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Casinos de Maurice
Climat délétère : des employés dénoncent pressions et ingérences
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Casinos de Maurice
Climat délétère : des employés dénoncent pressions et ingérences
Des employés des Casinos de Maurice dénoncent un climat de travail tendu, marqué par des pressions internes et des soupçons d’ingérence politique.
Plusieurs employés des Casinos de Maurice tirent la sonnette d’alarme face à un climat de travail qu’ils jugent insoutenable. En cause : le comportement d’un membre de l’administration, accusé par certains de semer la peur et de créer des tensions au sein des équipes.
Selon Marie (*), employée expérimentée comptant plus de 30 ans de service dans le secteur des casinos, la situation s’est progressivement détériorée. «Tout aurait pu bien se passer, mais cette personne agit comme si elle était proche du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Elle se permet alors d’exercer une influence considérable sur le fonctionnement interne», affirme-t-elle. D’après plusieurs témoignages recueillis, ce responsable ferait remonter certaines situations à la State Investment Corporation, qui exercerait ensuite des pressions sur les chefs de départements. «Dès que quelque chose ne lui convient pas, tout le monde est sous tension. Le travail devient un véritable calvaire», ajoute Marie.
Les employés évoquent également des décisions jugées arbitraires, notamment des transferts d’agents de sécurité, qui seraient intervenus dans un contexte de changement politique. Certains affirment que ce responsable aurait déjà revendiqué des liens avec d’anciens membres du gouvernement, dont l’ex-ministre des Finances, Renganaden Padayachy, renforçant ainsi une perception d’influence politique persistante.
Revendications en suspens
«La personne affirme à qui veut l’entendre qu’elle reçoit régulièrement le Premier ministre à dîner et qu’elle peut agir sans contrainte», confie Marie. Ces déclarations, qu’il n’a pas été possible de vérifier de manière indépendante, contribueraient à instaurer un climat de crainte parmi les employés, certains cadres préférant se rapprocher de cette figure jugée influente. Dans ce contexte, plusieurs travailleurs disent redouter des représailles. «Si cette personne ne vous apprécie pas, vous risquez d’être transféré ou de vous retrouver en difficulté avec la direction», soutient une source interne.
Les travailleurs dénoncent également une politisation croissante des postes. «On a le sentiment que certaines nominations ne reposent pas sur des critères professionnels», affirme-t-elle, s’interrogeant sur les priorités financières de l’établissement.
Au-delà de ces tensions, les employés pointent également du doigt des problèmes concrets non résolus. Parmi eux : le retard dans la distribution des uniformes ou encore le non-paiement de certains bonus de présence depuis plus de deux ans. «Ces questions restent sans réponse, ce qui accentue le malaise», déplore Marie.
Une inquiétude partagée par le syndicat
Ces préoccupations trouvent un écho du côté syndical. Le président de la Casino Employees Union, Jayen Moorghen, a récemment évoqué une «perception d’ingérence politique» lors d’une intervention sur la plateforme Liberation Moris. Il a notamment dénoncé la création de postes jugés non productifs et le sentiment d’injustice parmi les travailleurs. «Lorsque les investissements dans les machines ou les infrastructures tardent, les employés s’interrogent sur l’allocation des ressources», a-t-il déclaré, tout en rappelant que les enjeux majeurs restent la pérennité des casinos, entre craintes de privatisation et fermeture potentielle.
Face à cette situation, les employés espèrent une prise de position claire des autorités afin de rétablir un climat de travail serein et de répondre aux revendications en suspens.
(*) prénom d’emprunt.
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