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«Sithanen et les régulateurs doivent se concerter»
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«Sithanen et les régulateurs doivent se concerter»
● Le maintien du taux d?intérêt directeur à 8,25% est-elle une bonne décision ?
Le Monetary Policy Committee (MPC) a été créé selon le cadre légal de la Banque centrale. C?est sa responsabilité collective de ses membres de prendre des décisions relatives à la politique monétaire. Il n?y a aucun doute qu?en les nommant, le ministre des Finances a pris bien soin de désigner des personnes d?expérience ou qui ont prouvé leur capacité en gestion économique. Je leur fais donc confiance et je crois en cette décision collective du MPC.
● Pensez-vous qu?il faut rendre publics les voting patterns au MPC ?
Je pense qu?après les débats au comité, les décisions devraient être annoncées comme collectives et que tous les membres sont donc responsables de les défendre. Cela renforcerait la confiance dans l?institution.
● Le marché boursier est-il à l?abri des turbulences observées ailleurs ?
Bien que Maurice soit une petite économie, elle est ouverte au monde. Certainement, des incidences de la crise financière affecteront notre économie, sans que le système financier ne subisse forcément un grand bouleversement. Nos cadres régulateurs - la BoM et la FSC - font déjà le nécessaire pour que les impacts de la crise sur le marché financier soient convenablement amoindris.
● Mais en termes d?économie réelle, les incidences sur certains secteurs ne peuvent être évités. Qu?en pensez-vous ?
Ce serait très difficile de quantifier les répercussions de la crise sur différents secteurs - export, tourisme et flux de capitaux. Toutefois, dans le dernier budget, le gouvernement a pris soin d?augmenter considérablement le budget du tourisme. Pour les exportations en général, nos marchés niches devraient être sauvegardés. Mais il ne serait pas réaliste de dire que Maurice sera épargné complètement. C?est aux autorités de prendre les décisions nécessaires pour limiter les dégâts.
● Que suggérez-vous ?
Il faut se serrer les coudes, être plus rigoureux et veiller à l?application stricte des mesures.
● Pouvez-vous être plus explicite ?
Nous avons heureusement un système relativement bien régulé. Ce qu?il faut, c?est davantage de concertations entre la FSC, la BoM et le ministère des Finances. On ne peut continuer à travailler séparément. A ce niveau il faudrait des décisions collectives, pour éviter que la crise ne nous affecte exagérément. J?ai l?impression qu?aux USA, en Europe et ailleurs, les institutions régulatrices n?ont pas joué pleinement leur rôle. Ici, il faut tout faire pour restaurer la confiance, car c?est par elle que le système économique et financier peut se développer sainement et durablement.
● Comment redonner confiance ?
En parlant le même langage et en travaillant en équipe. Le problème de fond de la crise internationale tient en trois choses : la bonne gouvernance, la transparence et l?intégrité. Si ces principes étaient appliqués comme il le fallait, nous n?en serions pas là. Si l?acte est joint à la parole, il n?y a aucune raison que la confiance de la population ne soit pas restaurée.
● Vous avez été gouverneur de 1996 à 1998. Cela a-t-il été une partie de plaisir ?
Je me souviens de décisions très difficiles au début de mon mandat. Par exemple, le retrait de la licence d?opération de la Mauritius Cooperative Central Bank. Il y a eu aussi la crise financière du sud-est asiatique qui nous a préoccupés et d?où nous sommes sortis presque indemnes. Contrairement à ce que beaucoup avaient pensé, la confiance dans le secteur bancaire a été renforcée et sa profitabilité s?est accrue.
● Parlant de la profitabilité des banques, ne pensez-vous pas que les bénéfices réalisés sont aujourd?hui exorbitants ?
Nous vivons dans une économie libérale. J?estime que l?interest rate spread aurait pu être plus raisonnable. Cela s?applique aux prix d?achat et de vente des devises. Cela aiderait à l?épanouissement de notre économie.
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