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Enseignement primaire
BEd : une reconnaissance académique au cœur d’un bras de fer
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Enseignement primaire
BEd : une reconnaissance académique au cœur d’un bras de fer
■ La reconnaissance du BEd comme diplôme universitaire suscite la mobilisation des enseignants du primaire, qui dénoncent une remise en question de leurs qualifications par le PRB.
Le Bachelor in Education (BEd) revient au centre des débats dans l’enseignement primaire. Pour Vinod Seegum, négociateur de la Government Teachers’ Union (GTU), il ne fait aucun doute que ce programme constitue un véritable diplôme universitaire, fondé sur des bases légales et institutionnelles solides. Remettre en question ce statut aujourd’hui fragiliserait la crédibilité des institutions et porterait atteinte à la dignité professionnelle de milliers d’enseignants.
Le BEd n’est ni une faveur ni une invention syndicale. Il trouve son origine dans une recommandation officielle de 1987 du Salary Commissioner britannique, Donald Chessworth, qui préconisait d’élever la formation des enseignants au rang universitaire.
L’objectif était clair : professionnaliser l’enseignement primaire, rehausser son statut et aligner la formation sur des standards académiques pour une éducation de qualité. À l’arrivée de Vinod Seegum à la tête de la GTU en 2005, le dossier dormait encore au fond des tiroirs.
Les résistances étaient fortes : certains proposaient que les enseignants suivent le BEd dans des universités privées et à leurs frais, tandis que d’autres soulignaient que le Mauritius Institute of Education (MIE) n’était pas habilité à délivrer de diplômes universitaires. Face à ces obstacles, le syndicat a pressé pour un amendement du MIE Act, adopté par le Parlement en 2017 et proclamé en 2018, permettant enfin à l’institution de délivrer des diplômes. Le BEd a été lancé en 2019 et plus de 2 000 enseignants l’ont depuis complété.
La controverse est relancée par la position du Pay Research Bureau (PRB), qui aurait qualifié le BEd de «development programme» plutôt que de diplôme. Une remise en question qui, selon Vinod Seegum, dépasse la simple interprétation technique. Elle contredit un cadre législatif établi et met en danger le principe de confiance légitime et la sécurité juridique des enseignants. «Un organe de révision salariale ne peut primer sur un acte parlementaire», rappelle-t-il.
Cette situation a provoqué une forte frustration dans le secteur primaire. Les enseignants estiment que leur parcours académique et professionnel est dévalorisé. La GTU a ainsi appelé à une mobilisation générale : un rassemblement est prévu aujourd’hui à 9 h 30 au Teachers Centre de Quatre-Bornes, où tous les enseignants du primaire, gouvernement et SEDEC, sont invités à se réunir pour décider des actions à venir.
Pour Vinod Seegum, l’enjeu dépasse la simple reconnaissance d’un diplôme. «Le BEd mérite respect, cohérence et reconnaissance pleine et entière. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais de dignité professionnelle», conclut-il.
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