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“Il faut perpétuellement innover afin de pérenniser l’athlétisme”
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“Il faut perpétuellement innover afin de pérenniser l’athlétisme”
● <B> Après trente années passées dans l’athlétisme, ça doit être un moment fort que de vous retrouver à la présidence de cette discipline ?</B>
— Au début, j’étais un peu sceptique à l’idée d’assumer la présidence de l’Association mauricienne d’athlétisme amateur vu mes obligations techniques au niveau international (NdlR : il est Area Technical Officer de l’International Association of Athletics Federations). Et puis, j’ai senti un réel désir de la part des athlètes, des entraîneurs ou encore des dirigeants pour que j’occupe le poste de président de l’AMAA.
● <B> Ils étaient, en effet, unanimes afin que vous assuriez la présidence de l’AMAA. C’est un signe de confiance très fort…</B>
— C’est vrai, et d’ailleurs ça m’a beaucoup touché. Et je voudrais remercier tous ceux qui ont placé cette confiance en moi, je pense plus particulièrement à Vivian Gungaram et au président sortant, Suren Ayadassen. Je ne voudrais surtout pas oublier tous ces travailleurs de l’ombre qui oeuvrent pour la promotion de l’athlétisme et aussi l’équipe du secrétariat de l’AMAA.
● <B> C’est votre première présidence, donc de nouveaux défis vous attendent ?</B>
— Dans cette optique, j’ai entamé une série de consultations avec les représentants des entraîneurs et des officiels, les présidents des régions, le président du CNFA (NdlR : Centre national de formation d’athlétisme) et aussi les athlètes. À la lumière de ces consultations, nous allons créer un créneau de travail.
Sans aucune prétention, l’AMAA est une référence dans la région et en Afrique. Ces derniers citent l’AMAA en exemple pour son organisation, ses athlètes et surtout sa structure. Mais il y a encore beaucoup à faire. Il est important que tous les comités régionaux deviennent le reflet de l’instance mère.
Et puis, il nous faut concrétiser la mise en place des centres de préformation régionaux à travers l’île. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que nous travaillerons dans un contetxe tout à fait différent désormais avec le nouveau Sports Act qui insiste sur la création de clubs. Nous avons d’ailleurs été l’une des premières fédérations à respecter cette échéance.
● Il y a, depuis quelque temps déjà, un fléchissement au niveau de l’athlétisme chez les jeunes…</B>
— C’est une tendance générale et mondiale. D’ailleurs, la fédération internationale a rédigé un rapport sur les Drop Outs de l’athlétisme, c’est-à-dire les jeunes qui quittent l’athlétisme très tôt. En l’occurrence, 16 % des jeunes arrêtent pour les raisons suivantes : un mauvais encadrement, attirance vers d’autres disciplines plus alléchantes, un système éducatif non adapté ou encore des entraîneurs pas bien formés. Le sport féminin est beaucoup plus affecté et c’est un phénomène mondial. Il y a un délcin du sport féminin.
● <B> Ne pensez-vous pas que, peut-être, porté par l’euphorie liée aux performances de Stéphan Buckland, Eric Milazar ou encore Jonathan Chimier, cela a créé une mentalité de prendre tout pour acquis, chez les jeunes ?</B>
— C’est un phénomène général. Il n’y a pas de culture sportive. Et cette culture-là est très importante. L’athlétisme ce n’est pas uniquement l’entraînement, il ne faut pas négliger l’aspect psychologique, social et émotionnel. Il faut aussi inculquer les valeurs essentielles.
● <B> Des jeunes se sont un peu endormis sur leurs lauriers alors ?</B>
— Le problème c’est que nous avons été tellement habitués à gagner que ça a finalement joué contre nous. Il faut savoir perdre. Avec la défaite nous apprenons une leçon…
<B>“Le problème c’est que nous avons été tellement habitués à gagner que ça a finalement joué contre nous. Il faut savoir perdre. Avec la défaite nous apprenons une leçon…”</B>
● <B>Justement, est-ce que la fédération envisage de réorienter sa politique chez les jeunes ?</B>
— Oui, il faut arriver à inculquer cette culture sportive. Si nous parvenons à le faire avec, disons, 200 ou 300 enfants, à leur tour, ils iront la transmettre aux autres. Ils seront en quelque sorte des ambassadeurs.
● <B> Il est donc impératif pour vous de relancer cette culture…</B>
— Oui, c’est bien cela.
● <B> Pour suivre votre ligne de pensée, les athlètes doués sont bien présents à Maurice, ce n’est que la culture qui fait défaut…</B>
— Oui, le potentiel existe ! Pour reprendre une phrase de Jacques Dudal : on ne peut pas attendre que l’athlète vienne vers nous, c’est à nous d’aller vers lui. Ça résume tout !
