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Transversale

Coupe d’Afrique dans karo canne !

19 mars 2026, 08:00

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Coupe d’Afrique dans karo canne !

[Photo d'illustration] Source : Internet.

Jalousée pour ses talents, rabaissée par les commentaires sectaires d’experts du foot, critiquée pour son déroulement en plein milieu de la saison, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) doit jouer des coudes à chaque édition pour exister. Cette compétition dérange surtout les grands clubs européens directement impactés, mais elle vient de prendre un sacré coup de bambous derrière la tête dans le sillage de l’édition marocaine 2026, qui s’offre un terrible «bad buzz»… Encore plus «hot» que la bataille des serviettes piquées par les ramasseurs de balle des Lions de l’Atlas !

Voilà que le Maroc, finaliste battu, vient d’être proclamé champion d’Afrique, et que le vainqueur sur le terrain, le Sénégal, se voit dépossédé de son titre, selon une décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui est tombée lundi soir comme un couperet qui nous laisse tous sans voix. Le tout deux mois après la finale en question.

C’est encore un coup de l’IA c’est ça ?

Et non, cette fois pas de mise en scène grotesque d’une intelligence artificielle autour d’un café pour se moquer de la planète, il s’agit de l’honneur et la réputation du football africain qui vient de perdre toute sa crédibilité. Dans un déluge de moqueries et de postes sarcastiques sur les réseaux sociaux, CAN ine tomb dans karo canne.

La décision d’annuler le verdict de la finale de la dernière CAN empêche de pouvoir savourer une belle victoire. Comme la VAR, qui gâche le plaisir des spectateurs et téléspectateurs à grands coups de ralentis (qui parfois n’apportent rien de plus que l’action réelle) à chaque but refusé. Comme le football aseptisé avec des coups de pieds arrêtés et des bousculades dans la surface qui tuent le beau jeu, comme l’a dit récemment Ruud Gullit.

Alors quoi, on efface de notre mémoire nos souvenirs de cette finale Maroc - Sénégal 2026 comme si elle n’avait jamais existé ? On fait comme si Brahim Diaz n’avait pas manqué sa panenka ? Comme si les Lions de la Teranga n’avaient pas mieux joué avec un super but en prolongations ? Comme s’ils n’avaient pas soulevé la coupe et défilé devant tout le peuple à Dakar ? Doivent-ils rendre la coupe ? Enlever leur 2e étoile de champion d’Afrique cousue sur leur maillot ? Le président Motsepe se rend-il compte dans quelle galère il met les pieds ? La loi est la loi et la CAF peut arguer qu’elle ne fait qu’appliquer des points de règlement, mais le «timing» est quand même très mal choisi. Posons-nous les bonnes questions…

A-t-on déjà vu un champion proclamé par e–mail et non sur le terrain ? Quelle est la responsabilité de l’arbitre dans tout ça ? Pour sa défense, le Sénégal peut avancer qu’il n’a pas abandonné la rencontre. Que le match est allé à son terme jusqu’au coup de sifflet de l’homme en noir.

Si l’article invoqué a été mal appliqué, la rencontre s’est poursuivie dans les mêmes circonstances et a atteint son terme naturel. L’arbitre a autorisé le Sénégal à reprendre le jeu et le Maroc a continué sans problème, ce qui valide ainsi la rencontre et le résultat. Le match est allé jusqu’à son terme, ce qui préserve son intégrité. Alors que modifier le vainqueur d’une finale terminée constitue un abus de pouvoir flagrant de la Commission d’appel. Enfin, les coéquipiers de Sadio Mané peuvent avancer que la sanction pour un retard – et non pas un refus de jouer une rencontre qu’ils ont terminée – est excessive.

Chacun sait qu’il y a la loi et l’esprit de la loi. La vérité du terrain vaut-elle moins que celle décidée entre quatre murs ? La CAF y a-t-elle pensé ou a-t-elle cédé à des pressions comme celle du président de la FIFA, Gianni Infantino, comme le suggèrent de nombreuses voix. La sommité du continent, Claude Leroy, interrogé par nos confrères de L’Equipe, souligne d’ailleurs la faiblesse du président Motsepe et compare Infantino au Donald Trump du football ! La loi a toujours un champ d’application et ne peut s’appliquer à tort et à travers. Tant que le match a repris, on ne peut pas parler d’abandon et dans ce cas les articles 82 et 83 ne peuvent pas s’appliquer… On n’a certainement pas fini de refaire cette finale !

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