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«Maurice n?a plus le choix»

16 septembre 2005, 20:00

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Etes-vous d?accord avec le Premier ministre quand il dit que les hôteliers ne font pas assez d?efforts ?

Ce commentaire émane de deux constats. Premièrement ? les prix des chambres d?hôtel auraient pu être plus flexibles pendant les périodes de basse saison. Deuxièmement, les hôtels n?offrent souvent pas de choix au client en ce qui concerne le package. Ils ont soit le choix entre une demi-pension ou une all inclusive package. Ce qui fait que le touriste a tendance à rester à l?hôtel et ne pas sortir. Quand j?avais dit qu?il y avait un dialogue de sourds entre les hôteliers et Air Mauritius, c?était ce à quoi je faisais référence.

Le Premier ministre avait mentionné un rapport que vous lui avez montré ?

Il y a effectivement un rapport qui a été compilé par le Word Travel and Tourism Council en 2004. Le rapport est sous la forme de ratio des prix des hôtels comparés au coût de la vie. Des 205 destinations, Maurice sort dernière Cela apporte de l?eau au moulin de gens qui disent que les hôteliers auraient pu faire plus d?efforts.

Mais pourquoi y a-t-il une telle réticence à baisser les prix durant la basse saison ?

Quelles que soient les raisons, le problème sera réglé par les forces du marché. Que ce soit au niveau aérien ou au niveau des prix d?hôtel. Avec l?ouverture de l?accès aérien et les nouveaux hôtels, les prix auront à tenir en considération la réalité du marché.

Justement, n?avons-nous pas trop d?hôtels ?

Non au contraire. Nous constatons que malgré le taux de remplissage de 60 %, les hôtels sont encore profitables. Mais plus important encore, c?est que Maurice n?a plus de choix. Le textile va mal, le sucre est menacé et on se replie donc sur le tourisme.

Ne met-on pas trop d?espoir sur le tourisme ?

Il ne faut en effet pas exagérer et dire que le tourisme est notre seule option. Ce n?est pas bon de dire cela parce qu?il faut continuer à trouver des moyens de faire mieux dans d?autres secteurs. Mais disons que dans l?immédiat, le tourisme doit faire l?effort tant que faire se peut.

«Dans le monde de l?information, le consommateur est bombardé d?images. Et pour qu?une destination réussisse, il faut projeter une image plus forte que celle de son concurrent.»

Le dialogue de sourds que vous mentionnez plus haut, est-il dû à une confusion par rapport à ce que nous voulons finalement ? Haut de gamme, bas de gamme ou entre les deux ?

Ecoutez, il vaut mieux avoir beaucoup de touristes riches que peu de touristes riches. Pour moi, il n?y a pas de conflits. Il y a certains marchés qui sont des marchés riches, qui donneront principalement des touristes haut de gamme. D?autres marchés, parce qu?ils sont près de nous et moins riches que d?autres, donneront des touristes moins haut de gamme. Le ministère va donc, dans sa politique faire une ségrégation des marchés.

Donc l?un n?exclut pas l?autre ?

L?un n?exclut pas l?autre. Cela dépend du marché. On ne peut pas avoir deux images sur le même marché.

Vous parliez du problème d?identité de la destination mauricienne l?autre jour. Que vouliez-vous dire ?

Dans le monde de l?information, le consommateur est bombardé d?images. Et pour qu?une destination réussisse, il faut projeter une image plus forte que celle de son concurrent. Il faut donc revoir notre branding. Et une fois que l?on tombe d?accord sur l?image, il faut qu?elle soit visible.

Et quelle est cette image que Maurice, en tant que produit, va projeter ?

Justement, l?idée c?est d?avoir des consultants internationaux spécialisés dans la marque pour étudier le projet.

Cela va se faire très vite.

Le Premier ministre annonçait qu?avec l?arrivée d?un deuxième transporteur français, nous aurons le potentiel de 50 000 touristes additionnels. Comment remplir ces vols ?