● Donc, l’AMAA doit être plus agressive sur le terrain ?</B>
— En effet, beaucoup d’enfants n’ont pas les moyens de venir sur une base régulière au stade faute d’argent ou d’autres contraintes. Nous devons offrir à ces jeunes qui ne peuvent venir au stade, les mêmes opportunités, chez eux.
● Cela inclus d’améliorer certaines structures de l’AMAA...</B>
— Les structures doivent être améliorées, telles que le Centre national de formation (CNFA). Les réformes vont venir étape par étape.
● Comme vous faites mention du CNFA, vu que son président, Bala Lutchmiah, a été élu au sein de l’exécutif de l’AMAA, il devra démissionner de la présidence de cette instance. Avez-vous déjà en tête la personne qui lui succédera ?</B>
— Nous avons pensé à certaines personnes. Mais le choix n’a pas encore été fait. C’est l’exécutif de l’AMAA qui choisira le nouveau président du CNFA très bientôt.
● À quoi correspond le profil du prochain président du CNFA ?</B>
— Il faut que ce soit quelqu’un qui ait un vécu dans l’athlétisme. Il faut qu’il soit proche des jeunes, qu’il soit capable de les comprendre, de dialoguer avec eux. En somme, il faut que cette personne soit comme un père ou une mère pour ces jeunes du CNFA. Ce sera davantage un pédagogue qu’un technicien. Il faut apporter une certaine retouche au CNFA.
● <B> Vous parlez de quelqu’un ayant un vécu de l’athlétisme. Outre le CNFA, allez-vous encourager les anciens à s’investir dans l’athlétisme mauricien ?</B>
— C’est important d’avoir le soutien des anciens. Ils ont une image forte, une connaissance de l’athlétisme, un vécu, une culture et surtout une expérience de l’athlétisme. À la fédération, nous avons tout intérêt à aller dans cette direction-là. D’ailleurs, j’ai discuté avec Stéphan Buckland, qui envisage de prendre un groupe de jeunes sous son aile à la fin de cette saison afin de donner un coup de main.
Mais les anciens peuvent contribuer à tous les niveaux, pas seulement en tant qu’entraîneurs, mais aussi dans les différentes commissions d’organisation, dans les ateliers de travail… C’est important de les avoir à nos côtés dans la promotion de la discipline à Maurice.
● Vous semblez être un fervent défenseur des innovations, de nouvelles idées…</B>
— C’est un fait, il faut perpétuellement innover afin de pérenniser l’athlétisme. D’ailleurs avec l’introduction des clubs, il nous faudra impérativement innover pour permettre que cette structure fonctionne parfaitement.
● <B> L’introduction des clubs offrira-t-elle un nouveau visage à l’athlétisme de demain ?</B>
— Dès la prochaine saison, nous devrons organiser des compétitions pour les clubs, du genre interclubs. Par exemple, ils seront plus de quarante clubs pour le cross l’année prochaine. Ainsi, tout sera modifié et amélioré dans ce nouveau contexte.
On envisage aussi d’organiser des interclubs au-delà des Championnats nationaux. Mais il nous faudra procéder étape par étape, peut-être commencerons-nous par les jeunes…
● <B> La saison 2006 sera surtout marquée par l’organisation des 15es Championnats d’Afrique qui auront lieu à Maurice…</B>
— En effet, c’est le plat de résistance de la prochaine saison. Vivian Gungaram, le secrétaire général de l’AMAA, est actuellement au congrès de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA) et il sera de retour avec les données techniques telles que les minima. Et bientôt, nous aurons une visite des sites par des experts de la CAA.
À un an et demi de l’échéance, le comité d’organisation, avec Michael Glover à la présidence, est largement en avance et nous sommes prêts au niveau du stade ou encore de l’hébergement. Il ne reste que des petits chantiers à terminer.
Par exemple, il nous faut assurer la formation des officiels. En gros, plus de 200 personnes seront impliquées dans l’organisation d’un tel événement.
● Sur le plan sportif, attendez-vous beaucoup d’Eric Milazar, Stéphan Buckland ou encore Jonathan Chimier durant ces Championnats d’Afrique ?</B>
— Nous visons davantage de médailles que lors de la précédente édition. Il faut se dire que cette compétition sera beaucoup plus dure que les précédentes vu que le comité d’organisation s’est lancé comme défi que tous les pays d’Afrique soient représentés.
De plus, ces Championnats serviront de critère de sélection pour la Coupe du monde.
● Le mot de la fin…</B>
— Je voudrais simplement dire que j’assure une permanence au stade Maryse Justin tous les mercredis. Ainsi, j’invite tous ceux qui le désirent à me rencontrer afin de discuter des problèmes et d’y trouver des solutions.
Je suis un homme qui met beaucoup d’accent sur la communication et le partage d’idées, j’encourage tout le monde, entraîneurs, athlètes et parents à venir à ma rencontre.
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