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“Notre objectif est d’accroître notre parc de 300 à 400 chambres additionnelles”

27 juillet 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Le groupe Véranda Resorts s’apprête à inaugurer en octobre prochain, un nouvel hôtel – le Heritage – à Bel-Ombre. Comment se présente ce nouvel établissement ? </B>

Avec le Heritage, nous entrons dans la catégorie des hôtels de luxe. Avec ses 160 chambres, ce sera également le plus grand établissement de notre groupe qui comprend jusqu’ici, des hôtels de 80 à 120 chambres.

Nous avons investi dans ce projet un total de Rs 850 millions. Cependant, une partie de cette somme a été allouée à l’aménagement du golfe de Bel-Ombre, qui est un projet commun avec le groupe Indigo et la société de gestion du golfe. Le Heritage devrait accueillir ses premiers clients vers le 15 octobre.

Même s’il n’existe pas de classification formelle à Maurice, le Heritage devrait s’inscrire dans la catégorie des quatre étoiles “plus” et certains tours opérateurs le présenteront même comme un cinq étoiles.

Outre le golfe, l’hôtel comprendra aussi un spa spacieux, composé d’une douzaine de salles de massage réparties sur 2 000 mètres carrés.

Nous comptons optimiser sur la situation exceptionnelle de l’hôtel pour mettre également l’accent sur le côté éco-tourisme. La proximité du Heritage avec la montagne et ses forêts endémiques nous permettra d’organiser des randonnées et des activités de sport et d’aventure, telles que le VTT et le “canyoning”. Ce ne sera pas seulement un hôtel de plage et c’est ce qui nous différencie des autres produits qui existent déjà à Maurice.

<B> Cette entrée dans la catégorie des hôtels de luxe marque un peu un tournant pour le groupe qui, jusqu’ici, s’était spécialisé dans des petits hôtels. Qu’est-ce qui explique cette démarche ? </B>

C’est vrai qu’avec le Heritage, nous entrons dans une catégorie différente d’établissement. Nous nous sommes retrouvés dans une position idéale qui nous permet d’allier opportunité et nécessité de diversifier.

Le groupe était déjà propriétaire d’un terrain dans la région. Le site est propice pour un développement hôtelier. Lorsque l’option d’un parcours de golfe s’est présenté, nous nous sommes dit que nous pourrions entrer dans un segment différent, avec un autre type de clientèle.

Le Heritage nous permet aussi de diversifier la gamme de nos hôtels. Il est important d’avoir une palette d’établissements à offrir aux tours opérateurs. Nous avons maintenant un hôtel de luxe dans notre portefeuille.

Pour la réalisation du Heritage, nous avons privilégié une approche opérationnelle différente visant à valoriser surtout l’apport mauricien. L’hôtel sera géré à 100 % par des Mauriciens. Nous voulons mettre en avant le savoir-faire local.

L’ouverture de ce nouvel hôtel a aussi nécessité une planification en amont pour être plus présent sur le marché. Nous avons mis en place un bureau à Paris, depuis deux ans. Nous en avons ouvert un autre à Londres, il y a un an, et nous sommes également présents en Allemagne. Nous concentrons nos ressources humaines et financières sur ces trois marchés que nous ciblons.

<B>Le groupe “Veranda Resorts” se lance dans cette nouvelle étape de son développement à un moment où l’on se pose des questions sur notre industrie touristique après trois années de stagnation. Cela vous préoccupe-t-il ? </B>

Avant de vous répondre sur la conjoncture globale, mon souci le plus immédiat est de savoir quand démarreront les travaux pour les deux autres projets hôteliers prévus à Bel-Ombre.

Il est important de connaître le calendrier des travaux, car les tours opérateurs seront réticents à nous envoyer des clients, s’ils ne connaissent pas la durée des travaux. Ils n’ont nulle envie qu’un client leur fasse une réclamation, du fait qu’il ait été dérangé pendant sa sieste par le bruit d’un marteau. Les lois sur la protection des consommateurs peuvent parfois être vicieuses.

L’ouverture d’un hôtel reste un défi sur le plan commercial et économique. Avec les développements hôteliers à Bel-Ombre, c’est une nouvelle région de Maurice qui s’ouvre aux touristes. C’est un atout important sur lequel on peut bâtir un argumentaire de vente.

D’ailleurs, les marchés ont accueilli favorablement l’ouverture de ce nouveau site. On ne peut pas dire, par exemple, que cette région soit saturée en terme hôtelier et touristique. Cette nouvelle région de Bel-Ombre est un avantage pour nous.

Ceci dit, il est vrai que les statistiques ne sont pas celles auxquelles nous sommes habitués. Nous aurions préféré des taux de croissance à deux chiffres mais force est de constater que le gâteau ne grossit pas. Cela implique qu’un nouvel arrivant aura forcément à prendre sa clientèle dans le même marché, voire à “piquer” chez les concurrents.

