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Budget 2026-2027
Des mesures saluées, des attentes toujours présentes
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Budget 2026-2027
Des mesures saluées, des attentes toujours présentes
Réforme des pensions, pouvoir d’achat, intelligence artificielle, mesures sociales ou encore soutien aux secteurs vulnérables… Le Budget suscite des réactions contrastées. Si certains saluent une vision tournée vers l’avenir, d’autres attendent des réponses plus concrètes aux difficultés du quotidien.
François Antonio : «Je reste sur ma faim concernant le pouvoir d’achat»

«Pour moi, c’est un Budget moyen. Le gouvernement a essayé de trouver un équilibre sur le plan social et de réadapter certaines mesures, surtout après les grognes exprimées par la population, notamment autour des retraités. Il y a eu une volonté de revoir certaines décisions, mais il faudra attendre pour voir les résultats concrets de ces annonces.
Malgré certaines mesures positives, je reste sur ma faim. Je m’attendais à davantage sur le volet socio-économique, surtout en ce qui concerne le pouvoir d’achat, l’inflation et la hausse des prix. Sur ces aspects, qui touchent directement le quotidien des familles, j’ai l’impression que les choses sont restées plus ou moins au même niveau.
Maintenant, il faudra voir, dans les prochains mois, s’il y aura d’autres ajustements, notamment concernant le prix du carburant ou du gaz ménager. Ce sont des mesures que beaucoup de citoyens attendaient. La grande question est de savoir si le pouvoir d’achat sera réellement rééquilibré ou si nous allons continuer à faire du surplace.»
Christophe Le Roux : «La réforme de la pension doit être mieux expliquée à la population»

«Ce qui m’a le plus marqué dans ce Budget, c’est évidemment la réforme de la pension de vieillesse. Beaucoup de personnes ont retenu que la pension revient à 60 ans et elles s’en réjouissent. Mais je pense qu’il faut aller plus loin dans les explications, car tout le monde n’a pas forcément compris qu’il existe désormais un mécanisme de calcul derrière cette mesure et que certaines personnes ne percevront pas nécessairement la pension complète.
À mon avis, le gouvernement doit mener de véritables campagnes de sensibilisation pour expliquer pourquoi cette réforme a été mise en place, comment elle fonctionnera et quelles seront ses implications, non seulement pour les retraités d’aujourd’hui, mais aussi pour les générations futures.
Un autre point qui m’interpelle concerne les nouvelles dispositions relatives aux plaques d’immatriculation. Je pense qu’il faut prendre en considération le cas particulier des voitures de collection. Ces véhicules font partie de notre patrimoine. Ce sont des musées roulants, entretenus par des passionnés, et ils ne devraient pas être traités de la même manière que des véhicules ordinaires.»
Ritesh Ragudu : «La transformation numérique est une opportunité pour Maurice»

«Je pense que ce Budget trouve un équilibre entre vision d’avenir et réalités économiques. Les investissements dans l’intelligence artificielle, la digitalisation, l’éducation, l’eau et l’énergie montrent une volonté claire de préparer Maurice aux défis de demain. En tant que professionnel du numérique, je salue particulièrement cette accélération de la transformation numérique, porteuse d’efficacité, de nouvelles opportunités et d’une meilleure compétitivité.
Sur le plan social, certaines mesures vont également dans le bon sens, notamment le soutien aux femmes enceintes, le congé menstruel ainsi que le congé de paternité de six semaines, qui apportent une dimension plus moderne et inclusive au monde du travail.
Reste toutefois une préoccupation majeure pour les Mauriciens : le coût de la vie. Certaines taxes et redevances annoncées risquent d’être difficiles à absorber pour une partie des ménages. Au final, tout dépendra de l’exécution. C’est la capacité à transformer ces annonces en résultats concrets et visibles pour la population qui fera la différence.»
Angella Radegonde : «Sa bidze la pa pou ena okenn linpak lor nou»

