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Kronik KC Ranze

Réalités

21 juin 2026, 09:30

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Réalités

Les résultats préliminaires du dernier Household Survey ont été publiés il n’y a pas longtemps et ils comportent des paramètres intéressants qui méritent d’être rappelés, surtout après le budget. Il y avait 369 000 foyers à Maurice en 2023. Chaque foyer était composé de 3,2 individus en moyenne, un chiffre qui baisse des 3,4 de 2017. Par contre, 2,1 individus travaillent par foyer, en hausse de 2,0...

La moyenne mensuelle des revenus disponibles pour chaque foyer évoluait de Rs 36 803 en 2017 à Rs 55 600 en 2023, une progression assez spectaculaire de 51,1 % . Cependant , si l’on fait un ajustement pour la taille moyenne des foyers mauriciens ainsi que pour l’inflation de 31,1 % sur la même période, cette progression est ramenée à 21,1 %. C’est loin d’être négligeable même si le progrès annuel moyen impressionne évidemment moins…

Mais il faut aussi souligner que cette moyenne mensuelle des revenus disponibles ne dépendait plus des salaires qu’à 62 % (vs 68 % en 2017) et que les revenus des foyers dépendaient bien plus des transferts sociaux qui passaient de 19 % à 25 % du total ! Sur cette période, en sus de l’augmentation des pensions et des allocations CSG, les pensionnés eux-mêmes progressaient déjà de 17,6 % de la population à 22,2 %... Selon l’OMS, ils seront 36,5 % en 2061…

Cette équation voulue et souhaitée, d’un pouvoir d’achat supérieur, en partie soutenue par plus de transferts sociaux, permettant plus de consommation, est à la base des difficultés financières dont le pays a hérité et qu’il faut désormais tacler, combien même c’est difficile politiquement : balance commerciale et de compte courant déficitaires, proportionnellement moins de production, faible productivité, déficits budgétaires menant à un endettement national de moins en moins soutenable. La posologie est connue et elle ne peut qu’être amère. Du moins pour un temps. Jusqu’à ce que ce pays s’en sorte de la forte fièvre du vivre-continuellement-au-dessus-deses-moyens…

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Tiens !

Donald J. Trump semble avoir arrêté une guerre cette semaine. C’est bien ! Il est vrai qu’il avait déjà annoncé cette possibilité près de 40 fois depuis mars, mais cette fois, ce n’est plus une annonce unilatérale. Même l’Iran dit être de la partie ! Il ne s’agit en fait que d’un MoU, déjà signé lundi, qui ouvre d’une part, la perspective de discussions sur les sujets difficiles qui restent et qui ouvre d’autre part, aussi le détroit d’Ormuz. Mais on ne saura si cette «paix» est pour de bon… qu’au cours des 60 prochains jours.

Et s’il faut toujours dire la vérité, comme le répétait ma mère quand je n’étais pas grand, M. Trump a arrêté une guerre… qu’il avait lui-même commencé et stratégiquement, il l’a définitivement perdue !

❝«Pour vivre heureux, vivons cachés… des réalités !» Vivien Bourrié

Car ce qui est certain, c’est qu’à ce stade, nous sommes tout juste revenus à la case départ d’avant les premiers bombardements des Américains et des Israéliens sur l’Iran, le 28 février dernier. Le détroit d’Ormuz va être ouvert à nouveau (gratuitement pour les 60 prochains jours seulement…) ; la guerre est terminée [y compris au Liban (pas sûr du tout ?), même si Israël n’est pas signataire du MoU…] et les négociations interrompues vont reprendre. La vraie différence ? Quelques trillions de dollars de dégâts, des mois d’anxiété économique qui pouvaient s’éviter et une question de fond : si la prolifération nucléaire est à ce point un No Go, pourquoi la Corée du Nord n’a pas été traitée pareil ? Cherchons le Netanyahu…

Le MoU (**) a été révélé, en détail, jeudi. Les sujets difficiles et plutôt complexes qui demeurent entiers (ou presque…) comprennent l’avenir nucléaire de l’Iran (l’Iran s’engage à nouveau à ni acheter, ni développer une arme nucléaire ; le premier engagement iranien du genre datant déjà de 1970 !), ce que l’on fait des stocks d’uranium de Téhéran (ils seront, au minimum, dilués, plutôt qu’exportés, comme dans l’accord d’Obama…) ; la fin des sanctions contre l’Iran (le MoU le prévoit, mais les modalités doivent encore être définies. Les restrictions financières US sont, par contre, enlevées immédiatement), le déblocage de ses dépôts gelés ($ 24 milliards, immédiatement, sans restriction, une fois le MoU signé ! L’accord Obama qui débloquait $ 1,7 milliard avait pourtant soulevé les critiques violentes de Trump !) ; le financement des réparations de l’infrastructure détruite en Iran (le MoU indique $ 300 milliards, mais ne précise pas qui paie…). Le MoU ne parle ni du soutien de l’Iran à ses proxys Houthis, Hezbollah et Hamas, ni de son arsenal de missiles, et encore moins de «reddition complète».

