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Réforme électorale
Au cœur des identités
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Réforme électorale
Au cœur des identités
■ Jour de vote dans la circonscription n° 19 (Stanley–Rose-Hill), le 10 novembre 2024. (Photo d'illustration)
Le fait ethnique revient dans l’actualité politique avec le projet gouvernemental de réforme électorale. Deux questions seront examinées : l’abrogation de l’obligation faite aux candidats aux élections législatives de déclarer une appartenance ethnique et le maintien ou pas du Best Loser System instauré pour garantir une représentation parlementaire équilibrée des communautés reconnues par la Constitution. Extrait d’un livre à paraître, «Au cœur des identités», Jean Claude de l’Estrac, analyse ici, au plan philosophique, les bases de ces débats. C’est un appel à la plus grande prudence quand l’on cherche à bousculer des sentiments d’appartenance identitaire dans la société multiethnique.
Identité et communalisme
Le mot «identité» est peu usité dans le parler mauricien. L’expression correspondante la plus proche est celui de «communalisme» même si le mot en français standard n’a pas le même sens donné par les Mauriciens. Ce néologisme a pratiquement la même définition que les francophones donnent au mot «communautarisme» : l’existence de communautés juxtaposées, de groupes de personnes de même origine, ou partageant des mêmes intérêts, parfois en opposition à d’autres groupes de la société.
C’est dans son Diksioner Morisien que le linguiste Arnaud Carpooran donne une définition lexicale du mot. Le communalisme est défini ainsi : Dimoune ki travay dan lintere ek avansman so kominote kont lintere lezot. C’est la pratique de ceux qui privilégient l’intérêt de leur communauté contre l’intérêt des autres. L’élément de langage déterminant ici est le mot «contre».
Pour les Français qui se réclament de l’unicité de la nation, le mot «communautarisme» est un anathème. Dans son Le communautarisme, mythes et réalités, le professeur Laurent Bouvet écrit que ce vocable renvoie «à des images inquiétantes de dilution de l’unité nationale, de fragmentation de l’espace public et de particularisation des identités…»
Il en découle, a contrario, que la simple appartenance à une communauté, l’affirmation d’une identité distincte, quand bien même revendiquée dans l’espace public, ne fait pas du citoyen un communaliste à moins d’un repli identitaire antagoniste ou d’une pratique discriminatoire.
Dans ce contexte, le citoyen est vu comme celui qui se contente de valoriser sa communauté et de cultiver les liens sociaux avec des individus appartenant au même groupe, parfois partageant une ancestralité commune. Son appartenance est l’expression d’une identité collective et une manifestation de solidarité. Elle n’est dirigée contre personne. Elle est favorable à la coexistence pacifique. Et elle reconnait la primauté de l’État, la communauté des citoyens.
C’est l’opposition intéressée et déclarée d’un groupe à l’égard d’autres groupes qui justifie la qualification. Ainsi, dans l’ostracisme de «communaliste» que les Mauriciens se jettent à la figure, à tort et à travers, il faudrait, philosophiquement, le constat au préalable de l’existence d’un enfermement identitaire au sein d’une communauté qui s’organise pour tenter d’extirper des privilèges de groupe au détriment des autres, en jouant notamment des rapports de force ethniques.
Je propose, sur ce plan, trois expériences étrangères de gestion des identités susceptibles d’offrir des enseignements aux promoteurs de la réforme envisagée à Maurice. Il y a le cas de l’Inde qui nous alerte sur le danger de mobiliser les identités contre les autres; celui des États-Unis qui postulent qu’une pluralité d’appartenances peut coexister avec une citoyenneté commune ; celui de La France dont la volonté d’assimilation et de neutralisation des appartenances dans l’espace public se heurte à de fortes contestations.
Le syndrome indien
Il est vraisemblable que le qualificatif mauricien a été importé de l’Inde ou «communalism», en anglo-indien, est défini de manière très proche de celle du Diksioner Morisien. Le mot, très usité, dans les débats publics indiens, se réfère à l’idéologie de ceux qui placent leur appartenance identitaire et religieuse au-dessus de la nation, souvent à l’encontre d’autres groupes pour des intérêts politiques ou économiques. Il est l’expression d’une incitation à la division entre différentes communautés.
Les historiens indiens considèrent que cette pratique est une séquelle de l’ancienne politique du colonisateur anglais de «divide and rule», diviser pour régner, qui a exacerbé les tensions entre communautés religieuses.
