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Prime Minister’s Office et ministère des finances

Conseillers : des salaires élevés malgré des qualifications parfois limitées

4 avril 2026, 08:00

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Conseillers : des salaires élevés malgré des qualifications parfois limitées

■ Nandini Bhautoo, Gilbert Gnany, Rakesh Bhuckory, Eric Ng Ping Cheun et Sam Lauthan sont quelques-uns des conseillers de Navin Ramgoolam.

Le mardi 31 mars, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Navin Ramgoolam a levé le voile sur la liste complète des conseillers affectés au Prime Minister’s Office (PMO) ainsi qu’au ministère des Finances. Cette divulgation, faite en réponse à la Private Notice Question du leader de l’opposition Joe Lesjongard, portait notamment sur les noms, fonctions, qualifications académiques et salaires des conseillers recrutés depuis décembre 2024.

Au total, 18 conseillers sont actuellement en poste au PMO, contre trois au ministère des Finances. La publication de cette liste a suscité de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Les critiques portent principalement sur les écarts entre qualifications académiques et niveaux de rémunération. Alors que certains conseillers disposent de doctorats ou de parcours académiques internationaux prestigieux, d’autres, avec des qualifications limitées au niveau secondaire, perçoivent des salaires dépassant Rs 50 000 mensuellement.

Cette situation alimente un débat sur la cohérence entre compétences, responsabilités et rémunération. Elle relance également la question plus large de la valorisation des diplômés et des lauréats, souvent encouragés à revenir travailler à Maurice, mais confrontés à des grilles salariales qui ne reflètent pas toujours leur niveau de qualification.

En tête de liste, figure Gilbert Gnany, Chief Economic Adviser. Titulaire d’une licence en sciences économiques avec spécialisation en économie mathématique obtenue à Toulouse (France), il détient également une maîtrise en économétrie ainsi qu’un DESS en méthodes scientifiques de gestion et calcul économique approfondi de l’Université Paris X. Ce profil d’expert économique est rémunéré à hauteur de Rs 300000 par mois, avec une allocation additionnelle de Rs 50000.

Dans la même veine, Keerteecoomar Ruhee, Special Adviser, affiche un parcours académique orienté vers l’agriculture et les statistiques. Ancien lauréat du College of Agriculture, il est titulaire d’un MSc Agriculture with Statistics. Il perçoit un salaire mensuel de Rs 200000 assorti d’une allocation de Rs 30000.

Rakesh Bhuckory, Senior Adviser et Chief of Staff, présente également un profil académique multidisciplinaire. Il détient un Sloan Masters in Leadership and Strategy, un MSc en management, organisation et gouvernance, ainsi que deux maîtrises, l’une en études diplomatiques et l’autre en relations internationales. À cela s’ajoute une licence en sciences de la vie. Sa rémunération mensuelle s’élève à Rs 163250 avec une allocation deRs 30000.

? Des experts juridiques et en sciences sociales

Certains conseillers se distinguent par des parcours académiques approfondis dans les domaines du droit et des sciences sociales. C’est notamment le cas de Kris Valaydon, Senior Adviser, titulaire d’un doctorat en démographie portant sur la population, le développement et l’aide internationale. Son cursus comprend également un DEA en sciences politiques, une maîtrise et une licence en droit, ainsi qu’un diplôme universitaire général et la réussite au Bar Examination du Council of Legal Education. Il perçoit Rs 163250 mensuellement, avec une allocation de Rs 25000.

Alain Alexandre Laridon, également Senior Adviser, détient un Bachelor en marketing de la London South Bank University, un LLM en droit international des affaires de l’Université de Central Lancashire et poursuit un doctorat en droit public à Paris-Nanterre. Son salaire est fixé à Rs 122000 avec Rs 20000 d’allocation.

Georgia Ricco-Philidor, Senior Adviser, est titulaire d’un LLM avec spécialisation en droit du commerce international, tandis que Roseline KNell possède un MBA de l’European School Paris. Ces profils illustrent la présence de compétences en gestion et en commerce international au sein du PMO.

? Communication, linguistique et événements

Dans le domaine de la communication et des relations publiques, Nandini Bhautoo se distingue par un parcours académique étoffé. Elle détient un BA en anglais du King’s College London, un PGCE, un MA en linguistique de l’Université de Reading et un doctorat en anglais de l’Université de Sussex. Elle perçoit Rs 122000 mensuellement, avec une allocation de Rs 20000.

Zahirah Bibi Radha, Senior Adviser en communication, dispose pour sa part d’un certificat en journalisme délivré par l’Alliance Française de Maurice. Bettina Cadinouche, Senior Adviser en gestion d’événements, est titulaire d’un DEUG de droit.

? Qualifications plus modestes

Un élément notable du document réside dans la présence de plusieurs conseillers dont les qualifications académiques sont limitées au niveau secon­ daire. Samioullah Lauthan, Senior Adviser chargé du suivi et de la coordination des politiques en matière de drogue, dispose d’une éducation secondaire au Trinity College.

Mahendranath Dawoodharry et Ramduth Bhoojedhun, tous deux Advisers, ne détiennent qu’un School Certificate. Ils perçoivent Rs 60000 mensuellement.

