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“Rambocolesque” Chady !
Siddick Chady est à la politique ce que les acteurs de série B sont au cinéma. Des personnages gigognes, caricaturant la réalité, grossissant les traits de leurs personnages. Se considérant importants. Et recherchant le coup d’éclat qui les mettraient sous les feux des projecteurs.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. D’une absence d’importance et de rôle qu’on veut compenser en provoquant une tempête. Certains diraient du panache, du brio. D’autres y verraient de l’irresponsabilité. Mais, en fin de compte, il s’agit bien d’un opportunisme au degré zéro, d’un héros déchu qui craint de ne pas figurer au générique du prochain cabinet ministériel. Tel un champion de la politicaille qui, à force de menaces et de chantages, est devenu une ennuyante bande-annonce au milieu d’un film déjà peu intéressant. Siddick Chady s’est ainsi offert un coup médiatique de bien bas étage.
En d’autres temps, on aurait pu se passer aussi bien de la bande-annonce que du film. Sauf qu’à une année des élections, une partielle relève de l’inconscience et du gaspillage. Le PTr en connaît le prix. Le kamikaze propose une arme à double tranchant. Si Siddick Chady échoue, il entraînera dans sa chute le PTr. Un parti qui se revoit à la tête du pays ne peut courir ce risque. Tant pis pour l’aventure “rambocolesque” dont voulait nous gratifier Siddick Chady. Il faudra repasser.
Repasser, c’est ce que fait Siddick Chady d’ailleurs depuis qu’il avait décidé de rompre avec le PTr. On se souviendra comment, dans un premier temps, il avait en vain mis en place une stratégie de séduction vis-à-vis de l’alliance gouvernementale. Les mois passaient et, lui, demeurait un indépendant incapable de se faire remarquer. Mais, quand on est ambitieux, on ne reste pas député indépendant pendant longtemps. Le héros a toujours besoin d’un méchant pour briller.
Avec les élections législatives qui approchent, Siddick Chady ne voyait plus personne le légitimer dans la peau de ce héros. Populiste à souhait. Mais héros quand même. Une motivation suffisante pour le pousser à jouer l’ultime tentation : se proposer à une potentielle partie de hara-kiri où il aurait pu ou recouvrer son statut de héros auprès de ses mandants et sa place haut en chaire dans son parti ou finir en victime expiatoire d’un scénario dans lequel on ne voulait même plus de lui pour un second rôle. Il a, par conséquent, décidé de donner le meilleur de lui-même ou le pire. C’est du pareil au même.
Dans le jeu poker menteur qu’il a livré au PTr, Siddick Chady partait perdant dans tous les cas de figure. Face au pouvoir en place, la carte maîtresse qu’il a brandie semble n’avoir pas attiré outre ≤mesure les dirigeants de l’alliance majoritaire.
Le feuilleton aurait pris fin avant même d’avoir commencé. Cela aurait été plus logique. On n’accorde pas d’importance à ceux qui n’en ont pas. Mais le risque d’une élection partielle, qui aurait englouti encore quelques millions de roupies puisées des bourses des contribuables, commande une réaction sans complaisance.
Après le feuilleton Chady, le constat est simple. C’est qu’il a plu ces derniers jours dans le ciel politique mauricien des absurdités qui nous désespèrent un peu plus de la classe politique. En attendant malheureusement … le prochain vaudeville.
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