L’historien Gyanendra Pandey dans The Construction of Communalism in Colonial North India, un ouvrage richement documenté sur le communalisme au Bihar notamment - ce qui est d’un intérêt significatif pour les Mauriciens - fait ce constat : «Dans l’usage commun en Inde, le mot «communalisme» se réfère à un sentiment de suspicion, de peur, d’hostilité entre les membres de différentes communautés religieuses… Le mot qualifie des mouvements qui font des demandes sectaires à l’État en matière de jobs, de privilèges éducatifs, législatifs…»
Cette question d’appartenance religieuse est omniprésente dans le débat public. Communalism décrit une société divisée entre des communautés religieuses séparées, chacune avec ses particularités et intérêts politiques, économiques et sociaux distincts créant ce qu’un sociologue indien a qualifié «une mentalité de nous versus eux».Les détracteurs du Premier ministre, Narendra Modi, lui reprochent, sur ce plan, de présenter les musulmans comme une menace pour les hindous alimentant ce qui est décrit comme une «politique de la peur».
Ainsi, malgré de nombreuses manifestations de coexistence apaisée dans l’espace public, les sociologues indiens constatent que le communalisme continue à influencer la scène politique. Ils reconnaissent que son évolution démontre un sens grandissant de division et d’hostilité envers d’autres communautés.
L’Inde n’est aucunement une exception sur ce plan. Le fait est, que nulle part dans le monde, les modèles de sociétés pluriethniques n’ont pu éviter, au cours de ces dernières décennies, des conflits d’origine raciale ou religieuse. La question de l’identité reste au cœur des préoccupations citoyennes. Il apparait nettement qu’aucun des modèles ne peut prétendre avoir atteint l’idéal d’une citoyenneté unique et solidaire. L’échec est ressenti, plus douloureusement encore, chez les tenants d’un républicanisme censé produire un peuple indivisible, une communauté nationale homogène.
Le multiculturalisme américain
Dans de nombreux pays, cette diversité est le résultat de leur histoire de peuplement, en partie forcée et de l’immigration libre. C’est le cas pour les États-Unis d’Amérique.
La nation américaine est considérée comme une société pluriethnique en vertu d’une grande diversité d’ethnies qui la compose aujourd’hui. C’est ce qui a forgé la notion plutôt galvaudée du melting-pot, du creuset.
Michael Walzer, le grand philosophe américain, qui a étudié le fonctionnement de ce multiculturalisme américain dans de nombreux ouvrages, écrit dans Pluralism in Political Perspective, que «la politique américaine est telle qu’elle ne requiert pas l’homogénéité culturelle puisqu’elle est suffisamment garantie par la citoyenneté démocratique». Ce qui fait dire à Bouvet «qu’il s’agissait donc plutôt d’enrichir la devise E Pluribus Unum, de ne pas faire seulement de la multitude une unité (From Many, One), mais de permettre à la multitude d’exister dans l’unité (Within One, Many)».
Ce multiculturalisme, qu’un courant mené par le sociologue Amitai Etzioni appelle «communitarian», est généralement considéré comme la grande force de la société américaine. Dans la pensée d’Etzioni, l’existence et la subsistance reconnues des diverses communautés sont indispensables au fonctionnement d’une démocratie américaine, otage des puissances financières de par son système électoral. L’ancien président Jimmy Carter disait que le Congrès s’achète. Les communautés sont considérées indispensables dans un contexte où les organisations politiques structurées ne poursuivent que des objectifs financiers, ce qui impose à la société civile d’entreprendre le reste. René Andrau, auteur de «La dérive multiculturaliste» remarque toutefois au sujet de ce rôle civique que «cela ne peut se faire si chacun reste isolé chez soi dans une société atomisée : il est nécessaire que les gens, que les citoyens se rapprochent, et là est la raison d’être de la «communauté». Toutefois ce pluralisme doit fonctionner sur la base d’un «noyau de valeurs essentielles partagées» plaide Etzioni. Il n’est pas qu’une juxtaposition des communautés.
Plus que le pays «arc-en-ciel» souvent évoqué, Etzioni parle d’une société «mosaïque». Andrau traduit cette pensée ainsi: «Une mosaïque ce sont des fragments de couleur différente, mais maintenu ensemble par un ciment solide; et la mosaïque ne garde son sens qu’aussi longtemps que le ciment maintient chaque fragment à sa place et relie les différents fragments entre eux... Ce ciment se sont précisément les valeurs partagées…»
C’est une version américaine de la fameuse «salade de fruits» mauricienne, plutôt que la «compote», chère à feu le cardinal Jean Margéot. Les Américains parlent de «salad bowl».
Pour les multiculturalistes, la nation est vue comme la «communauté des communautés» où les liens entre les diverses communautés sont aussi forts que les liens qui rassemblent les membres d’une même communauté.
