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Éducation: la réforme en action
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Éducation: la réforme en action
Demain, c’est la rentrée scolaire 2020 pour l’éducation primaire et secondaire. Cette nouvelle année académique s’annonce tout aussi importante que les précédentes. L’an 2000, qui nous semblait tout proche à un moment, ne l’est plus, alors que l’an 2030 n’est plus aussi éloigné qu’on le croyait. L’éducation primaire et secondaire, telle que les parents des enfants scolarisés actuellement l’ont connu pendant les deux dernières décennies du 20e siècle, n’a presque plus rien à voir avec la situation présente. Bien sûr, les fondamentaux sont restés plus ou moins les mêmes, mais les méthodologies, les cursus, les matières enseignées, la pédagogie pratiquée, les technologies, entre autres, ont évolué. Cependant, certaines mentalités, émanant de divers acteurs du monde éducatif et de la société en général n’ont, hélas, pas changé. Ce qui fait que, des fois, on a l’impression de faire deux pas en avant et trois pas en arrière dans certaines situations.
L’éducation publique est dirigée de manière continuelle, depuis fin 2014, par Leela Devi Dookun-Luchoomun. La ministre de tutelle assure actuellement, coïncidence du calendrier scolaire et politique oblige, la suppléance au poste de Premier ministre. Il est de bon ton de saluer le fait sans précédent d’avoir une femme au poste suprême de l’exécutif, même pour quelques jours. La ministre de l’Éducation, no3 du gouvernement, est dans une position de force par rapport à la gestion et à la mise en pratique des projets et des défis du secteur éducatif. Elle a ainsi piloté la réforme de la scolarité obligatoire, le Nine-Year Schooling, qui a vu l’introduction des examens du PSAC fin 2017, au primaire.
À la fin de cette présente année scolaire, il y aura la première édition des examens du National Certificate of Education (NCE) pour les collégiens de Grade 9, issus de la réforme du NineYear Schooling. Les résultats vont déterminer qui sont ceux qui intégreront les douze nouvelles académies à partir de janvier 2021, chacune ayant une spécialisation particulière. Les autres élèves resteront dans leurs collèges régionaux ou seront réorientés vers la filière préprofessionnelle. Fin 2021, cette réforme complétera une autre étape, avec les collégiens de l’Extended Stream (anciennement appelé PreVoc) qui passeront l’examen du NCE après leurs quatre années d’études dans ce nouveau cursus. Ils ont intégré l’Extended Stream en Grade 7, en janvier 2018.
En 2020, il y a aussi le retour des 5 «credits» obligatoires pour réussir le School Certificate (Grade 11). Le débat fait rage sur la nécessité d’avoir 3, 4 ou 5 «credits» comme «juge de paix» du passage vers la classe de Grade 12. Bien sûr, tous les enfants n’ont pas la même approche ou affinité vers l’apprentissage académique. Nous aurons toujours un groupe d’élite qui, peu importe le système éducatif, passera les étapes avec plus ou moins de facilité. Nous aurons ensuite les autres, ceux qui arrivent tant bien que mal à tirer leur épingle du jeu. Puis, un autre groupe, des enfants qui ont des aptitudes autres qu’académiques et qui trouveraient leur épanouissement dans d’autres systèmes d’apprentissage si on leur en donne la possibilité.
Que faire alors ? Obliger les élèves à travailler pour 5 «credits» – comme l’ont fait leurs parents avant eux – n’est pas une mauvaise chose en soi. Cela permettrait à beaucoup d’être plus discipliné dans leurs études, de cultiver une culture de la gagne, de se surpasser, de ne pas s’apitoyer sur leur sort. Ceux qui, après le SC, voient qu’ils ne sont pas faits pour le cursus académique pur, seront dirigés vers des établissements préprofessionnels, où, outre une formation à certains métiers, ils auront aussi les bases nécessaires pour bien fonctionner dans leur vie quotidienne.
Enfants, parents et enseignants doivent intérioriser le fait que nous n’avons rien sans rien. Le travail fait avec assiduité et persévérance est toujours récompensé. Dans ce monde qui va très vite, où les progrès technologiques d’aujourd’hui deviennent vite obsolètes, l’enfant doit avoir la possibilité de se parer d’outils qui lui permettrait de ne pas se noyer dans le grand océan qu’est la société. Une société qui est souvent sans pitié pour ceux qui n’arrivent pas à suivre le mouvement. Si travailler pour avoir 5 «credits», ou plus, peut permettre à l’enfant de repousser ses propres limites, ce sera au moins une chose positive de plus dans son cheminement vers l’adulte qu’il sera demain. Comme l’a si bien dit Oscar Wilde, «Il faut toujours viser la lune, car même en cas d›échec, on atterrit dans les étoiles».
On ne pourra avoir une vue dégagée de la réforme éducative qu’après les examens du NCE de 2021, bien qu’il nous faudra encore quelques années de plus pour qu’on se fasse une idée plus précise de la réforme du Nine-Year Schooling. Il y a toute une mentalité qui existe chez des parents comme chez des enseignants, à changer. Une réforme ne se met pas en place sans froisser certaines habitudes. Le phénomène des leçons particulières, par exemple, va perdurer. Il est alimenté par la demande de certains parents, qui, même avec la régionalisation au secondaire, continuent à pousser leurs enfants vers un mode éducatif ultra-compétitif. Le cas des collèges privés doit aussi être pris en considération, car, réforme oblige, le nombre d’enfants admis en Grade 7 chaque année dans le privé a grandement chuté ces dernières années. La mise à niveau des différents collèges, même ceux de l’État, est une autre problématique qu’il faut prendre en considération.
Afin que l’éducation ne soit pas considérée que comme l’affaire d’une poignée de personnes, osons croire que des hommes et des femmes de bonne volonté, de tous bords politiques et professionnels, travaillent de concert pour qu’au final, c’est l’enfant mauricien qui sorte gagnant du système dans lequel il est plongé dès son plus jeune âge. Osons croire que les parents joueront leur rôle comme il le faut. Que les enseignants aient la motivation nécessaire pour bien faire leur travail. Et que les enfants, eux-mêmes, comprennent que leur avenir dépend de leur propre engagement dans le processus éducatif. Bonne rentrée !
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