Publicité

“Je ne vais pas tolérer les dirigeants irresponsables”

29 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B> La date limite pour se mettre en conformité avec le Sports Act expire samedi (NdlR : demain). Quel constat faites-vous à un jour de la date butoir ?</B>

– D’abord, je tiens à préciser que les fédérations ont jusqu’au 30 avril 2005 pour s’assurer que les clubs ont entamé les procédures pour se faire enregistrer auprès du Registrar. Elles ne sont, donc, pas obligées de tenir leurs élections avant cette date. Je ne pourrais me prononcer sur le nombre de fédérations qui a été en mesure de respecter les dispositions de la loi, qu’après le 30 avril. Le panel qui a la charge d’étudier les demandes de dérogation me soumettra un rapport final le lundi 2 mai. Je tiens à souligner que la loi me donne, et à moi seul, le pouvoir d’accorder une dérogation. Malgré cela, j’ai préféré mettre sur pied un panel composé de trois seniors sport officers, en l’occurrence Ram Lollchand, qui est le directeur de formation au MJS et secrétaire général de la CJSOI, Mahen Purbhoo, qui a contribué à l’élaboration du nouveau Sports Act, et Dev Putty, qui s’est occupé du travail de terrain. Ces personnes ont entendu toutes les fédérations qui ont fait une demande de dérogation. Et là, je déplore l’attitude de certaines fédérations qui n’ont fait aucun effort pour enregistrer leurs clubs. D’autres ont, tout simplement, abdiqué. Il y a aussi ceux qui ont préféré faire porter le chapeau au Registrar of Associations …

● <B> Combien de demandes de dérogation avez-vous enregistré jusqu’ici et quelles sont les fédérations qui bénéficieront de votre prérogative ? </B>

– Nous avons 26 fédérations sur un total de 33 qui ont demandé à obtenir une dérogation. Je ne peux accorder de dérogation qu’après avoir eu la certitude que, malgré tous ses efforts, une fédération n’a pas été en mesure de respecter les dispositions de la loi. Le panel me soumettra un rapport final lundi prochain et c’est à partir de là que je pourrais prendre une décision. Toutefois, je ne rendrai publique la liste des bénéficiaires qu’après avoir remis le rapport au Conseil de ministre, le vendredi 6 mai.

● <B> Vingt-six demandes de dérogation sur un total de 33 fédérations, c’est quand même conséquent…</B>

– Que voulez-vous dire ?

● <B>Que la régionalisation a été un échec…</B>

Si vous dites que la régionalisation a été un échec total, je vous désapprouverai. Lors du brainstorming de février 2004, tous les dirigeants sportifs avaient la possibilité d’exprimer librement leur opinion. Et pourtant, personne n’est venu mettre en cause la régionalisation.

De notre côté, nous avons assoupli la loi “right, left and center”. Mais, dans bien des cas, on note un manque d’intérêt de la part de nos dirigeants sportifs. Beaucoup d’entre eux veulent garder un petit nombre de clubs afin de pouvoir conserver leur fauteuil de président. Et c’est dommage pour le sport !

Il y a des fédérations qui ont, carrément, refusé d’affilier des clubs par crainte de créer des clubs fictifs.

La fédération de d’haltérophilie fait partie de celles-ci. C’est un faux argument. Des clubs d’haltérophilie nous ont fait parvenir, preuve à l’appui, leur certificat d’enregistrement. Mes officiers et moi-même avons été sur le terrain pour vérifier l’authenticité de ces clubs. J’ai été étonné de voir qu’il y a des clubs qui existent depuis pratiquement 20 ans. Refuser à ces clubs l’affiliation relève purement de la mauvaise foi des dirigeants de la fédération. Pour vous citer un deuxième exemple, le tae kwon do était représenté par 800 jeunes lors du Run Aid organisé par le MJS en janvier dernier. Et, pourtant, au 15 avril dernier, cette fédération n’avait pas de clubs enregistrés auprès du Registrar. Le comble dans le cas du tae kwon do, c’est qu’un des dirigeants, Mario Hung, est membre du CNOM et adviser coach du MJS. Comment peut-on dire qu’il est mal informé, sinon qu’il est tout simplement de mauvaise foi !

Dans le cas de la lutte, son président n’a lui-même pas fait le nécessaire pour enregistrer son club. Dieu seul comment il a fait pour être président de la lutte. Et pourtant, nous avons donné des moyens financiers aux fédérations sous l’item de la régionalisation. Là encore, on avait beaucoup de regrets que certaines fédérations, dont l’haltérophilie, n’aient pas réclamé le moindre sous concernant cet item.

Mais il y a aussi des fédérations comme l’athlétisme qui, malgré toutes les difficultés, ont réussi à créer des clubs. Quant à l’Association mauricienne d’athlétisme amateur, elle a déjà tenu son assemblée générale. Le tir à l’arc, qui est une discipline peu populaire, a au moins six clubs et, selon mes renseignements, il pourrait même être présent dans neuf régions.

<B>Dans bien des cas, on note un manque d’intérêt de la part de nos dirigeants sportifs. Beaucoup d’entre eux veulent garder un petit nombre de clubs afin de pouvoir conserver leur fauteuil de président. Et c’est dommage pour le sport !</B>

● <B> M. le ministre, vous n’allez tout de même pas agréer aux 26 demandes de dérogation. Au cas contraire, la loi sur la régionalisation n’aura pas sa raison d’être…</B>

– Je ne peux vous répondre car il y a un comité technique qui travaille sur la question et qui fera des recommandations.

● <B> Vous vous-rendez compte que la plupart des fédérations seront illégales à partir de dimanche ?</B>

– À part quelques-unes, les fédérations sont déjà dans l’illégalité puisque le délai pour se mettre en conformité avec le Sports Act a expiré le 18 janvier dernier.

● <B> Y aura-t-il des sanctions à l’encontre des fédérations qui n’ont rien fait pour respecter la loi ?</B>

– Je ne suis pas là pour sanctionner les fédérations. Je suis là pour promouvoir le sport. Mais je ne vais pas tolérer les dirigeants irresponsables, qui ne sont pas là pour oeuvrer en faveur du sport. Le MJS est là pour veiller à ce que l’argent du public soit utilisé à bon escient. Nous n’allons pas mettre l’argent du public dans les mains de personnes qui n’ont aucune légitimité d’être là. Mais nous allons continuer à investir dans le sport, que ce soit le sport de loisir, de masse ou d’élite. S’il y a un constat d’échec à faire, ce n’est certainement pas la politique gouvernementale qui est à blâmer. Je me permettrais d’ajouter que le gouvernement actuel a fait beaucoup plus pour le sport et la régionalisation qu’aucun autre gouvernement.

<I>Interview réalisée par </I> <B>Neeta PERSAND</B>

Publicité