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«N?oubliez pas la débâcle de Jugnauth en 95»
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«N?oubliez pas la débâcle de Jugnauth en 95»
La polémique autour des langues orientales dans la comptabilisation des points au CPE prend désormais une tournure politique. Hier à Cassis, les animateurs de la réunion de conscientisation sur le kreol ont prévenu le gouvernement qu?il risque de vivre la même expérience que celle de Sir Anerood Jugnauth en décembre 1995 si rien n?est fait avant les prochaines élections en faveur des 43 % d?enfants qui n?étudient pas une langue orientale. « Si zamais pas gagne justice, prochaine élection nous pou fer le nécessaire couma ti fer avec Jugnauth en 95 », a averti Jean Maurice, responsable de la Plate-forme de l?Unité des créoles sous les applaudissements nourris de l?assistance. Ils comptent véhiculer le même message dans leurs prochaines réunions à travers l?île.
La réunion, qui s?est déroulée dans la cour de la cure de Saint-Sacrement, a pris l?allure d?un meeting de quartier et a attiré une bonne petite foule. Un peu plus de 200 personnes avaient fait le déplacement. Un auditoire très enthousiaste qui n?a pas manqué d?apporter son grain de sel tout au long de la réunion.
UN TON MODÉRÉ
Contrairement à leur première réunion de mobilisation à Plaisance, le 3 février, qui avait donné lieu à des dérapages, les organisateurs ont utilisé hier un langage et un ton plus modérés sur la question des langues orientales. Ce mouvement de contestation comprend la Plate-forme de l?Unité des Créoles, les fédérations de parents-enseignants (PTA) des écoles primaires et secondaires catholiques et d?autres associations se réclamant proches des catholiques.
Tous les intervenants ont pris soin de souligner qu?ils ne sont pas contre les langues orientales au CPE et affirment que leur démarche n?a « rien de communale». Leur combat, disent-ils, concerne les 43 % d?enfants qui n?étudient pas cette matière. Ils réclament donc « justice » pour ceux-là. « Ena tou communauté dans sa 43 % zenfants là. Pas ziste catholiques qui concernés. » a soutenu Denis Grand-Port, président de la Fédération des PTAs des collèges catholiques.
Les intervenants ont dit qu?ils sont des « citoyens responsables » et qu?ils ne feront rien pour empêcher ceux qui se sont préparé aux examens dans cette matière d?y prendre part cette année. Ils réclament tout simplement, disent-ils, une matière en option pour ces 43 % d?élèves. Ils sont revenus à la charge avec la question du kreol comme matière au programme d?études du primaire.
Les animateurs souhaitent que le gouvernement prenne une décision sur la question le plus vite possible. Les organisateurs signalent qu?ils observeront une trêve pendant le carême chrétien qui débute mercredi prochain. Clifford Maniacara, président de la Fédération des PTAs des écoles primaires catholiques, prévient que, si après le carême, ils n?ont toujours pas obtenu satisfaction auprès du gouvernement, le mouvement reprendra sa campagne de conscientisation. Les organisateurs menacent de descendre dans la rue pour manifester devant le siège du ministère de l?Education à Phoenix.
«CADEAU EMPOISONNÉ»
La question des 50 % de places réservées dans les collèges catholiques a aussi été évoquée. Denis Grand-Port est d?avis que le critère social pour l?admission suggéré par le gouvernement peut se révéler « un cadeau empoisonné » si l?Eglise catholique n?y fait pas attention. Il souligne que le gouvernement jusqu?ici n?a pas encore défini ce qu?il considère être un critère social et il a demandé à l?assistance d?être très vigilante à ce sujet. Le président de la Fédération des PTAS des collèges catholiques estime que c?est aux responsables de l?éducation catholique de concert avec ses « stakeholders » de décider des critères qui sont valables pour entrer dans ses collèges.
Les orateurs n?ont pas ménagé le Premier ministre et les députés de la circonscription lors de leurs interventions. Ils attendent ces derniers « de pied ferme ». Quant au Premier ministre, ils lui demandent de « préparer son gilet de sauvetage ». Les habitants de Cassis « ne sont plus des dépôts fixes ». «Nou pas pou la guerre are li, nou pas pou servi violence. Nous pou noye li are nou la croix », a insisté, pour sa part, Clifford Maniacara.
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