Mais Andrau fait une mise en garde : «Si chaque communauté cultive des valeurs propres exclusives, si elle célèbre ses propres héros, réinventant éventuellement son histoire pour mieux l’exalter, si elle se replie sur sa «culture» comme unique source de valeurs, alors le retour au tribalisme menace…»
La menace est réelle bien qu’il existe au sein de ces communautés ethniques une volonté d’intégration et parfois d’acceptation de la culture et des traditions typiquement américaines. Elle ne les empêche aucunement cependant de vouloir préserver leurs héritages identitaires, leurs coutumes anciennes, le souvenir de leurs expériences passées. Mais dans la pratique, ce sentiment d’appartenance a provoqué l’émergence de villes et de banlieues américaines aussi ghettoïsées et ségrégées, sinon plus encore, que celles des villes françaises.
C’est ainsi que la nation américaine ne peut pas être définie comme une «nation civique» selon le modèle assimilationniste français ni celui ethnique de l’Allemagne. Le spécialiste Denis Lacorne, directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, décrit l’Amérique comme une nation «ethno-civique …une nation qui tolère de multiples allégeances», ou comme il le définit, «un agrégat de solidarités particularisantes».
Walzer a théorisé un autre dualisme : «La société et l’État, bien qu’agissant constamment l’un sur l’autre, sont formellement distincts ; pour le soutien, le confort et le sens de l’appartenance, hommes et femmes regardent vers leurs groupes ; pour la liberté et la mobilité, ils regardent vers l’état…»
Mais cette acceptation de double allégeance n’est pas toujours admise. Elle est contestée par ceux qui proposent la création d’une nouvelle «race» d’Américains et qui s’opposent à ce qu’ils nomment des Hyphenated Americans, principe que les Mauriciens ont inscrit dans leur Constitution et qui a été décrit comme le Mauritian Paradox par la sociologue Ramola Ramtohul (photo).
■ Ramola Ramtohul.
Analysant le Best Loser System (BLS) qui est censé rassurer les Hyphenated-Mauritians, Ramtohul évoque un système qui rassure les minorités mais qui divise en même temps sur une base ethnique. Elle estime que le système masque les inégalités de classe et renforce les réseaux de parenté et les réflexes ethniques au détriment des pratiques méritocratiques. Mais, par ailleurs, une éventuelle réforme, ne saurait être considérée comme un progrès si, en supprimant un système imparfait, elle affaiblissait la représentation effective de composantes déjà fragiles et sous-représentées. C’est nettement le cas de la Population générale et dans une moindre mesure la communauté musulmane.
Le modèle français
En revanche, en Europe, la société française cherche à développer un modèle radicalement différent même si elle partage avec les Amériques, à bien des égards, une histoire d’immigration pareillement marquée par une grande diversité ethnique. La politique française récuse le principe de multiculturalisme walzerien, et promeut, à la place, un idéal d’intégration et d’inclusion. Elle s’oppose au communautarisme qu’elle perçoit comme «une dilution de l’unité nationale» selon les mots de Bouvet. L’État entend imposer un modèle républicain, fondé sur l’idéal d’une assimilation tranquille et de l’exaltation de l’idée de la nation unique.
Ce principe est inculqué aux Français dès leur plus jeune âge. Une circulaire aux écoles précise : «Cette idée française de la nation et de la République est, par nature, respectueuse de toutes les convictions, en particulier les convictions religieuses, politiques et des traditions culturelles. Mais elle exclut l’éclatement de la nation en communautés séparées, indifférentes les unes aux autres, ne considérant que leurs propres règles et les propres lois, engagées dans une simple coexistence. La nation n’est pas seulement un ensemble de citoyens détenteurs de droits individuels. Elle est une communauté de destin.»
Dans son principe, la prémisse non-avouée ici serait que les membres des communautés minoritaires devraient abandonner leurs identités culturelles et religieuses distinctes pour assimiler la culture dominante de la nation dans laquelle ils vivent.
Le Franco-Mauricien Jean Marie Le Clézio (photo), Prix Nobel de littérature a dénoncé ce qu’il a qualifié de «détournement de l’esprit». Il écrit à l’intention des dirigeants français : «Ils ne cessent d’évoquer l’intégration et ils entendent par-là que la personne doit, sans trop se poser des questions, se débarrasser de sa culture et en adopter une autre qui lui est imposée par l’école et différents types de médias. Je suis désolé, mais je ne connais pas un être humain qui peut accepter une chose pareille… On vous prend tout ce qui vous est cher : votre passé, vos coutumes, votre religion, vos ancêtres…»
■ Jean Marie Le Clézio.
Mais pour les partisans de la nation unique, le communautarisme est une menace à la cohésion sociale parce qu’il fait allégeance à un groupe particulier au détriment de l’appartenance à la République. C’est, écrit Bouvet «celle d’un glissement irrémédiable et inéluctable de toute société laissant à des ‘communautés’ une marge de manœuvre suffisante pour qu’elles finissent par déconstruire le lien social et se replier sur elles-mêmes, ignorantes, voire antagonistes les unes des autres».
