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Prenons langue à ce sujet

13 juin 2016, 14:54

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Ce commentateur rebondissait sur un des points du dernier Blog du modérateur. En l’occurrence la nécessité d’une adhésion plus résolue des commentateurs de lexpress.mu à une graphie créole commune. Et ce partenaire d’écrire : «We do not speak intellectual Kreol. We use a mixture of English, French and Kreol. If the aim of Grafi Larmoni is to create another intellectual language, then it will be out of the reach of the common people.» Humblement, «we beg to differ». Cela est susceptible de convaincre un certain nombre d’encourager un kréol folklorisé, plus chéri pour sa couleur qu’estimé pour sa précision. Toutefois, toutes les langues ont des palettes de registres, cela permettant des usages fort différents de ces mêmes langues.

Les anglais de Mr Bean, de Stephen Hawking à Cambridge ou des Law Lords rédigeant un jugement ne sont pas les mêmes. Pourquoi priverait-on Lindsey Collen ou les traducteurs en kréol de la Bible d’une langue précise au motif que les Komiko pourraient vouloir jouer sur le double sens de certains mots ? Comme si le français sans équivoque de Claude Lévi-Strauss aurait privé Jamel Debbouze des ressources d’ambiguïté de sa langue.

Soyons sérieux !

Le pourcentage, assurément, varie d’un jour à l’autre. Mais un décompte établirait, à n’en point douter, qu’une bonne moitié des commentaires publiés sur notre site sont rédigés en kréol. Ce n’est pas un épiphénomène folklorique. Cela révèle, bien au contraire, une tendance lourde : l’importance croissante du créole dans le champ de la communication formelle. Ce qui nous invite à davantage formaliser la langue, dont la manière de l’écrire, afin de faire de la langue la plus utilisée un outil normé. Et normatif.

Depuis les années 70, il y a eu plusieurs propositions de graphies. L’État a finalement adopté la Grafi Larmoni, cette dernière soutenue par le colossal travail lexicographique du Diksioner Morisien unilingue. À une variante près – l’usage de l’accent aigu sur le «e» – c’est la norme de «l’express». Encore un choix pour devancer demain.

 

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