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“Le gouvernement n’est pas en faveur d’une politique de contrôle des prix”

16 janvier 2007, 20:00

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● <B>Que répondez-vous aux critiques selon lesquelles vous êtes résolument en faveur du contrôle des prix alors que le gouvernement prône l’ouverture du marché ? </B>

Il faut d’abord savoir que le nombre de produits dont les prix sont administrés est extrêmement limité, soit une vingtaine seulement sur quelque 4 000 articles. Le gouvernement contrôle le prix de vente d’une dizaine de produits, tandis qu’une dizaine d’autres sont sous le régime de maximum mark-up.

Nous intervenons essentiellement sur des items de première nécessité tels le riz, la farine, le lait, certains produits alimentaires en boîte, le ciment et le gaz ménager, entre autres. Cette politique existe depuis longtemps, et je n’ai rien inventé.

Toutefois, c’est la manière dont le ministère opère qui a changé. Dans le passé, il suffisait que les opérateurs fassent une demande d’augmentation au ministère pour qu’ils obtiennent une hausse. Aujourd’hui, nos officiers examinent les requêtes en profondeur.

Je comprends parfaitement que l’on ne peut ignorer les augmentations du coût de production et l’évolution du taux de change. Toutefois, quand nous ne sommes pas satisfaits avec les raisons avancées pour justifier une demande de majoration de prix, nous le faisons comprendre de manière claire.

Le gouvernement n’est pas en faveur d’une politique de contrôle des prix. Toutefois, comme tous les gouvernements précédents, nous nous donnons le choix d’intervenir là où il le faut et quand il le faut.

● <B>Cette politique d’intervention n’aurait pas donné les résultats escomptés sur les prix comme dans le cas du lait, par exemple… </B>

Ce n’est pas vrai de dire que notre intervention sur le marché n’a eu aucun effet sur les prix de vente du lait. Je vous cite quelques exemples : en juillet 2005, un kilo de lait d’une grande marque se vendait à Rs 122,90. En décembre, ce lait se vendait à Rs 116,75 le kilo. Cela malgré l’appréciation du dollar. Le taux de change du dollar est passé de Rs 28,30 à Rs 33,35 entre ces deux périodes. Sans notre intervention sur les marges, ce lait aurait dû se vendre à Rs 131,65 le kilo.

Dans le cas du lait Amul, les consommateurs ont exercé leur liberté de choisir selon leurs goûts. Le gouvernement craignait une pénurie de lait sur le marché à un moment donné. Nous avons ainsi proposé, à travers la State Trading Corporation (STC), un lait en provenance de l’Inde afin de donner une alternative à la population.

Nous aurons bientôt un nouveau cadre légal pour gérer tout cela. Nous allons mettre sur pied une Competition Commission pour veiller sur le marché. Une ébauche du texte de loi est déjà prête. Nous allons bientôt passer à l’étape de l’examen au Conseil des ministres.

<I>“Le gouvernement bouge vers la libéralisation de l’importation des marchandises. Nous avons déjà pris une décision de principe pour libéraliser l’importation de la farine.”</I>

N’êtes-vous pas en train de cacher la vérité des prix en réintroduisant les subsides sur la farine sous une forme déguisée ? </B>

La STC a pour objectif d’agir comme un tampon pour absorber les grandes fluctuations dans les prix. Maurice a ses spécificités. Je n’ai pas créé ces conditions. Le gouvernement joue son rôle n’en déplaise à certains.

Ceux qui parlent de la vérité au sujet des prix ne parlent pas des difficultés que font face les gens. Je dois vous rappeler le discours de fin d’année du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Il a affirmé qu’il nous faut tout mettre en œuvre pour ne pas pénaliser davantage les personnes au bas de l’échelle. Nous sommes ainsi en train d’exécuter la vision du Premier ministre.

2007 sera l’année de records dans beaucoup de secteurs. Nous ne voulons pas qu’une section de la population soit en marge de ce processus.

● <B> Comptez-vous revoir le rôle de la STC avec l’avènement du nouveau cadre légal où la “Competition Commission” aura un rôle crucial à jouer ? <</B>

Le rôle de la STC sera effectivement revu dans le sillage des nouvelles lois. Le gouvernement bouge vers la libéralisation de l’importation des marchandises. Nous avons déjà pris une décision de principe pour libéraliser l’importation de la farine. Toutefois, il y a plusieurs facteurs à tenir en considération.

Une mauvaise mise en œuvre des changements peut tout chambouler. Dans le cas de la farine, il nous faut surtout nous assurer de la sécurité de l’approvisionnement ainsi que du rapport qualité-prix. La libéralisation arrive, mais il nous faut bien la préparer.

