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«Resident Evil 2 : Apocalypse»
Autrement dit, la suite d?un navet très réjouissant, Resident Evil, lui-même inspiré d?un jeu vidéo très populaire fonctionnant sur le principe des trois unités (de temps, de lieu et d?action, comme dans le théâtre classique, où les choses se passaient quand même assez différemment). Pour l?expliquer aux lecteurs qui ne seraient pas dans le coup : vous êtes lâché(e) dans un vaste lieu clos qui grouille de zombies assoiffés de sang humain et vous êtes censé(e) en dégommer le maximum et sortir du lieu clos. Bien sûr, il n?y a pas que des simples zombies, il y a aussi d?autres créatures plus horribles et d?autres qui le sont beaucoup plus, et plus la créature dégommée est horrible, plus vous récoltez de points, en plus de certaines capacités. Et, tout aussi sûrement, l?un de vos compagnons (car vous en avez) peut à son tour être mordu et se transformer en zombie.
Dans le premier Resident Evil, signé Paul Anderson, on découvrait que le lieu clos était un complexe de laboratoires appartenant à la très puissante Umbrella Corporation (imaginez Microsoft fusionnant avec Exxon et Boeing), situé juste sous une ville, quelque part. La cause de cette prolifération de zombies dans le complexe était la libération accidentelle d?un virus, ce qui amenait l?ordinateur contrôlant la sécurité à sceller toutes les issues et à liquider proprement et efficacement tous ceux y qui travaillaient. Milla Jovovich et son ami Matthew G. Taylor en réchappaient à la fin, mais les hommes de la Umbrella Corp. s?emparaient d?eux pour les soumettre à certaines expériences d?ordre génétique.
Ce premier volume s?étant révélé assez éloigné de l?univers du jeu, nombre de fans ne manquèrent pas de manifester leur mécontentement. Les producteurs flairant la bonne affaire promirent de rectifier le tir et c?est donc à cela que nous devons ce Resident Evil 2, avec un inconnu, Alexander Witt, à la réalisation ? peut-être pour remplacer Paul Anderson occupé à tourner Alien vs Predator.
Cette fois, la toute puissante Umbrella Corporation (qui semble avoir toute la ville dans sa poche) a décidé de rouvrir le complexe et le virus s?échappe. La population est ?zombifiée? à la vitesse grand V, mais comme seul un pont relie la ville au reste du pays, l?épidémie est assez facilement contenue. L?armée a isolé les rares survivants et les braves policiers se sont transformés en exterminateurs travaillant aux côtés des hommes de main de la Umbrella Corp. Aux portes de la zone d?isolement, il y a policiers et réfugiés, mais histoire de ne prendre aucun risque, les autorités décident de les tuer tous. C?est ainsi que trois membres d?une unité d?élite de la police dont Jill Valentine (Sienna Gregory) et un reporter, Terri Morales (Sandrine Holt) se retrouvent en pleine nuit dans la ville qui grouille de zombies. On passera sur le fait qu?en plus de cinquante ans, les morts-vivants au cinéma sont toujours incapables de se déplacer autrement que comme des individus ayant forcé sur la bouteille.
Selon vous, où ces quatre personnes vont-elles trouver refuge dans cette ville qui pullule de zombies (assoiffés de sang, répétons-le) surgissant de tous les coins et recoins mal éclairés ? Dans une église style néogothique. Évidemment, une fois à l?intérieur, ils se retrouvent coincés avec une foule de zombies tambourinant aux portes de l?extérieur, quelques-uns à l?intérieur, quelques créatures mutantes capables de grimper aux murs comme des lézards et n?ont d?autre choix que celui de livrer un combat héroïque.
