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Barlen Pyamootoo : «Il fallait sauver le Festival du livre de Trou-d’Eau-Douce»
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Barlen Pyamootoo : «Il fallait sauver le Festival du livre de Trou-d’Eau-Douce»
Barlen Pyamootoo, directeur du festival, annonçant le programme le 17 septembre.
Les échos d’un roman à succès ont couvert le bruit des vagues. À Trou-d’Eau-Douce, une page a été arrachée du festival du livre qui s’est tenu du 3 au 5 octobre. Celle de l’hommage posthume qui était prévu au cours de la Nuit de la lecture à l’un des auteurs disparus en 2024, Jean-Gérard Théodore.
La lecture de l’un de ses poèmes a été déprogrammée, suite à une polémique qui a agité les réseaux sociaux. Des internautes ayant fait le lien entre Jean-Gérard Théodore et le bourreau que Nathacha Appanah dénonce dans son roman paru le 21 août chez Gallimard, La nuit au cœur. Une œuvre qui fait résonner les violences extrêmes faites à trois femmes. Deux d’entre elles sont des victimes de féminicides. La troisième, la voix qui ouvre le roman, dit, «Je», sous la plume de Nathacha Appanah. L’auteure ne cite pas de nom. Elle donne les initiales HC comme étant celles du tortionnaire du personnage qui dit «Je». En précisant qu’il est journaliste, poète et entraîneur d’athlétisme.
Une semaine après avoir refermé le livre de la quatrième édition du festival, Barlen Pyamootoo, le directeur confie à quel point ce passage lui a «fait très mal». «OK, nous avons annulé l’hommage posthume. Je ne le défends absolument pas, mais de là à retirer le catalogue du festival parce qu’il inclut un poème de JeanGérard Théodore ? Pourquoi ne pas interdire le prêt de son recueil, Au nom de la mer, dans les bibliothèques ?On pourrait pousser plus loin et condamner ceux qui le lisent.»
Dans la foulée, l’auteure Priya Hein, qui était programmée au festival le dimanche 5 octobre, s’est désistée. Faisant le choix de poursuivre la promotion de son nouvel ouvrage, Tamarin, à l’étranger. Tamarin traite du sujet des jeunes femmes vulnérables victimes de prédateurs. «Je respecte sa décision, mais c’est quelqu’un que je n’inviterai plus au festival», affirme le directeur. Un animateur de la station de radio-télévision nationale, qui avait été annoncé comme modérateur, s’est également retiré. Une intervention dans son émission aurait été annulée. «C’est la première fois que j’étais censuré», constate le directeur du festival.
C’est surtout la première fois que la direction du festival a émis un communiqué, pour réagir à une polémique sur les réseaux sociaux. Un communiqué qui annonçait que l’hommage posthume à Jean-Gerard Théodore avait été déprogrammé. C’était le 24 septembre. «J’ai répliqué pour une raison simple : il fallait sauver le festival. Il y avait un risque de perdre des partenaires.»
Ce gros macadam n’empêche pas Barlen Pyamootoo de penser à l’après. D’envisager déjà la dixième édition du festival. Et de voir l’affluence grossir. «Nous avons eu autour de 4 000 visiteurs, un peu moins que la dernière fois. La polémique a joué aussi.»
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