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Transversale

Avec Iran ou sans Iran… drôle de World Cup !

26 avril 2026, 08:00

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Avec Iran ou sans Iran… drôle de World Cup !

Entre gigantisme et démesure, la Coupe du monde 2026 avait tout pour nous en mettre plein les yeux. Avec des stades gigantesques et des technologies de pointe, testées lors de finales de Super Bowl ou de méga concerts, ça s’annonçait plus grandiose qu’en Europe avec les Américains. Sans oublier l’apport canado-mexicain, qui apporte de l’exotisme et de l’originalité en plus. Mais le contexte socio-politicoéconomique est tellement lourd qu’un véritable bad buzz s’est installé autour de ce Mondial. À J-50 de l’événement planétaire, on est loin de l’attente frénétique et bon enfant qui rythmait les autres années…

Pour beaucoup d’entre nous, qui ont connu USA 94, première Coupe du monde de l’histoire aux States, il y avait une énorme excitation à l’approche de ce rendez-vous. Dans une contrée qui n’avait encore aucune culture football.

Le ‘soccer’ nous avait pourtant fait nous réveiller aux petites heures du matin à Maurice pour voir les matches. Enfin, moins pour l’Américain Alexis Lalas que pour les Carlos Valderrama, Roger Milla, Roberto Baggio, Bebeto ou Romario ! Ainsi que les beaux yeux de Paolo Maldini pour ces dames. Pour la première fois aussi, on regardait un Mondial sans Angleterre ni France – au grand dam des supporters mauriciens qui devaient se tourner vers d’autres idoles !

32 ans plus tard, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Beaucoup de missiles ont été échangés aussi ! À moins de deux mois de la Coupe du monde 2026, on parle beaucoup moins du sportif que des coulisses morbides qui ont inondé nos écrans (et dire que beaucoup s’indignaient pour Qatar 2022 et ses problèmes de droits de l’homme il y a 4 ans…). Du coup, l’Espagne, la France, l’Angleterre et l’Argentine comme éventuels favoris, ça fait beaucoup moins ‘la Une’ que la participation en suspens de l’Iran.

Surtout que l’organisateur principal du tournoi, les États-Unis, sont parmi les principaux belligérants qui les ont bombardés (en bafouant le droit international, sans en avertir l’OTAN et l’ONU). Alors voilà une équipe participant à une compétition à portée universelle qui doit aller jouer en territoire ‘ennemi’, si on se place dans le camp de Téhéran. Pas simple, rien que d’y penser ! Pour les deux camps. Et ce, sans entrer dans les autres considérations sécuritaires et organisationnelles qui vont s’imposer autour de chaque match de l’Iran…

Pour la FIFA, qui doit être garante de l’équité sportive et du droit de chaque pays, on communique comme si ‘tout va très bien madame la marquise’ : l’Iran jouera, point à la ligne. Alors que les autorités du pays ont affirmé depuis des mois qu’il est très probable qu’ils se retirent du tournoi… Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a-t-il raison d’être optimiste ? Souhaitons-le mais, valeur du jour, difficile de se prononcer sur la question. Le conflit est loin d’être réglé et l’actuel cessez-le-feu est trop dépendant de l’instabilité et de l’ambiguïté de la situation du détroit d’Ormuz pour qu’on puisse en tirer une quelconque conclusion.

De plus, la guerre Iran vs Israël-USA a fait d’énormes dégâts sur le plan des relations humaines entre ces trois pays et leurs alliés (les pays arabes bombardés par l’Iran). En fait, il est beaucoup trop tôt pour mesurer l’impact réel de ce qui a été brisé avec cette guerre, à commencer par la définition du terme démocratie lui-même. Enfin, sur le plan économique, on commence à en ressentir, nous aussi, les effets sur notre porte-monnaie ces derniers jours…

Des événements qui impactent directement sur la Coupe du monde. Les supporters européens boudent. Outrés de devoir payer des tarifs monstrueux pour des places de match. Les hôtels américains ont du mal à faire le plein et doivent se résoudre à casser les prix. Le prix des transports a explosé, lui aussi, au grand dam de la FIFA. On est à des années-lumière du scénario idyllique imaginé par Donald Trump et Gianni Infantino. Pour l’instant. À J-50.

On aurait pu vous parler plus de l’équipe de France et de son armée de clones cyborgs offensifs qui affolent toutes les défenses de la galaxie. De l’Espagne du prodige Lamine Yamal, qui rêve d’étendre sa suprématie européenne à celle du monde. De l’éternelle Angleterre, qui a toujours une équipe terrible sur papier glacé… vous connaissez la suite ! De l’Afrique avec ses deux champions d’Afrique pour le prix d’un (Sénégal-Maroc) et des chances de notre continent pour ce Mondial élargi. Il y avait tellement de choses plus positives sur quoi écrire. Espérons que les plaies se referment rapidement et que nos décideurs accordent enfin leurs violons. Pour une paix durable. Un air plus respirable. Un monde tout simplement vivable.

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