Et Milla Jovovich (Alice, dans le film) ? Elle s?est entre-temps réveillée dans le bloc d?isolement d?un hôpital, s?est rendue compte que son corps a subi certaines modifications génétiques, a pris connaissance du désastre une fois sortie de l?hôpital et elle s?est munie d?un armement et d?une moto après avoir trouvé des vêtements. Tout ça pour passer avec sa moto, au travers du vitrail de l?église pile au moment où les fugitifs (devenus trois, entre-temps) tirent leurs dernières cartouches. Et, où vont ces personnages, une fois sortis de l?église, dans cette ville où (re-disons le encore une fois) les morts revivent pour dévorer les vivants ? Au cimetière. Le scénario est signé Paul Anderson, considéré comme le grand spécialiste de ce genre de concept, il est bon de le signaler.
Alexander Witt pour sa part, a travaillé ces trente dernières années comme réalisateur de la deuxième équipe, chef opérateur ou preneur d?images, pour quelques films très célèbres comme À la Poursuite d?Octobre Rouge, Thelma et Louise, Speed ou Gladiator. Alors que certains dans l?industrie du cinéma sont assez contents de leur emploi, quel qu?il soit, d?autres considèrent leur poste comme un apprentissage avec l?idée de mener plus tard leur propre carrière grâce au savoir qu?ils auront acquis auprès des plus grands.
Un public féminin ?
Considérant ce qui nous est offert dans ce film, Witt n?aura apparemment pas appris grand-chose sinon la manière de faire des films comme l?aurait fait n?importe quel réalisateur de vidéo-clips. Concrètement, les mouvements de caméra qui n?ont ni rime ni raison, des scènes d?action découpées et raccordées n?importe comment au montage et, les maniérismes finissent par l?emporter sur la narration. Ce qui est généralement irritant, et Resident Evil 2 ne fait pas exception.
Il y a bien sûr la présence de ce nouveau personnage de Jill Valentine, incarnée par Sienna Guillory. Elle n?a pas de supers pouvoirs comme Milla Jovovich, mais elle aussi sait distribuer les marrons et les châtaignes en plus d?être bonne acrobate et de savoir tirer avec un pistolet d?assaut dans chaque main. Comme Milla Jovovich, elle aussi est bien faite de sa personne et les deux sont de véritables bonbons pour les yeux. On aimerait croire, puisque le sujet est d?actualité, que les producteurs hollywoodiens nous ont offert un film d?action fantastique ? gore, avec deux héroïnes indestructibles, dans un esprit de parité.
Toutefois, un certain sens des réalités pousserait à croire que la démarche viserait plutôt à s?attirer les faveurs (et donc les deniers) d?un public féminin. Sans compter que les deux semblent s?être équipées chez Lara Croft, pour les vêtements, ce qui signifie qu?elles sont assez découvertes. C?est joli, d?accord, mais est-ce bien prudent, dans un environnement où grouillent les zombies anthropophages, prêts à mordre dans n?importe quelle partie exposée ? Il y a aussi, les monstres mutants : les dobermans, les ?grimpeurs? et le Nemesis.
Ils sont suffisamment horribles et ont l?air assez menaçant pour qu?on les trouve réussis. Certains portent des armures autour du thorax, c?est-à-dire là où les balles ne leur font aucun effet, puisque seul un impact à la tête peut les tuer. Alors, pourquoi s?acharnent-ils tous à leur tirer sur toutes les parties du corps, excepté à la tête ? À vrai dire, ces monstres mutants n?ont l?air d?être là que pour faire gagner des points à un joueur qui de par son absence manquera d?intéresser les spectateurs.
C?est dire que toute cette histoire (la fille à sauver, la bombe atomique qui sera lâchée sur la ville, etc.) ne rime à absolument rien ; aucun suspense, aucune surprise et encore moins le frisson de paranoïa du jeu original. On imagine que ce film est destiné à un public d?adolescents, mais on imagine mal ces derniers se contentant de mutants surarmés et de zombies tombant sous la mitraille, exceptés dans certains cas, évidemment. Parents, si vous rencontrez un adolescent qui vous dit avoir aimé Resident Evil 2, ne le laissez pas approcher vos enfants !
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