Publicité

Tout salaire mérite travail

12 juin 2016, 07:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Tout salaire mérite travail

 

Question : sommes-nous payés pour enrichir ceux qui nous ont promis un meilleur train de vie ? Vous voyez de quoi je parle, bien sûr. Des élus qui coûtent plus cher, c’est toujours «populaire». Même ceux qui sont fâchés avec les chiffres ont retenu qu’un ministre touchera bientôt Rs 28 000 de plus, ce qui portera sa rémunération globale à pas loin de Rs 350 000 par mois. Dans l’absolu, ce n’est pas choquant : il est rare de trouver un homme qui s’impose la Lepepie comme écosystème sans avoir en vue un salaire confortable. Ensuite, il faut considérer à qui l’on a affaire. Si nos ministres gèrent leur paie comme ils gaspillent les deniers publics, ce n’est pas plus mal qu’ils aient une rallonge. Et puis enfin, être élu est un «métier» qui peut prendre fin comme il a commencé, du jour au lendemain. Dans l’intervalle, il faut bien rentabiliser comme disait l’autre (celui des coffres). Bref, chanter l’air du «trop payé» n’est pas la question.

Ce qui nous chiffonne, c’est le message passé aux jeunes : si vous voulez être augmenté, faites autre chose que travailler ! Car enfin, quitte à parler cash, qu’a donc fait Lepep Ltd de si exceptionnel qui justifie de récompenser l’ensemble du staff ? Je sais, désenchanter tout un pays en l’espace de 20 mois, c’est fort, très fort, on est d’accord, mais ce n’est pas suffisant. Sur ces questions d’augmentation, les coeurs simples comme vous et mois ont une position sans complexité : si tout travail mérite salaire, toute revalorisation implique résultat. Eh bien, non. La preuve, seulement quatre des «12 priorités des trois premiers mois au gouvernement» ont été réalisées jusqu’ici, un tiers des objectifs atteints, il y en a qui déposent le bilan pour moins que ça.

On me dira que les hommes politiques restent moins bien rétribués que dans le privé. Peut être. Sans vouloir être désagréable, j’aimerais connaître l’entreprise qui verserait aujourd’hui à SAJ une rémunération supérieure à Rs 550 000. Et puis il y a cet argument ébouriffant qui consiste à dire que de hauts salaires sont nécessaires dans la fonction publique pour résister à la tentation de la corruption. Bigre ! Et ça marche ça ? Essayez demain avec votre patron – «J’aimerais une augmentation parce que sinon je risque d’être tenté de piquer dans la caisse» – et on reparle dimanche prochain.

D’ici là, ceux qui oseront jeter un oeil en haut de cette page constateront que nous ne sommes que le 12 du mois. Ce qui confirme ce que l’on pressentait tous : le pire écart de salaire ne se situe pas entre nous et nos élus, mais bien entre deux mois de paie.

 

Publicité