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191ᵉ anniversaire de l’abolition de l’esclavage

Constance Couronne, des chaînes brisées à la mémoire vivante

6 février 2026, 14:40

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Constance Couronne, des chaînes brisées à la mémoire vivante

■ Gabriella Batour, Mahen Gondeea, Nicolas Couronne, Dharam Gokhool, Kate Chamley et Stefan Gua (de g. à dr).

Pour marquer le 191ᵉ anniversaire de l’abolition de l’esclavage, l’Intercontinental Slavery Museum (ISM), en collaboration avec le Haut Commissariat d’Australie, a lancé un livre et une exposition consacrés à Constance Couronne. Enfant mauricienne réduite en esclavage, elle a été, au XIXᵉ siècle, l’une des plus jeunes femmes condamnées et déportées enAustralie.

Intitulé Le Regard de l’ancêtre esclave, l’ouvrage est signé par l’auteur mauricien Nicolas Couronne. Il retrace le parcours de Constance, de son enfance en esclavage à sa déportation en Australie, où elle enfantera onze enfants, et deviendra une sagefemme respectée et une figure pionnière de la communauté à Euchareena, en Nouvelle-Galles du Sud.

Le vernissage s’est déroulé en présence du président de la République, Dharam Gokhool, du ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gondeea, de la maire de Beau-Bassin/RoseHill, Gabriella Batour, du président de l’ISM, Stefan Gua, ainsi que d’autres dignitaires, historiens, chercheurs et membres du corps diplomatique. L’histoire de Constance Couronne met en lumière des liens historiques et des relations humaines de longue date entre l’Australie et Maurice. Prenant la parole lors de l’événement, la Haute-commissaire Kate Chamley, a déclaré : «L’histoire de Constance est faite d’une dureté inimaginable, mais aussi d’une résilience remarquable. Son parcours nous rappelle que les histoires de Maurice et de l’Australie se croisent de manière profondément humaine – à travers la vie de femmes, de familles et de communautés qui ont traversé l’océan Indien dans des circonstances qu’aucun de nous ne choisirait, mais qui ont pourtant façonné les sociétés dont elles ont fait partie.» Dans l’assistance, Gloria Provest, Australienne des Premières Nations et descendante directe de Constance, était venue apporter un lien vivant à cet évènement.

En marge de l’exposition sur Constance Couronne, l’ISM en a aussi lancé une consacrée à Furcy Madeleine, autre figure majeure de l’esclavagisme, né àl’île Bourbon (LaRéunion) puis amené à l’Isle de France. Furcy Madeleine avait affirmé son droit à la liberté, entamant une bataille judiciaire de 27ans qui s’est achevée en 1843 par une victoire devant la Cour royale de Paris, laquelle a reconnu qu’il «était né libre».

L’histoire de Furcy, comme celle de Constance, met en avant des actes de courage individuels qui éclairent l’histoire plus large de l’esclavage dans l’océan Indien. La collaboration de l’Australie avec l’ISM s’inscrit donc dans le renforcement des liens bilatéraux, fondés sur un héritage partagé, la recherche, la coopération culturelle et l’engagement communautaire. Les deux expositions sont actuellement visibles à l’ISM et feront le tour de l’île dans les prochaines semaines. Les organisations intéressées à accueillir ces expositions mobiles sont invitées à contacter le musée.

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