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Énergie : anticiper l’après pétrole

17 mai 2006, 00:00

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Curiosité du monde actuel, ce sont les pays producteurs de pétrole qui sont aujourd’hui les mieux préparés à l’après pétrole. Les plus grands consommateurs ont à nouveau vu leurs besoins augmenter cette année. L’avenir s’annonce donc plein de surprises…

Alors que tous les experts s’accordent pour présager l’épuisement des ressources pétrolières d’ici environ 40 ans, avec une phase de décroissance oscillant selon les avis entre 2010 et 2025, la demande énergétique des pays consommateurs ne fait que croître. Inconscience ou insolence ? Le monde semble se développer en faisant abstraction totale de cet état de fait. Les uns justifiant leur attitude par leur confiance dans l’évolution technologique qui permet de réduire de l’ordre de 50 % la consommation. Les autres, par le fait que les solutions alternatives verront certainement le jour, compte tenu de la contrainte forte qui pèse sur le monde.

Mais prenons-nous conscience de ce qu’est un monde sans pétrole? En premier lieu, nous pensons immédiatement aux conséquences sur les déplacements long-courriers, dont les alternatives énergétiques ne sont pas prêtes à remplacer les avions actuels. Et de là les nombreux surcoûts à la délocalisation lointaine, alors qu’elle est aujourd’hui un atout de compétitivité des entreprises. Bref de ce monde de nomadisme mondial, nous risquons de revenir à un sédentarisme accru où la globalisation des échanges risque de se concentrer sur les activités immatérielles, dont les opportunités virtuelles pourront toujours connaître une importante effervescence, sans pétrole.

Un monde sans pétrole, c’est un monde où de très nombreux objets de notre quotidien devront trouver leur substituant. Et ceci, bien au-delà du simple carburant. Imaginez quelques instants une journée quotidienne sans pétrole. Dès la toilette du matin, l’impact est immédiat : Fini le dentifrice, adieu les crèmes en tous genres qui participent au rajeunissement de madame, même si elle le valait bien ! Combien d’objets dérivés des énergies fossiles, avons-nous dans notre environnement. Les huiles, le bitume, les produits chimiques… Adieu les productions agricoles actuelles, dont les herbicides et les engrais sont produits à partir de gaz et de pétrole. Pour ce qui est de l’électricité, n’oublions pas qu’elle provient à 42 % de l’énergie primaire (pétrole, gaz et charbon). Il suffit de se rappeler de la gigantesque panne d’août 2003 au Nord-Est des états-Unis pour constater le chaos qui a suivi.

D’autre part, devant cette rupture qui s’annonce, nous ne pouvons ignorer que les dernières crises énergétiques ont amené des conséquences dramatiques avec le développement du totalitarisme dans les pays pourtant les plus avancés. Il est donc urgent, pour ne pas dire primordial, que les débats aient lieu pour trouver des solutions cohérentes qui permettent de préparer les générations actuelles et futures à de profonds changements. L’anticipation tant en matière de comportements que de recherches et développements est la seule voie d’éviter des choix hâtifs qui pourraient avoir les pires conséquences sur la pollution, sur le réchauffement de la planète.

Autant dire que l’espace, le temps et l’énergie vont devenir les valeurs rares de ce prochain siècle.

En attendant le plaisir de notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde !

<B> Bertrand LAZARE (Manager d’Operaction)

[email protected]</B>

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