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Médecin privé au bloc opératoire de l’hôpital Jeetoo
Chetan Baboolall réclame la démission d’Anil Bachoo
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Médecin privé au bloc opératoire de l’hôpital Jeetoo
Chetan Baboolall réclame la démission d’Anil Bachoo
■ Le leader de l’opposition conteste la présence du médecin privé du ministre de la Santé au bloc opératoire. Anil Bachoo affirme, lui, que son médecin était présent à titre «d’observateur».
Le nouveau leader de l’opposition, Chetan Baboolall, a réclamé hier la démission du ministre de la Santé, Anil Bachoo, après les révélations sur l’intervention chirurgicale subie par ce dernier à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, en présence de son médecin privé. Dans une déclaration à l’express, Chetan Baboolall a dénoncé une situation qu’il juge incompatible avec les exigences d’égalité de traitement dans le système hospitalier public. Il s’est notamment demandé si un «Mauricien lambda» aurait bénéficié des mêmes conditions et a mis en cause l’usage que le ministre aurait fait de sa position.
«Combien d’observateurs privés ont cet accès privilégié aux salles d’opération des hôpitaux publics ?» s’interroge-t-il, réclamant des explications sur les conditions dans lesquelles le médecin privé du ministre a pu assister à l’intervention. Le leader de l’opposition estime que le ministre, en tant que responsable du secteur public de la santé, doit être exemplaire dans son rapport aux institutions dont il a la charge. Il considère que les circonstances de cette intervention justifient, à tout le moins, une enquête indépendante permettant d’établir les règles appliquées et les autorisations accordées.
«Est-ce qu’il existe un protocole établi par le Medical Council dans ce genre de circonstances ?» demande également Chetan Baboolall, estimant qu’il est nécessaire de savoir quelles sont les règles applicables lorsqu’un médecin privé est autorisé à assister à une intervention dans un hôpital public. La polémique a éclaté après un article publié dimanche par Week-End, faisant état de l’hospitalisation d’un ministre dans un établissement public et de la présence, au bloc opératoire, de son médecin du secteur privé.
Anil Bachoo, qui n’était pas nommé dans l’article initial, a ensuite confirmé qu’il était bien le ministre concerné. Dans une mise au point publiée sur sa page Facebook, il a affirmé avoir été opéré «il y a quelques semaines» à l’hôpital Jeetoo. Le ministre conteste toutefois l’affirmation selon laquelle son médecin privé aurait réalisé l’intervention. Selon sa version, l’opération a été effectuée par un chirurgien de l’hôpital public, tandis que son médecin traitant était présent «uniquement à titre d’observateur».
Le ministre Bachoo explique que ce praticien le suit depuis une dizaine d’années et qu’il connaissait ses antécédents médicaux, l’ayant notamment déjà opéré par le passé. Il affirme que sa présence avait été sollicitée par le chirurgien de l’hôpital afin d’assurer la continuité de son suivi médical. Il assure par ailleurs que les dispositions nécessaires avaient été prises auprès du ministère de la Santé et que celles-ci avaient été «scrupuleusement respectées». Il présente en outre la présence d’un médecin privé comme observateur auprès de son patient comme une «pratique courante».
«C’est précisément cette confiance qui m’a conduit à choisir de me faire soigner et opérer dans un établissement hospitalier public», affirme encore Anil Bachoo. Cette version est cependant contestée par des membres du personnel de l’hôpital Jeetoo cités par Le Mauricien. Ceuxci soutiennent que le médecin privé n’aurait pas été un simple observateur et aurait participé directement à l’intervention. Ils estiment que le registre du bloc opératoire et les témoignages des personnes présentes pourraient permettre d’établir précisément les responsabilités de chacun.
À ce stade, ces allégations n’ont pas été établies de manière indépendante. Elles soulèvent néanmoins des questions sur les conditions d’accès d’un médecin du secteur privé à un bloc opératoire d’un hôpital public et sur l’existence éventuelle de règles spécifiques permettant une telle présence. Pour Chetan Baboolall, l’enjeu dépasse donc le seul cas personnel du ministre. Il touche au principe d’égalité d’accès aux soins publics et à la confiance des patients dans les institutions de santé.
La polémique porte désormais sur une question centrale : les mêmes facilités et les mêmes autorisations auraientelles été accordées à un patient sans fonction ministérielle ? Pour le leader de l’opposition, c’est à cette question que le gouvernement doit répondre clairement.
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Les questions en suspens
Selon des sources au ministère de la Santé, plusieurs points restent à clarifier concernant la présence du médecin privé du ministre Anil Bachoo lors de l’intervention chirurgicale pratiquée à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo. Le ministre affirme que son médecin traitant, le Dr Sookha, était présent uniquement comme «observateur» et que l’intervention a été réalisée par un chirurgien du secteur public. Cette version, rapportée dans les suites de l’article publié durant le week-end, ne met toutefois pas fin aux interrogations sur les conditions précises de cette présence au bloc opératoire.
Parmi les questions soulevées figurent notamment :
• Le Dr Sookha est-il officiellement enregistré comme ayant été présent lors de l’intervention, à la fois dans les notes chirurgicales et dans le registre du bloc opératoire ? Ces documents permettent-ils de préciser son statut et son rôle exacts ?
• Que se passe-t-il lorsqu’un médecin privé présent comme observateur est en désaccord avec une procédure ou une technique utilisée par le chirurgien public ? Disposet-il d’un quelconque pouvoir d’intervention ou doit-il rester strictement observateur ?
• En cas de complication pendant l’intervention, le médecin privé continue-t-il à observer ou peut-il intervenir ? Si une intervention lui est permise dans de telles circonstances, dans quel cadre et sous quelle autorité ?
• Existe-t-il des cas où des chirurgiens du secteur public opèrent en utilisant le nom ou la responsabilité d’un chirurgien privé ? Les sources du ministère sont invitées à préciser les règles applicables en la matière.
• Le ministre a-t-il été transporté en ambulance vers l’hôpital puis reconduit à son domicile après son intervention ? Si tel est le cas, quel service d’ambulance a-t-il été utilisé et dans quelles conditions ?
Une autre question porte plus largement sur la pratique dans les établissements publics : combien de fois, au cours de cette année et de l’année dernière, un chirurgien du secteur privé a-t-il été autorisé à être présent dans une salle d’opération d’un hôpital public pour accompagner un chirurgien du secteur public ? Les sources du ministère sont invitées à fournir, si elles existent, les données permettant de mesurer l’ampleur de cette pratique.
Ces interrogations interviennent alors que le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, réclame des explications et la démission du ministre, estimant qu’il faut notamment déterminer si un patient ordinaire aurait bénéficié des mêmes facilités.
Dans sa mise au point, Anil Bachoo affirme pour sa part que son médecin privé était présent uniquement à titre d’observateur, en raison notamment de sa connaissance de ses antécédents médicaux.
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