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À la recherche du « tapis d?Aubuisson »

2 septembre 2007, 00:00

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Plus de dix ans après les faits, la municipalité de Curepipe est de nouveau en émoi. L?arrestation cette semaine de Marc Daruty de Grandpré, architecte, a relancé l?affaire autour de la disparition du fameux « tapis d?Aubuisson ». Cette ?uvre qui ornait autrefois la salle des fêtes de la municipalité, vieille de 269 ans, aurait disparu en 1994, à l?issue de la rénovation de l?hôtel de ville. L?architecte, mis en cause pour la disparition de cette tapisserie murale a, pour sa part, catégoriquement nié les faits qui lui sont reprochés.Rs 1 million ou Rs 10 millions, personne ne connaît réellement la valeur de cette tapisserie. « Seul un expert pourrait estimer avec exactitude sa valeur, mais quoi qu?il en soit, cette tapisserie fait partie du patrimoine de la ville et à ce titre, elle a une valeur inestimable », explique-t-on du côté de la municipalité.

Ce que l?on sait en revanche, c?est que les officiers de la municipalité auraient perdu sa trace il y a douze ans. « Avec la rénovation de la municipalité, nous avions décidé de faire rénover cette tapisserie à l?étranger, mais à la fin des travaux en 1994, nous avons perdu sa trace », déclare Krishnand Isram, Chief Executive de la ville.

Une valeur historique

Des officiers de la municipalité laissent, quant à eux, entendre que l??uvre en question pourrait avoir été confiée à Marc Daruty de Grandpré en attendant d?être rénovée. Ce que nie formellement le principal concerné. « Rien n?a jamais été confié à Marc Daruty de Grandpré à un moment ou à un autre. La responsabilité de la disparition de cette tapisserie revient à la municipalité elle-même », affirme, pour sa part, l?homme de loi de l?architecte, Me Ravi Yerrigadoo.

Une déposition consignée à la police en 1994 a été à l?origine d?une enquête de la Criminal Investigation Division (CID) qui est longtemps restée non résolue. La police avait, à l?époque, procédé à l?interrogatoire de tous ceux qui auraient pu manipuler la tapisserie lors de travaux de rénovation, mais sans aucun résultat. « Les policiers en charge de l?enquête, à l?époque, ont été bien incapables de retrouver la trace de cet objet », laisse-t-on entendre à la municipalité de Curepipe.

L?arrestation de Marc Daruty de Grandpré aurait fait suite à la saisie des procès verbaux par la police à la municipalité de Curepipe. Les enquêteurs auraient découvert dans ces documents qu?un témoin aurait affirmé avoir aperçu une tapisserie dans le bureau de l?architecte. « Ce soi-disant témoin n?avait même pas dit de quelle tapisserie il s?agissait. Cela aurait pu être n?importe quoi et c?est sur la base de cela que les policiers ont décidé d?arrêter mon client plus de dix ans après les faits », dénonce Me Ravi Yerrigadoo.

Interrogé par la police, l?architecte incriminé a nié toute implication dans cette affaire et a remis en question le bien-fondé de son arrestation. Des perquisitions, effectuées à son bureau et à son domicile, n?ont rien donné. Il a été présenté devant le tribunal de Curepipe mercredi matin, avant d?être libéré sous caution.

« Nous espérons de tout c?ur remettre la main sur cette tapisserie. Elle a, pour la ville, une valeur historique », explique, de son côté, le Chief Executive de la ville. Celui-ci souligne, par ailleurs, que le « tapis d?Aubuisson » n?est pas le seul objet de valeur à avoir disparu lors des travaux de rénovation. Des lustres de grande valeur sont également portés manquants. D?aucuns montrent du doigt les services de la municipalité qui n?ont pas su « protéger » le patrimoine de la ville lumière.

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