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«Il n?y a pas des milliers de jeunes qui veulent faire du cinéma»

9 janvier 2005, 00:00

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«Il n?y a pas des milliers de jeunes qui veulent faire du cinéma»

Que prévoit la MFDC pour 2005 ?

  • Pour l?année financière 2003-2004, nous avons organisé neuf festivals. Il nous fallait aussi consolider la façade de la maison. Pour 2004-2005, nous nous sommes repositionnés. Et on s?est consolidé en tant que one stop shop. Nous avions hérité d?un passé terrible et nous avons dû remettre les choses en place. Pour 2005-2006, on n?a plus le prétexte de remettre de l?ordre car c?est déjà fait. On va jouer sur les deux tableaux avec la même intensité.

Le 31 décembre était la date butoir pour les participants au fonds d?aide et au fonds de soutien de la MFDC. Les différents projets ont-ils été bouclés ?

  • Ils n?ont pas tous été bouclés. Il n?y a qu?une unité de tournage pour dix productions. Cela a occasionné des retards considérables. Néanmoins, nous espérons tout boucler fin juin. D?autre part, suite pour le deuxième fonds de soutien, nous avons reçu seulement neuf candidatures et nous avons décidé de tous les soutenir indépendamment de leur qualité. Nous allons les encadrer. En ce qui concerne le fonds d?aide, qui est destiné à ceux qui connaissent déjà le secteur, les projets sont plus aboutis. Le cinéma est tellement difficile que nous préférons mettre une date limite qui soit flexible dans une certaine mesure.

Quelle sera l?étape suivante pour ces différents films ?

  • Ce ne sont pas des films. Un premier film est toujours difficile. On ne peut pas dire que ce sont des chefs-d??uvre. Il n?y a pas de compétition donc la qualité n?est pas très importante. Des défauts subsistent toujours dans un premier film. S?il y a de bons films, tant mieux. Nous allons tous les diffuser.

Pas forcément à la télévision car on ne peut imposer certaines maladresses aux téléspectateurs. Pour une diffusion à la télévision, tout dépend de la qualité. Au cas contraire, on le fera en salle. S?il y a des films exceptionnels, on va tenter de les proposer dans des festivals ou à la télévision.

Quarante-cinq entrées pour le premier fonds de soutien et seulement neuf pour le deuxième appel. Cela veut-il dire qu?il n?y a que cinquante-quatre aspirants réalisateurs àMaurice ?

  • C?est un constat sévère. Quand on a lancé le projet, on a eu une idée du nombre de personnes intéressées. C?est une idée fausse de penser qu?il y a des milliers de jeunes qui veulent faire du cinéma. Il y a un fossé entre montrer de l?intérêt pour le cinéma et faire le grand plongeon. Cela montre les limites d?un bassin de jeunes prêts à plonger. J?appréhendais cela. Avec les années, cela sera encore plus serré.

Par exemple, le réalisateur David Constantin est actuellement en post-production pour deux projets. Je l?imagine mal soumettre un autre projet. Ceux qui sont déjà en production ne le feront pas. C?est la raison pour laquelle nous essayons d?intéresser les gens avec des initiatives comme le Cinéclub. Si un pays regorgeait de compétences comme l?Inde avec vingt mille réalisateurs produisant mille films par an, cela veut dire qu?il y a dix-neuf mille autres qui préparent quelque chose.

Ceux qui auront réalisé mille films en une année, ne seront pas forcément ceux qui réaliseront les mille films de l?année suivante. D?autre part, le Mauricien ne peut vivre du cinéma ici. Il faut qu?il trouve du temps pour le faire. Nous sommes vraiment dans une période où nous sommes des pionniers.

L?année dernière, vous nous aviez parlé du projet de mettre sur DVD les différentes ?uvres du cineaste mauricien Roger Leung Pew. Où en êtes-vous ?

  • Nous avons déjà discuté des droits avec la famille. C?est un projet très important et même si nous ne sommes plus sous la tutelle du ministère des Arts et de la culture, nous reconnaissons la grande valeur culturelle des ?uvres de Roger Leung Pew qui a été le premier cinéaste mauricien. Nous avions prévu la date de sortie en mars. Mais je pense que cela se fera plutôt fin juin car nous avons des projets à finir comme les différents fonds avant la fin de l?année financière.

Que fait la MFDC pour encourager les producteurs et réalisateurs étrangers à venir tourner à Maurice ?

  • Nous nous sommes rendus à Cape Town en octobre de l?année dernière. Il y avait là, un grand marché de films. Mais nous ne sommes pas allés là-bas pour faire venir des cinéastes. Nous essayons de conquérir un marché de la publicité très porteur. Pour trente à quarante-cinq secondes, il y a parfois des injections d?argent qui sont plus élevées que pour les longs métrages. La promo a été faite mais il faudra attendre un peu pour obtenir les résultats.

On aussi été à Bombay où nous avons rencontré une trentaine de cinéastes et à un marché de films à Goa pour vendre Maurice comme destination de tournage. Nous n?allons pas vers des pays comme l?Amérique mais plutôt vers l?Inde et l?Afrique du Sud.

La catastrophe terrible qui a touché les pays de l?Asie du Sud-Est va-t-elle permettre à Maurice d?accueillir davantage d?équipes de tournage ?

  • Dans le domaine du tourisme, il semblerait qu?il y a une grosse demande pour Maurice. De toute cette partie du monde, il ne reste plus que les Caraïbes. Dans l?Océan Indien, sans être trop prétentieux, il ne reste que Maurice. Cela peut jouer en notre faveur et peut-être apporter du travail même s?il est difficile d?y penser.

Interview réalisée par Audrey KELLY-MARTIAL

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