«Sa bidze-la pa pou ena okenn linpak lor nou, nou res touzour a laryer mem. En tant que pêcheuse, je ne trouve pas qu’il y ait des mesures favorables aux petits pêcheurs comme nous. Li pe privilezie bann semi-indistriel, mais je ne vois pas de mesures en faveur des femmes pêcheuses, ni de révision des allocations pour le mauvais temps.
Nous, les femmes pêcheuses de Poudre-d’Or, nous avons la carte pour aller pêcher en dehors du lagon, mais comment allons-nous faire ? Nous pêchons les huîtres et les crustacés. Nous vivons en bord de mer et le métier de la pêche se transmet de génération en génération. Sa metie-la, li dan nou lam.
Il n’y a aucune mesure pour expliquer comment les pêcheurs seront formés afin de s’adapter à la pêche en dehors du lagon. Qui va enseigner aux jeunes comment construire un casier ? De plus, les coûts augmentent d’année en année. Les fils de fer utilisés pour les casiers augmentent également, tandis que le bambou devient rare. Il y a un projet de port, mais je ne sais pas comment nous allons en bénéficier. Donc, je ne pense pas que ce Budget aura un impact sur nos vies.»
Manoj Bhuckory : «Pas de grandes améliorations»

«Depi sa gouvernmanla inn eli, nou tou pe soufer mem. Il n’y a pas eu de bonnes explications sur le régime de pension. Eski nou pansion pou koupe ? Eski li pou diminie ? Nou pa kone.
Je touche la pension de vieillesse, mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’inquiéter du sort des autres personnes. Mes amis du même âge sont eux aussi dans le flou. En vérité, s’il faut attendre l’âge de 65 ans pour toucher la pension, je ne trouve pas que c’est une bonne chose.
Il y a beaucoup de personnes qui sont malades et ki pa pou viv sa laz-la. Beaucoup de gens, après 60 ans, continuent de travailler très dur dans des métiers physiques qui demandent beaucoup d’efforts. Comment vont-ils faire ? De plus, je connais plusieurs personnes qui souffrent de stress. En définitive, je ne vois pas de grandes améliorations.»
Yakshini Mattarooa : «Sa réussite dépendra avant tout de sa mise en œuvre»

Le Budget 2026-2027 se présente comme un budget de responsabilité et de modernisation. Toutefois, derrière les annonces ambitieuses, plusieurs défis demeurent.
Certes, le déficit budgétaire devrait reculer à 3,7 % du PIB et la dette publique suivre une trajectoire descendante. Bien que le gouvernement mette en avant cette réduction progressive, la dette demeure à un niveau préoccupant, largement supérieur aux seuils généralement considérés comme soutenables pour une petite économie ouverte comme Maurice.
La réforme fiscale constitue l’une des mesures les plus controversées. L’introduction d’une nouvelle tranche à 35 % pour les hauts revenus renforce la justice fiscale, mais risque également de décourager certains investisseurs, expatriés et entrepreneurs dont l’économie mauricienne dépend largement.
L’enthousiasme affiché autour de l’intelligence artificielle contraste avec la modestie des investissements annoncés. Former 50 000 Mauriciens à l’intelligence artificielle (IA) est ambitieux, mais sans infrastructures robustes, innovation locale et création d’emplois qualifiés, l’IA pourrait rester davantage un slogan politique qu’un véritable levier de transformation économique. En somme, ce Budget est porteur d’espoir, mais sa réussite dépendra avant tout de sa mise en œuvre.
Sandrine Julien : «Prévoir un espace d’accueil pour les personnes LGBTQIA+»
«Dans l’ensemble, je vois ce Budget de manière plutôt positive, avec plusieurs mesures qui vont dans le bon sens. Concernant les violences domestiques, je salue le renforcement du cadre légal, mais je regrette la définition du terme «spouse» dans le projet de loi, qui peut exclure certaines personnes, alors qu’il s’agit d’un texte important.
Les shelters et les halfway homes sont de bonnes initiatives. Mais il aurait également été important de prévoir un espace d’accueil pour les personnes LGBTQIA+ en situation de vulnérabilité ou de rejet familial.
L’allongement du congé de maternité est une avancée que je salue. Il faudra toutefois veiller à ce que cela ne crée pas de désavantage pour les femmes sur le marché du travail et à ce que les employeurs jouent le jeu.
Les mesures contre le bullying à l’école vont dans la bonne direction, mais il est essentiel d’inclure également le harcèlement visant les jeunes LGBTQIA+, qui restent particulièrement exposés.
Globalement, c’est un Budget qui enregistre des avancées positives en matière d’inclusion et de protection, mais qui peut encore être renforcé sur certains points.»
Julien Permal : «Les réformes doivent créer plus d’opportunités pour les Mauriciens»