Radha Kumar Cahoolessur aussi connu comme François (voir plus loin), Adviser sur les événements et fonctions sociales, possède un Cambridge O-Level et touche Rs 70000 avec une allocation de Rs 15000. Parashram Joganah, Adviser en audiovisuel, détient un School Certificate, un GCE ainsi qu’un diplôme en photographie, pour un salaire de Rs 35000 et une allocation de Rs 10000.

Amla Devi Sewsurn, Adviser en services d’information, possède un School Certificate, un Higher School Certificate et un Teacher’s Diploma, avec un salaire mensuel de Rs 66200.

Un cas particulier est celui de Jean Karl Elysee, Senior Adviser, dont aucune qualification n’a été mentionnée dans le document soumis au Parlement.

Le document fait également état d’un conseiller opérant à titre bénévole. Maurice Lam Pak Ng, Adviser in policy planning, ne perçoit aucun salaire. Il est titulaire d’un MBA de l’Université de Columbia à New York.

? Les conseillers au ministère des Finances

Du côté du ministère des Finances, les trois conseillers affichent des profils résolument orientés vers l’économie. Streevarsen Pillay Narrainen, Senior Adviser, détient un BA (Hons) en économie, une maîtrise en économie ainsi qu’un doctorat dans ce domaine. Il perçoit Rs 230000 mensuellement avec une allocation de Rs 50000.

Eric Ng Ping Cheun, également Senior Adviser, possède un postgraduate degree en économie institutionnelle, un Master en business economics ainsi qu’un MBA avec spécialisation en finance. Sa rémunération est identique à celle de son collègue. Takesh Luckho, Adviser, détient un MPhil/PhD en économie, un MSc en économie appliquée ainsi qu’un BSc (Hons) en économie. Il est rémunéré à hauteur de Rs 132000 mensuellement.

? Participation limitée aux conseils d’administration

Le Premier ministre a également précisé que seuls deux conseillers siègent actuellement au sein de conseils d’administration. Rakesh Bhuckory est membre du conseil de l’Economic Development Board, avec un board fee mensuel de Rs 40 000 depuis mars 2025. De son côté, Takesh Luckho préside la State Trading Corporation et perçoit une allocation mensuelle de Rs 44 250. Navin Ramgoolam a insisté sur le fait que des instructions strictes ont été données afin de limiter la présence des conseillers aux boards, sauf cas exceptionnels.

? Comparaison avec l’ancien régime

Le chef du gouvernement a dressé un parallèle avec la situation sous l’ancien gouvernement. Il a évoqué ce qu’il qualifie d’abus systémique, affirmant que plusieurs conseillers étaient simultanément membres de multiples conseils d’administration, percevant ainsi des revenus bien supérieurs à leur salaire de base.

Entre 2015 et novembre 2024, 31conseillers étaient rattachés au PMO et 14au ministère des Finances. Selon lui, ces nominations étaient souvent accompagnées de placements sur divers boards et comités, permettant à certains de percevoir jusqu’à Rs 15 millions sur plusieurs années. Au total, ces conseillers auraient touché environ Rs 167 millions.

Parmi les exemples cités figurent Prakash Maunthrooa, dont les revenus ont atteint Rs 23,1 millions, Kreedeeo Beekharry avec Rs 23,6 millions ou encore Nayen Koomar Ballah avec environ Rs 11 millions. D’autres, comme Sarah Rawat Currimjee et Ken Arian, ont également été mentionnés pour leurs revenus élevés issus de multiples nominations.

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«François» : Un collaborateur au cœur des tensions au PMO

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Le nom de Radha Kumar Cahoolessur, plus connu sous le surnom de «François», s’est retrouvé au centre de l’attention après les révélations de Navin Ramgoolam à l’Assemblée nationale. Le chef du gouvernement a reconnu avoir, à un moment donné, demandé à ce conseiller de quitter le Prime Minister’s Office (PMO), évoquant des «difficultés». Présent aux côtés de Navin Ramgoolam depuis plusieurs années, François est décrit comme un homme de confiance, polyvalent, souvent perçu comme un assistant omniprésent lors des déplacements officiels. Régulièrement aperçu lors de fonctions publiques, il a même parfois été confondu avec un garde du corps. Cependant, le Premier ministre a admis que des tensions sont apparues, notamment en raison d’interventions jugées inappropriées. Malgré une première décision de l’écarter, il a finalement accepté de le réintégrer sous la pression de certains membres du parti, qui lui ont demandé de faire preuve de clémence. Cette réintégration, dans une autre fonction, n’a toutefois pas permis d’apaiser la situation. Navin Ramgoolam a indiqué que François continuait à «s’ingérer dans certaines choses», ce qui l’a conduit à lui demander une nouvelle fois de partir. Le collaborateur avait déjà fait parler de lui le 10 mars dernier, lors d’un incident impliquant Paul Bérenger, largement relayé sur les réseaux sociaux. Des allégations de corruption ont également été évoquées, mais le Premier ministre a évoqué un «malentendu», tout en confirmant qu’une enquête policière est en cours.

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