Le même sentiment est exprimé dans La République minoritaire de Robert Grossmann et François Miclo même si les auteurs, l’un politique et l’autre philosophe, ne se focalisent pas sur la seule question identitaire. Ils écrivent : «Si nous sommes un peuple éminemment politique, c’est que seule la politique nous unit. Ce ne sont ni la race, ni la langue, ni la culture, ni même l’intérêt qui fondent chez nous, les solidarités essentielles, mais la simple idée que nous participons à une même aventure humaine qui porte le nom de nation.»
C’est ce principe qui a poussé la France à émettre des réserves sur un article du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui selon elle, organiserait le communautarisme en France. L’article 27 du Pacte onusien stipule : «Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d’avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d’employer leur propre langue.»
Paradoxalement, c’est en vertu de ce même Pacte (Article 25) que Rezistans et Alternativ a obtenu de l’ONU une condamnation de l’État mauricien qui impose une déclaration d’appartenance communautaire pour pouvoir participer aux élections, ce qui est considéré comme une restriction déraisonnable. Sauf qu’une éventuelle réforme de cette nature laisse ouverte la question du BLS fondé sur les appartenances communautaires définies dans la Constitution.
Dans les faits cependant, le principe vertueux de la Constitution française n’est pas toujours respecté. Personne ne prétend, aujourd’hui que l’idéal de l’intégration a été réalisé, que la République a réussi à éliminer les discriminations et les inégalités nées des différences ethniques. Pas plus qu’elle n’a véritablement, et généralement, instauré un respect partagé des valeurs républicaines. La crise de l’intégration est d’autant plus affligeante que les autorités n’ont pas cessé de multiplier des initiatives visant à faciliter cette intégration, à promouvoir la compréhension des valeurs et des principes de la République, à faciliter notamment l’apprentissage de la langue.
En opposition à cet idéal politique d’intégration, s’impose la réalité d’une société fracturée, des banlieues ghettoïsées et ethnicisées des grandes villes où sont concentrées des populations immigrées maghrébines, africaines, antillaises entre autres.
Cette réalité se heurte au credo vertueux affirmé par les autorités. Il est sans cesse rappelé que La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, mais un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble.
La contradiction entre cet idéal et la réalité a été souvent analysée par des sociologues et des anthropologues. Christian Rinaudo, chercheur au Centre National de Recherche Scientifique (CNRS) en France, écrit à ce sujet: «On ne peut que constater l’étendue du décalage entre un «modèle» d’intégration fondé sur l’égalité des citoyens pardelà leurs caractéristiques particulières et la réalité de la société concrète, faite de diversités et d’inégalités.»
A la fin se pose la question de savoir si la République française est vraiment capable de s’accommoder du pluralisme. Alain Dieckhoff, directeur de recherche au CNRS reste lucide. Dans La Nation dans tous ses états, il estime que la citoyenneté est «l’alpha et l’oméga de la nation.» Il en découle des conditions incontournables, écrit-il, «l’égalité en droits des citoyens et le confinement des identités particulières dans la sphère privée.» Il ajoute : «La citoyenneté est en théorie un principe de dépassement des ancrages concrets. Toutefois sa pleine réalisation requiert, dans le cadre du républicanisme classique, une homogénéisation culturelle de l’espace public.» Ce n’est pas le cas.
Dans les faits, La France s’éloigne de son propre modèle, elle est loin de l’idéal de la nation homogène et égalitaire même s’il est vrai qu’un long processus d’intégration se déroule sur plusieurs générations.
C’est dire combien l’enjeu est complexe. Au-delà de ces trois cas, il existe d’autres modèles d’intérêt : le Group Representation Constituencies de Singapour, (le plus pertinent pour Maurice), le partage confessionnel libanais, la désignation communautaire en Irlande du Nord, par exemple. La réforme mauricienne ne peut être seulement de se demander comment faire disparaitre les identités et les appartenances mais plutôt comment les rendre compatibles avec la citoyenneté commune. Elle ne révèle pas de simples choix politiques ni d’arrangements partisans.
■ Amin Maalouf.
Les conséquences d’une réforme insuffisamment étudiée peuvent être graves. Amin Maalouf (photo), l’écrivain franco-libanais, n’a cessé de nous mettre en garde : lorsque les identités sont meurtries, elles deviennent meurtrières. C’est la grande leçon de la géopolitique des identités que le géopolitologue Dominique Moïsi préfère qualifier de «géopolitique de l’émotion».
Ainsi, partout dans le monde, domine une matrice tragique, une histoire de peur, de colère, d’intolérance, d’humiliation, de ressentiment, de haine, de violence, de conflits identitaires.
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