Trump disait, et ce jusqu’à mercredi, que l’Iran n’aura JAMAIS d’armes nucléaires selon «son» accord, qui sera donc largement supérieur à l’accord Obama qui n’imposait qu’un moratoire. Mais les discussions n’ont même pas encore commencé… Il y a possiblement d’autres dossiers qui n’ont pas été rendus publiques à ce stade ? Un désaccord, au vu de la grande méfiance réciproque engendrée jusqu’ici (*), pourrait à tout moment mener à une dualité prévisible : menaces et pluie de bombes d’un côté ET fermeture d’Ormuz de l’autre. Nous n’avons sûrement pas fini d’en voir car les deux partis, avec un Israël jusqu’auboutiste dans les travées, sont têtus et personne ne voudra (ne pourra) perdre la face…

On ne sait si ce MoU était destiné à coïncider avec l’anniversaire des 80 ans de Trump, avec le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis ou avec la Coupe du monde de football, mais il est clair que le président Trump préfère, à ce stade, un combat UFC bien saignant sur le gazon de la Maison Blanche, plutôt que de «faire disparaitre la civilisation perse» sous des bombardements lourds. Surtout quand ses riches «amis» du Moyen-Orient, sont, en conséquence, eux aussi pilonnés à Dubaï, à Riyadh, à Tel Aviv ou au Koweït… ce qui n’arrange ni ses affaires, ni l’image des États-Unis, tellement flamboyante après l’épisode Maduro, mais plutôt sérieusement écornée depuis…

Ce spectacle fut à la mesure du personnage : vulgaire, si grandiose ; totalement transactionnel plutôt qu’aspirationnel, divisif à souhait. La Maison Blanche refusait même de désavouer un lutteur qui, sans doute encore dégoulinant de testostérone, insultait Michelle Obama, l’accusant d’être «un homme» !

Quoiqu’il en soit, l’imprévisible Donald, au G7 à Genève signait, avec ses (anciens ? nouveaux ?) alliés, une déclaration signifiant un «soutien total» à l’Ukraine, après une année de soutien glacial, mais terminait sa visite en annonçant, que si les Iraniens se conduisaient mal : «We will go right back to dropping bombs right smack in the middle of their heads» ! Cette menace était en conflit direct avec l’article 1 du MoU où les États-Unis s’engagent à «refrain from the threat or use of force against each other». Le début des discussions a été renvoyé…

Le Donald est clairement sous pression de ses critiques et tout reste donc possible…

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Le budget de vendredi contenait du bon et du moins bon. Par exemple, comme compromis, on a bien considéré de disqualifier ceux qui travaillent encore, de recevoir leur pension universelle, mais on a reculé devant ce choix pourtant logique. Le grand sacrifice immédiat des parlementaires (pas du service civil), c’est une seule voiture duty-free pendant un mandat et la pension à 65 ans ! C’était nécessaire, pour l’exemple… Le feed-in tariff du CEB va augmenter de Rs 4,20 à Rs 4,83. Espérons que cela titillera suffisamment pour mener aux 60 % de renouvelable espérés à 2035… Si un congé public tombe un dimanche, on va désormais s’arranger pour que le lundi qui suit soit automatiquement déclaré… congé public. Un congé de plus c’est un jour de travail de moins. Avec le congé de maternité à 12 MOIS, c’était le ton recherché ? Qui a pensé aux conséquences des congés menstruels et de maternité sur les métiers largement dominés par le féminin ? Nurses, administratrices, éducatrices… alors qu’il manque des bras ?

(*) L’Iran décrit les États-Unis comme le ‘grand Satan’ depuis des décades et n’a pas été impressionnée par le fait que Trump ait simplement déchiré l’accord nucléaire de 2015 signé avec Obama, les 4 autres membres permanents du Conseil de Sécurité, l’Allemagne et l’Union Européenne. Prenons aussi acte du fait que le leader iranien actuel a vu son père, l’ayatollah Khamenei, sa mère, son épouse ainsi que sa fille de 14 mois mourir lors des bombardements. Les américains, quant à eux, méprisent un état religieux anachronique qui tue ses citoyens dissidents, qui vit en despote et qui déstabilise systématiquement une région ou Trump fait la promotion des accords d’Abraham. Le fait que Trump ne se mette pas en avant sur cet ‘accord’, préférant utiliser JD Vance comme paratonnerre éventuel, nous en dit peut être long ?

(**) The Full Text of the Memorandum of Understanding between the United States and Iran

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