«À mon avis, ce Budget marque une rupture avec celui de l’année dernière. Le Budget précédent était davantage concentré sur des mesures immédiates pour soutenir le pouvoir d’achat, alors que cette fois, on sent une volonté de mettre l’accent sur la discipline budgétaire, la réforme des pensions et la transformation économique du pays. Je salue certaines orientations prises, notamment autour de l’intelligence artificielle, de l’innovation, des énergies renouvelables et de l’attraction des investissements. Ce sont des secteurs importants pour préparer l’avenir.
Cependant, beaucoup de Mauriciens se demandent encore comment ces mesures vont réellement améliorer leur quotidien. Les réformes sont nécessaires, mais elles doivent se traduire concrètement par plus d’opportunités, davantage d’emplois et une meilleure prospérité pour la population.
Je tiens aussi à souligner une mesure importante concernant la pension des parlementaires. Une proposition défendue l’année dernière par le député Khushal Lobine a finalement été retenue dans ce Budget, à savoir que la pension des parlementaires soit payable à partir de 60 ans au lieu d’être accordée après deux mandats. C’est une décision qui apporte plus d’équité, qui aligne davantage ce système avec celui des autres travailleurs et qui permet une gestion plus responsable des fonds publics.»
Sébastien Diolle : «Ce Budget ne tient pas compte de la réalité que vit la population»

«Ce Budget ne tient pas compte de la réalité que vit la population. Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de vivre dignement à cause de la hausse des prix et de la baisse du niveau de vie. Avec les nouvelles taxes sur le plastique et les produits sucrés, le coût de la vie à Maurice va encore augmenter. Les produits de base comme les yaourts, le lait, les jus en bouteille, l’eau et les aliments pour bébés vont coûter plus cher. Ce sont des taxes indirectes qui vont surtout toucher les familles. Le fonds de stabilisation des prix n’a pas fonctionné. Il n’a pas aidé à faire baisser les prix. Au contraire, il semble surtout profiter aux importateurs et aux distributeurs. Cet argent aurait pu être donné directement aux familles en difficulté, par exemple sous forme de bons d’achat utilisables dans les supermarchés. Ce Budget ne répond pas aux problèmes quotidiens des familles à faibles revenus.»
Shantosh Seewooruttun : «Un Budget ne doit pas seulement être ambitieux sur papier»

«Le Budget affiche de grandes ambitions, notamment dans le numérique, l’intelligence artificielle, la sécurité alimentaire et les infrastructures, mais il reste à voir s’il répond réellement aux difficultés quotidiennes de la population mauricienne. À mes yeux, il comporte trop de mesures qui risquent de faire porter l’effort budgétaire surtout sur les citoyens ordinaires, les classes moyennes et les petits entrepreneurs. La hausse continue de la taxe sur les produits sucrés, désormais portée à 15 % et étendue à davantage de produits, me paraît discutable, car le sucre n’est pas à lui seul la cause du diabète, et d’autres substances ou produits plus nocifs auraient pu être davantage ciblés. Cette mesure risque surtout de pénaliser les petites entreprises locales et de limiter davantage le pouvoir d’achat des consommateurs.
De plus, la réforme des pensions et d’autres ajustements fiscaux donnent l’impression que l’équilibre budgétaire se fait encore une fois au détriment des plus vulnérables. Enfin, il reste à savoir combien de ces projets annoncés vont réellement démarrer et combien vont aboutir, compte tenu de la tendance observée dans le passé et du faible taux de réalisation des projets publics déjà dénoncé récemment. Un Budget ne doit pas seulement être ambitieux sur le papier, il doit être juste, crédible et concrètement réalisable.»
Magali Freyneau : «On est en train de tuer la classe moyenne»