C?est la raison pour laquelle le deuxième transporteur doit avoir la capacité de générer plus de touristes sinon on va se retrouver dans une situation pas très correcte. évidemment, nous savons que cela ne va pas porter ses fruits tout de suite. Il est entendu que ce ne sera pas avant avril 2006 que nous allons commencer les vols additionnels car il faut permettre au second transporteur de développer son marché. Vous savez, il y a le danger aussi que quand le second transporteur arrive, qu?Air France peut retirer ses vols. Or ce n?est pas ce que nous voulons.

Est-ce qu?Air France a déjà exprimé des réserves ?

Pas encore mais elle a exprimé certaines inquiétudes. Ils sont un peu inquiets et c?est normal. C?est à nous de rassurer. La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) aussi doit suivre. C?est un risque qu?on prend mais un risque calculé quand même.

Vous parlez du deuxième transporteur français sans le nommer. Or le Premier ministre annonçait avant même la signature de l?accord que ça allait être Corsair. N?était-ce pas un peu mal inspiré ?

Pas du tout. L?accord prévoit que c?est la France qui va nommer le transporteur mais cela n?empêche pas Maurice de signifier sa préférence.

Ce n?était pas juste une préférence que le PM exprimait?

Les gens ne comprennent pas comment cela marche. Ce n?est pas Maurice qui choisit. Nous avons exprimé une préférence mais la décision finale revient au gouvernement français.

Le trop de touristes nuirait-il à notre image ?

Non, je ne pense pas. De toutes les façons, comme je l?ai dit plus haut, Maurice n?a pas de choix.

«J?ai proposé au gouvernement de changer les attributions de la MTPA et de les élargir pour qu?elle puisse s?occuper aussi du produit qu?est la destination.»

La politique de libéralisation de l?accès aérien de votre gouvernement n?est finalement pas si différente de celui de l?ancien?

C?est très différent. Il faut savoir qu?il y a un rapport qui existe ? je vois que beaucoup sont en train de commenter sans même connaître l?existence de ce rapport publié en décembre 2004. Ce rapport nous demande d?être prudents et nous avons été au-delà de ce qui y est préconisé.

Y aura-t-il un changement à la MTPA ?

Oui. J?ai proposé au gouvernement de changer les attributions de la MTPA et de les élargir pour qu?elle puisse s?occuper aussi du produit qu?est la destination. C?est elle qui prendra en charge éventuellement la Citadelle et va aussi aider à améliorer la destination dans toutes ses formes. Le produit globalement doit être revu. La loi sur la MTPA est en préparation et j?espère qu?elle pourra passer avant la fin de cette année.

Et à la tête ?

Non, c?est toujours la même personne. Elle reste.

Parlons politique. êtes-vous satisfait des discussions que vous avez eues avec le Parti travailliste concernant la répartition des tickets ?

Ah oui. Nous sommes en alliance et donc il a bien sûr eu des consultations. Il a fallu la signature du secrétaire général du PMXD sur cette liste.

Quel est le problème de Sylvio Michel ?

Je ne sais pas, je n?ai pas eu de consultations avec lui.

Et comment interprétez-vous cette polémique entre Jean Mée Desvaux et Pravind Jugnauth ?

(Hésitations?) Bon, déjà je pense honnêtement que l?ancien gouvernement était catastrophique. Maintenant après cinq ans, venir dire « pa mwa sa, li sa », ce n?est pas très joli. Ce n?est pas après avoir été conseiller et qu?on a perdu qu?il faut venir servir de porte-parole à Paul Bérenger. On sait très bien que Bérenger veut se débarrasser de Pravind Jugnauth et le faire remplacer par un autre Jugnauth. Desveaux est en train de faire le dirty work de Bérenger.

Est-ce que le PMSD serait en train de prendre son envol avec ses trois nouvelles recrues ?

Parce que Monsieur Guimbeau n?a pas eu le courage d?être un transfuge ? (Rires?) Et parce qu?il veut que le PMSD soit un forum de débats et d?idées alors qu?il n?a jamais fait un discours ? Cela me fait rire tout ça.

Est-ce qu?il y a eu des tractations entre Guimbeau et vous-même avant qu?il n?intègre le PMSD ?

(Rires?) Rien de public !

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