaré... Attention, je ne jette la pierre à personne.

Beaucoup de jeunes croisés sur le chemin n’ont jamais eu la chance d’être aimés par leur famille. Jamais ils n’ont eu l’opportunité d’être bien guidés durant leur enfance et leur adolescence. Ils vivent sans cesse attirés par les fléaux, notamment les addictions. Je ne juge personne, car avant de juger il faut s’intéresser à l’histoire derrière, comprendre le vécu de chaque personne… Une partie de notre jeunesse est en perdition, alors à Future Hope nous tentons de faire notre part pour les enfants de nos quartiers (Ste-Croix, Résidence La Cure, Roche-Bois, Bois-Marchand, Petite-Rivière…).

?Faire votre part comme dans la Fable du Colibri, mais pour quand même plus de 130 enfants par an…

Oui, chaque enfant compte à nos yeux, chaque pas de notre équipe a un impact concret. J’invite donc le grand public le samedi 22 novembre à Centre Point pour encourager le talent de nos jeunes et observer notre mission en action !


Avis aux familles

Ateliers et concerts gratuits

Pour mettre à l’honneur les talents des jeunes et leurs droits aux loisirs et à l’expression, l’association Future Hope organisera la Journée internationale des Droits de l’Enfant, à Centre Point à Trianon, samedi 22 novembre, avec le soutien de Small Step Matters. Au programme des ateliers divers : lecture offerte, atelier de musique interactif, «face painting», pâte à modeler, fabrication de bijoux et DIY, zumba, journal créatif… Trois concerts sont prévus à 11 h 30, 14 heures et 16 heures. La dernière prestation musicale clôturera cette journée festive ouverte gratuitement aux familles et aux enfants des associations, encadrés par leurs éducateurs.

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