«Il y a quand même de bonnes mesures concernant les personnes défavorisées, le secteur de l’éducation, surtout le Special Needs, la santé, le congé menstruel ainsi que les congés de maternité et de paternité. Ils ont joué sur les émotions des gens. Je suis un peu comme Neelkanth Dulloo. Moi non plus, je n’attache aucune importance aux effets d’annonce. D’un autre côté, on est en train de tuer la classe moyenne. Le pouvoir d’achat va encore baisser. Rien n’a été annoncé pour soulager les ménages.
Concernant l’intelligence artificielle (IA), nous allons tout droit vers la suppression des emplois humains. Demain, même vous, en tant que journaliste, pourriez être remplacé par l’IA. En ce qui concerne la pension de retraite, nous allons continuer à travailler et à contribuer pour récolter des cacahuètes.»
Cedric Radami :«La sécurité alimentaire demeure un enjeu stratégique majeur»

«Je considère que ce Budget comporte plusieurs mesures positives, notamment la réforme du système de pension, qui était attendue depuis longtemps afin de mieux orienter les ressources publiques vers les personnes les plus vulnérables.
L’introduction du congé menstruel, ainsi que les améliorations apportées aux dispositions relatives à la maternité, constituent également des avancées sociales importantes. Toutefois, il conviendra de veiller à ce que leur mise en œuvre ne crée pas de contraintes susceptibles d’affecter le recrutement ou l’évolution professionnelle des femmes. Il sera également important d’accompagner les PME afin qu’elles puissent assumer les coûts supplémentaires liés à ces mesures.
Enfin, bien que le Budget prévoie certaines initiatives en faveur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, j’aurais aimé voir davantage de mesures visant à stimuler l’agro-entrepreneuriat, à renforcer notre autosuffisance alimentaire et à réduire notre dépendance aux importations. Dans un environnement mondial de plus en plus incertain, la sécurité alimentaire demeure un enjeu stratégique majeur pour l’avenir du pays.»
Charlotte Henri, gérante d’une onglerie à Rodrigues : «Pena nanye ki pou aport enn plis dan nou lavi»

«Pena nanye ki pou aport enn plis dan nou lavi dan sa Bidze-la. Pour les petites entreprises comme nous, il n’y a toujours rien pour nous encourager à aller de l’avant. De plus, je trouve qu’en tant que petite entreprise qui emploie des femmes, je ne vois pas comment on va faire pour payer les congés de maternité. On attendait aussi beaucoup qu’il y ait un changement concernant la TVA que nous devons réclamer aux clients, mais rien n’a été fait. Nou gagn gro problem avek sa. Pena nanye de bon ladan, apart pou bann manze pwason. Au lieu de faire des progrès, nous nous trouvons dans une situation kot nou pou desann plis.»
Ved Luchmun, entrepreneur, directeur de Food Worth Co Ltd : «Globalement je trouve que c’est un bon budget»

«Globalement je trouve que c’est un bon budget, même si je trouve qu’on aurait pu mieux faire concernant le secteur des PME. Ti bizin ena bann mezir pli for an faver bann PME. Il y a encore et toujours beaucoup de lenteurs dans le processing des démarches, la paperasse prend encore trop de temps. Pour ce qui des privilèges des députés et ministres sur leurs pensions je pense que c’est une bonne chose qu’on aurait dû faire plus tôt. Ti bizin ena plis konsiderasion pou bann antrepriz engaze dan exportasion. Il fut un temps ou le secteur textile nous fournissait beaucoup de devises car nous exportions beaucoup, mais ce temps est révolu. Pour exporter plus, il faut produire plus, c’est de cette façon qu’on aura plus de devises. Des gros projets comme le Rivière-des-Anguilles Dam est une bonne chose, mais il faut aussi voir notre production d’électricité, qui va encore augmenter dans les prochaines années.»
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