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«La cogestion de Tromelin ne remet pas en cause la souveraineté de Maurice»

17 juin 2008, 00:00

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Les bateaux de pêche mauriciens pourront, à l?avenir, opérer dans les eaux territoriales de l?île Tromelin.

La France et Maurice sont actuellement en pourparlers pour cogérer l?île. Cette gestion conjointe ne portera toutefois pas préjudice à la revendication de la souveraineté de l?Etat sur Tromelin.

C?est ce qu?a déclaré, hier, au Parlement, le Premier ministre (PM), Navin Ramgolam. Il répondait à une question parlementaire du leader de l?opposition, sur la souveraineté de Maurice sur l?île Tromelin et sur l?archipel des Chagos. Paul Bérenger voulait savoir si le chef du gouvernement avait soulevé la question lors de sa récente mission officielle en France et en Angleterre.

Le PM a déclaré avoir abordé le cas de l?île Tromelin avec le président français, Nicolas Sarkozy, lors de sa dernière visite en France. Nicolas Sarkozy aurait d?ailleurs proposé la mise sur pied d?un Joint Scientific Committee sous la présidence partagée de la France et de Maurice pour étudier le potentiel de développement de cette île. Ce, dans le cadre d?une gestion conjointe de Tromelin.

Nicolas Sarkozy, dira le PM, ne veut pas que ce dossier reste un contentieux entre Maurice et la France. Comme ce fut le cas le 20 janvier 2006, lors de la troisième réunion des experts à Paris. Jacques Chirac, l?ancien président de France, avait fait une proposition relative à la cogestion de l?île à cette occasion, mais la partie française avait plutôt préféré une «collaboration».

«Euphorie prématurée» </B>

Le Premier ministre devait aussi déclarer que les nouvelles discussions autour d?une cogestion ne devraient pas porter préjudice aux revendications mauriciennes de souveraineté sur Tromelin. Une réunion devrait réunir prochainement les officiels des deux pays autour de cette question.

En réponse à une proposition du leader de l?opposition d?avoir recours à un arbitrage international pour contrôler cette cogestion, Navin Ramgoolam dira qu?il garde toutes les options ouvertes. Paul Bérenger a alors mis en garde contre toute «euphorie prématurée» autour des discussions sur Tromelin.

Concernant les relations de Maurice avec le Royaume-Uni, le PM a répondu que lors du dernier sommet des chefs d?Etat du Commonwealth à Kampala, le secrétaire général a été mandaté pour organiser une réunion sur la réforme des institutions internationales. Le PM britannique, Gordon Brown, aurait suggéré l?inclusion de Maurice dans cette liste.

Navin Ramgoolam affirme avoir rencontré son homologue britannique au cours de ce sommet. Il dit avoir soulevé le cas de l?archipel des Chagos. Et plus particulièrement, la procédure d?appel logée contre le gouvernement britannique devant la House of Lords. Elle concerne principalement le droit de retour des Chagossiens sur deux îles de l?archipel, à l?expiration, en 2016, de l?occupation américaine des Chagos.

Navin Ramgoolam dit avoir abordé également un récent cas de torture à Diego Garcia. Ce qui est en contradiction avec les droits humains internationaux et la convention européenne des droits de l?homme dont le Royaume-Uni est signataire.

<B>Discussions officielles</B>

Navin Ramgoolam affirme que Gordon Brown a pris note des points soulevés et a proposé que cette question soit abordée en premier lieu lors des prochaines discussions entre les dirigeants du Royaume-Uni et ceux de Maurice. Le chef du gouvernement dit avoir suggéré que ces discussions soient entamées, dans un premier temps, entre les «officiels désignés» des deux côtés. La proposition a été acceptée. Il ne reste plus maintenant qu?à choisir une date pour démarrer les consultations.

Le PM a affirmé avoir consulté son conseil légal et aurait décidé d?envoyer un mémoire à Gordon Brown pour poser les bases des prochaines discussions entre officiels des deux pays.

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