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«Que sont devenus les principes du MMM ?»
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«Que sont devenus les principes du MMM ?»
L?opposition s?est rendue à Triolet, au c?ur même de la circonscription qui a élu Dev Hurnam, pour réclamer sa démission. Aussi avocat, il est condamné pour avoir essayé de pervertir la justice. Mais, hier, on a davantage fait le procès du Mouvement militant mauricien (MMM), le parti de Dev Hurnam et de son leader, Paul Bérenger. Quelque 2 000 personnes (6 000 selon les organisateurs) s?étaient déplacées pour l?occasion.
L?attitude du MMM envers le député inculpé contraste avec les valeurs et principes défendus jadis par ce parti. Les intervenants ont puisé dans son passé pour soutenir ce constat. Ils ont rappelé l?épisode Ivan Collendavelloo en 1989. Le MMM avait demandé au député de démissionner uniquement parce qu?il s?était porté garant du passeport de l?hôtelier sud-africain, Sol Kerzner, alors que son parti s?opposait à l?apartheid.
« Aujourd?hui, ce même MMM soutient quelqu?un qui est formellement inculpé par la cour. Où sont ces valeurs et ces principes pour lesquels il s?est toujours battu ? A présent, il ne reste que cette volonté de Paul Bérenger d?être au pouvoir coûte que coûte », conclut Navin Ramgoolam, leader de l?opposition et du Parti travailliste.
Il reconnaît le droit à Hurnam de faire appel contre le jugement de la cour intermédiaire qui l?a condamné à six mois de prison. Mais en attendant d?être blanchi comme il l?espère, le député aurait dû prendre congé du barreau et du Parlement, estime le leader de l?opposition.
« Le principe, l?éthique et la morale dictent à Dev Hurnam de se retirer », déclare Navin Ramgoolam. Mais le député n?y fait rien parce qu?il est cautionné par son parti. « Paul Bérenger est le plus grand soutirèr du pays. Car ce n?est pas le premier faux pas de Dev Hurnam. Il s?est déjà attaqué à l?intégrité des magistrats, de la Directrice des poursuites publiques et des juges.»
sur la même longueur d?onde
Madun Dulloo, Satish Faugoo, Arvin Boolell, Rama Valayden et Cader Hossenally ont tous eu la même analyse. Rama Valayden ne s?étonne guère que Bérenger agisse de la sorte. « N?a-t-il pas soutenu Toorab Bissessur, complice dans les meurtres de la rue Gorah-Issac ? » Pour l?opposition, l?épisode Hurnam vient une nouvelle fois démontrer que Paul Bérenger n?est pas « digne » de devenir Premier ministre du pays. Choisissant de se faire comprendre par des paraboles fort imagées, Harish Boodhoo a déclaré à l?assistance que le peuple a besoin d?émules pouvant démontrer une droiture morale sans faille. Si non, c?est tout le pays qui prend une mauvaise pente.
Il a annoncé son intention de reprendre son bâton de pèlerin d?ici deux semaines. Sa mission : exposer le « vrai visage » de ce gouvernement et expliquer pourquoi Paul Bérenger ne doit pas devenir Premier ministre. Harish Boodhoo fustige aussi le Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth pour son « laxisme » et son « manque d?ambition » pour le pays alors que lui-même possède déjà une grosse fortune.
« Tout ce qu?il me faut, c?est le feu vert des leaders de l?alliance de l?opposition et le soutien de la population. D?ici deux semaines, nous amorcerons la prise de Port-Louis », dit-il. Navin Ramgoolam a appelé à la mobilisation générale : « Il faudra remporter la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart.Personnellement, je suis prêt à tous les sacrifices.»
Les changements dans la programmation à la station nationale de radio télévision ont aussi beaucoup fait parler les dirigeants de l?opposition. La manifestation prévue devant les locaux de la Mauritius Broadcasting Corporation pour cet après-midi est annulée, la corporation ayant accepté de faire marche arrière.
tenu à l?écart
Navin Ramgoolam et Madun Dulloo, entre autres, se sont moqués de la position adoptée sur la question par le Premier ministre, mardi dernier au Parlement. Ils ont présenté Sir Anerood comme quelqu?un qui ne savait même pas qu?il allait y avoir des changements au programme télé. Quelqu?un qui aurait été délibérément tenu à l?écart. La motivation serait de contrôler la radio et la télévision publiques, ce que le MMM aurait cherché à faire à chaque fois qu?il se trouve au pouvoir.
Les orateurs n?ont fait qu?effleurer les déboires de la commission anti-corruption avec le gouvernement. Madun Dulloo a été parmi les plus incisifs. Il a dit avoir attiré l?attention sur les dysfonctionnements de l?Independent Commission against Corruption (ICAC) depuis le début de l?année. Il a fini par ne plus participer aux travaux de la commission parlementaire chargée de prendre l?ICAC en tutelle. « On est en train de brider cette institution. On l?utilise pour étouffer des affaires. On la pousse à enquêter sur certaines choses tout en sachant qu?elles seront rejetées en cour et, de cette manière, on protège ses amis », analyse Madun Dulloo.
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