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Conflit au Moyen-Orient

Consommation : L’impact des bombes est déjà dans nos assiettes

11 avril 2026, 07:00

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Consommation : L’impact des bombes est déjà dans nos assiettes

■ Selon les données de Statistics Mauritius, l’indice des prix à la consommation (CPI) n’a progressé que de 0,1 % entre février et mars.

Près de six semaines après le début du conflit au Moyen-Orient, les premiers effets commencent à se faire sentir sur le coût de la vie, dans un pays fortement dépendant des importations. Selon Statistics Mauritius, le CPI n’a augmenté que de 0,1 % entre février (109,5) et mars (109,6), signe que l’inflation mensuelle reste stable. Mais les répercussions immédiates du conflit ne se sont pas encore pleinement matérialisées, alors que les tensions sur les marchés internationaux laissent présager une hausse prochaine.

Plusieurs facteurs expliquent les hausses observées ou anticipées. En raison des risques géopolitiques, le fret maritime a grimpé de 1 200 USD à plus de 2 000 USD, entraînant une augmentation des primes d’assurance pour les navires, des surcoûts qui se répercutent sur les prix des produits importés. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, alimentent également la volatilité des marchés pétroliers, malgré un cessez-le-feu en discussion.

Les prix à la source augmentent progressivement «mais les conséquences se ressentiront davantage sur les prochaines cargaisons», indique un opérateur commercial. Les exportateurs ajustent leurs tarifs sur leurs coûts de production, notamment l’énergie. Au niveau local, le carburant joue un rôle central. Le diesel a augmenté d’environ 10 % le 24 mars, passant de Rs 58,95 à Rs 64,80 le litre, provoquant un effet domino sur les coûts de transport, logistique et distribution. La bonbonne de gaz de 12 kg est passée de Rs 190 à Rs 250. Des hausses qui touchent finalement l’ensemble de la consommation des ménages.

L’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) note des hausses de plusieurs produits de base entre février et mars, sauf ceux contrôlés comme le lait. Le portefeuille des ménages s’alourdit constamment depuis le début de l’année. Jayen Chellum, secrétaire général de l’ACIM, observe «des hausses enregistrées sur certaines marques d’un type de produit depuis le conflit au Moyen-Orient. Ce n’est pas généralisé encore, mais nous sommes en transition des augmentations des prix».

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Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs, partage cette analyse : «Les hausses que nous constatons sur certains produits ne sont qu’un début.» Les associations craignent la hausse d’autres prix prochainement et appellent à des mesures ciblées. «Pour aider la population, surtout ceux au bas de l’échelle, il faut des subsides ciblés», insiste-t-il.

Par ailleurs, la hausse des prix touche les produits locaux. «La hausse du prix du diesel a eu un impact sur les produits locaux», explique Suttyhudeo Tengur. Les coûts de transport et des intrants agricoles, souvent importés, augmentent. Les volumes de production insuffisants rendent parfois les produits locaux plus chers que ceux importés. «Pour rendre les produits locaux compétitifs, il faut produire en plus grande quantité», souligne-t-il. Selon Jayen Chellum, les consommateurs, surtout les ménages modestes, privilégient le prix avant la qualité. «Entre la pomme d’amour en boîte et la pomme d’amour fraîche, ceux qui ont moins de moyens vont privilégier le moins cher.»

Le ministère du Commerce et de la protection des consommateurs affirme suivre la situation de près avec une trentaine de fonctionnaires déployés sur le terrain. Par ailleurs, 25 000 produits sont soumis à un maximum markup.

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