Au groupe Veranda Resorts, nous nous disons que même si le timing peut sembler peu propice, l’important c’est d’être déjà présent et de se positionner. Dans un an, lorsque la reprise sera là, nous serons déjà prêts pour en tirer profit.

Les hôteliers sont préoccupés par la situation et ils réagissent. Ils sont satisfaits d’avoir été entendus, notamment sur le manque de visibilité de Maurice sur les marchés. Je sens une réelle volonté des autorités et de l’Association des hôteliers et restaurateurs de Maurice (Ahrim) de mieux travailler ensemble pour renverser la vapeur.

Il y a récemment eu une rencontre entre l’Ahrim et la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), pour élaborer un plan d’action, afin d’améliorer la visibilité de la destination Maurice sur les marchés français et anglais.

<B>Justement. Que pensez-vous de la démarche de la MTPA de demander à l’Ahrim d’organiser la participation de Maurice aux foires touristiques internationales ? </B>

C’est un peu particulier, effectivement.

<B>La morosité de l’industrie touristique serait donc due à un manque de visibilité de Maurice sur les marchés …</B>

Je pense que l’on peut trouver deux principales raisons à cette stagnation. Le manque de visibilité est un élément important. L’année dernière, la MTPA a dépensé 250 000 euros à Paris pour la promotion de Maurice. Alors que la République Dominicaine a dépensé 1,6 million d’euros.

Le budget est insuffisant et il manque la volonté de faire du tourisme, le moteur de l’économie.

L’autre facteur important est l’appréciation de l’euro. Normalement, les hôteliers aiment quand l’euro augmente, car cela implique plus de revenus en roupies. Mais quand l’euro grimpe et que le dollar plafonne, cela nous désavantage, car cela a l’effet d’une hausse artificielle des tarifs à Maurice par rapport à d’autres destinations qui utilise le dollar.

Le différentiel entre l’euro et le dollar est de quelque 25 % actuellement par rapport à la parité. Cela joue en faveur des destinations comme les Caraibes, les Maldives, Dubaï, l’Indonésie et Singapour, qui facturent en dollar.

<B> Quelle est l’ambition du groupe Veranda Resorts ? </B>

Avec le Heritage, on se prépare à aller encore plus loin. Nous allons acquérir de l’expérience et nous disposons des ressources nécessaires pour le faire. Notre objectif, c’est d’avoir entre 300 à 400 chambres additionnelles d’ici trois ans. C’est un objectif réaliste. Nous pouvons les construire nous mêmes ou les obtenir en gestion. Cela se fera soit à Maurice même, soit dans la région, qui reste sur notre écran radar. Nous n’avons pas encore choisi une destination en particulier. Ce sera entre Madagascar, la Réunion ou un autre pays avoisinant.

<B>Comment le groupe compte-t-il se positionner à l’avenir ? </B>

Actuellement, la grande majorité de nos hôtels sont de petits établissements de la catégorie des trois étoiles alors que les autres groupes sont dans la catégorie des quatre à cinq étoiles.

Nous sommes donc dans le créneau des petits hôtels avec beaucoup de charme. Ce ne sont pas des usines à touristes. Avec le Heritage, c’est vrai que nous serons en compétition avec les autres grands groupes hôteliers du pays.

Mais nous maintenons notre présence dans le créneau des petits hôtels. Nous sommes en pourparler pour l’acquisition prochain d’un autre petit établissement qui confortera notre assise dans cette catégorie. Il ne s’agit donc pas pour nous de quitter une catégorie pour une autre.

Avec le Heritage, nous aurons un parc hôtelier de 625 chambres. Comme je vous l’ai déjà précisé, notre objectif est d’ajouter entre 300 à 400 chambres. Dans trois ans environ, nous serons donc un groupe important, comptant un millier de chambres environ. Mais notre objectif n’est pas de devenir le numéro trois ou le numéro quatre, en terme de nombre de chambres. Ce qui nous importe, c’est d’être correctement positionné.

<B> Depuis dimanche, tout Maurice ne parle que de l’explosion survenue à Grand-Baie. Pensez-vous que ce tragique événement peut affecter l’industrie touristique ? </B>

Tout dépendra de la gestion de la communication au niveau du gouvernement et des autorités. Pour le moment, tout se passe bien. Pour ma part, je note qu’il n’y a pas de réaction excessive. Il y a des tours opérateurs qui appellent pour demander des informations et on leur répond qu’il s’agit d’un accident.

<B> Le gouvernement a évoqué un gel du développement hôtelier pour bientôt. Qu’en pensez-vous ? </B>

C’est une bonne décision. Ce serait sage de temporiser un peu. Il est bon pour le pays de prendre le temps de voir ce qui se passe.

<I>Propos recueillis par Stéphane Saminaden</I>

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