Nous importons chaque année quelque 90 000 tonnes de farine. Nous prenons pour acquis le fait que nous recevons notre pain tous les matins. C’est cela que nous voulons assurer.

Je dois préciser que la STC présente aujourd’hui une ardoise nettement plus propre que dans un passé récent. En décembre de l’année dernière, les pertes de cet organisme s’élevaient à Rs 68 millions seulement contre Rs 2 milliards en juillet 2005. Ce n’est qu’un début. L’effort d’assainissement se poursuit. La STC va générer un chiffre d’affaires de Rs 26 milliards cette année.

Quel type d’institution de surveillance du marché proposez-vous ? </B>

Nous nous sommes inspirés des modèles britannique, singapourien, américain et chilien. Nous avons aussi bénéficié de l’apport technique du Commonwealth Secretariat dans la préparation du texte de loi. Nous avons eu des consultations élargies avec tous les partenaires concernés à cet effet.

La Competition Commission va veiller sur les pratiques en cours sur le marché. Elle va promouvoir une compétition saine dans tous les secteurs tout en traquant les abus tels que collusions et autres pratiques qui sont au détriment des consommateurs. La population découvrira que le monopole n’est pas acceptable.

● <B>Votre ministère est en présence d’une demande pour une majoration du prix du ciment. Comment réagissez-vous à cette requête ?</B>

Je ne compte pas faire de commentaire sur ce dossier. Je peux vous dire cependant que le secteur de la construction connaîtra un boom cette année. Le gouvernement a créé les conditions pour que cela se réalise. Nous allons continuer à faire des efforts dans ce sens.

● <B> Les observateurs prévoient la poursuite de la reprise dans la zone franche. à quoi attribuez-vous ce regain de confiance ?</B>

Mon ministère a joué un rôle déterminant pour mettre en place les conditions de cette reprise. Il y a eu au début de 2006 le forum sur le textile où nous avons identifié les problèmes auxquels fait face l’industrie. Nous avons regroupé les problèmes en deux catégories, à savoir les facteurs internes à l’entreprise et les facteurs externes.

Il n’est certes pas question pour nous d’intervenir au sein des entreprises pour régler les problèmes. Nous avons décidé d’agir sur cinq facteurs externes.

Nous avons revu tout le système de permis afin de solutionner le goulot d’étranglement administratif auquel les opérateurs étaient confrontés.

Nous avons aussi aidé à améliorer l’accès des sociétés aux financements. Les entreprises rencontraient beaucoup de difficultés pour trouver des capitaux auprès des banques. Aujourd’hui, celles-ci sont beaucoup plus enthousiastes à prêter aux sociétés de textile-habillement.

Il y a une communication permanente entre l’industrie et le ministère. Nos officiers vont souvent faire des visites dans les entreprises pour aider à trouver des solutions aux problèmes. Résultat des courses, la confiance est de retour dans l’industrie.à un moment donné, il y avait des promesses d’investissements de l’ordre de Rs 8 milliards dans le textile-habillement. Cela se traduit dans les faits.

Nous avons créé un climat de confiance. Nos opérateurs ont fait preuve d’une résilience extraordinaire face aux conditions adverses de ces dernières années.

La zone franche enregistra des exportations records cette année avec des recettes tournant de Rs 38 milliards à Rs 40 milliards. Dans deux ans, le pays pourra devenir autosuffisant en fil.

Pour encourager davantage nos opérateurs nous mettons sur pied un Business Excellence Award. Cette initiative vise à promouvoir l’innovation et l’excellence dans le secteur manufacturier d’exportation.

● <B> Quelles sont les actions en faveur de la diversification de la base manufacturière ?</B>

Nous allons accorder une attention prioritaire au secteur de l’imprimerie et de l’édition. Nous allons réunir tous les partenaires de cette industrie vers la fin de février pour un constat des lieux et pour dégager des stratégies de développement.

Ce secteur a un gros potentiel de croissance. Il nous faut toutefois régler le problème de spare capacity dans les entreprises d’imprimerie. Les entreprises n’opèrent pas à leur capacité optimale.

Nous comptons aussi donner notre appui au développement de l’industrie marine. Enterprise Mauritius a conçu un plan stratégique pour le développement des marinas et l’exploitation d’autres services annexes.

Nous prévoyons aussi des développements dans la production de l’eau embouteillée dans le cadre de la land based oceanic industry.

Nous allons aussi continuer à récolter les fruits de nos efforts en faveur des petites et moyennes entreprises (PME). Nous allons enregistrer 5 000 nouvelles PME en 2007.

<I>Propos recueillis par </I> Akilesh ROOPUN</B>

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