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● Terrain… miné
On savait le sport Roi en perdition depuis quelques années, mais il est en passe de perdre tous ses repères. Comment une rencontre de la première division peut-elle être jouée sur un terrain aussi pitoyable que le stade de Bambous ? Des explications s’imposent.
Dimanche dernier, à 15 h 45. Le match au sommet de la 4e journée du championnat de l’élite commence. Une légère brise venant de La Ferme balaie le nouveau stade de Bambous, qui a été érigé dans le cadre des Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), et soulève la poussière. Qui dit poussière dit absence de gazon.
Il ne suffit pas d’avoir une surface de terrain délimitée et deux buts pour être en mesure de faire du foot. Le stade de Bambous est tout, sauf un lieu pour pratiquer cette discipline. Scandaleux de la part d’une île Maurice qui se veut moderne de contraindre ses meilleurs footballeurs à exercer dans de telles conditions. Pas étonnant que les tendinites et les entorses de cheville soient légions chez nos footballeurs sur un terrain rocailleux et poussiéreux qui ressemble plutôt à un champ de patate !
Un des organismes responsables, que ce soit la Mauritius Football Association (MFA), le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) ou le Mauritius Sports Council (MSC), doit assumer son rôle. Et dire qu’on se bat pour des roupies sur la location des stades ! Et quel stade !
Vinod Persunoo, le président de la MFA, ayant constaté de visu l’état déplorable de ce terrain, il est légitime d’attendre que des mesures soient rapidement prises.
La réussite de ce sport passe aussi par une aire de jeu appropriée où nos footballeurs pourront s’exprimer au mieux de leurs moyens. C’est l’une des priorités – parmi tant d’autres – de la fédération. Si elle n’est pas capable de remédier à la situation, alors ce serait une raison valable de se disqualifier en tant qu’instance mère de l’organisation du football dans ce pays.
Depuis quelques années déjà, on hurle, à cor et à cri, que le niveau du ballon rond mauricien est en chute libre. Les matches ne se disputeraient devant rien qu’une poignée de gens qui n’ont rien mieux à faire un dimanche. Faux !
Sur un terrain exécrable comme le stade de Bambous où la maîtrise technique ne peut être d’actualité, le spectacle va forcément en souffrir. Logique donc que le public boude.
Et dire que ce dimanche, le champion en exercice, l’ASPL 2000, et son éternel rival, Savanne SC, seront contraints de livrer bataille sur ce terrain inapte à la compétition.
Et dire qu’à la MFA, au MJS et au MSC, on préfère faire des discours ronflants au lieu de venir de l’avant avec des actions concrètes.
Au pis, la communauté des footballeurs devra évoluer sur des terrains minés.
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