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Médecin privé au bloc opératoire de l’hôpital Jeetoo

Ce privilège est-il pour tous ?

25 août 2026, 13:39

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Ce privilège est-il pour tous ?

La présence d’un médecin du privé auprès d’un patient pris en charge dans un hôpital public soulève des interrogations sur les règles encadrant la collaboration entre les deux secteurs. Pour le Dr Meetheelesh Abeeluck, président de la Government Medical and Dental Officers Association, cette situation mérite des explications. «Ce n’est pas une pratique normale car, si cela s’applique pour une personne, ça doit s’appliquer pour tout le monde. Même au niveau éthique, cela n’est pas correct.»

Il prend l’exemple d’un patient suivi conjointement par des médecins du public et du privé. «Si je travaille dans le public et vous dans le privé et que nous traitons le même patient, la communication se fait entre nous à travers un mémo. C’est une communication de collègue à collègue», explique-t-il.

Le Dr Abeeluck s’interroge également sur l’équité d’un tel dispositif. «Est-ce que c’est normal qu’un médecin fasse l’opération dans l’hôpital public et qu’un autre fasse le suivi dans le privé ? Estce que tous les patients auront le même bénéfice ?»

Il dit aussi ne pas avoir reçu de document officiel détaillant les procédures suivies ni précisant qui a autorisé l’intervention d’un médecin privé au sein de l’établissement public. «Je souhaite comprendre car je me retrouve avec les questions des autres patients. Ces derniers veulent savoir s’ils peuvent eux aussi avoir ce genre de privilège.»

Une lecture différente est toutefois avancée par le Dr Harish Reesaul, Acting Director of Health Services. Selon lui, cette collaboration relève d’une pratique normale et courante. Il cite notamment le cas d’une patiente suivie dans le privé pour une grossesse, mais susceptible d’accoucher dans le public. «Si la patiente va à l’hôpital public et demande que son médecin traitant privé assiste à l’accouchement, c’est le médecin traitant dans le public qui a le mot final. Il a le droit d’accepter ou de refuser. Il peut aussi demander la validation du ministère de la Santé.»

Le Dr Reesaul affirme que le ministère encourage la collaboration entre les secteurs public et privé. Interrogé sur la possibilité pour un médecin de refuser une telle demande lorsqu’elle concerne un ministre, qui plus est le ministre de la Santé lui-même, il tranche : «Le médecin avait le droit de refuser, même si c’était un ministre.»

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