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«Dolphin watching»,une activité à préserver

4 avril 2008, 00:00

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«Dolphin Watch: the dream of your life! Meet with dolphins in Tamarin Bay. Half day & Full day tours.» La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) «vend», sur son portail Internet, l?observation des dauphins dans la région ouest. C?est dire qu?au fil des années, l?observation de ces mammifères marins est devenue une activité touristique à part entière. La preuve : en 2006, la Mauritius Marine Conservation Society (MMCS) estimait à Rs 54 millions, l?argent généré annuellement par l?activité de dolphin watching. Une estimation que cette association a revue à la hausse depuis. Ayant senti le bon filon, nombre d?opérateurs se sont lancés dans ce business. Le chiffre d?affaires aurait triplé, pour atteindre les Rs 150 millions.

«En une heure, on peut voir défiler une trentaine de bateaux, dont quinze qui restent en permanence pendant les heures d?observation», souligne Adèle Cadinouche, biologiste à la MMCS. L?observation démarre très tôt le matin, jusqu?à la mi-journée. «Avec les nouvelles réglementations, l?observation devra cesser à midi. Mais étant donné que cela se fait déjà naturellement, cela ne devrait pas poser de problème», explique la biologiste.

Ces «nouvelles réglementations» seront plus «précises» que les lignes directrices déjà communiquées. Elles sont toujours en cours d?élaboration au ministère du Tourisme et à la Tourism Authority (TA), avec les conseils scientifiques de la MMCS. Mais déjà mardi, à l?Assemblée nationale, le Tourism Authority (Amendement) Bill 2008 a été voté. Cette loi régit les activités touristiques et réglemente, entre autres, l?observation des dauphins et des baleines.

Une «bonne chose», dit Adèle Cadinouche, car jusqu?à présent, cette activité n?était pas réglementée. D?où quelques abus et la mise en danger, par les opérateurs eux-mêmes, de leur gagne-pain. Plus ils seront nombreux à exercer dans ce créneau, plus ils feront pression sur les dauphins. Et plus ils mettront en danger leur activité.

C?est en 2000 qu?a débuté cette activité, lorsque la biologiste Delphine Legay signale la présence de dauphins dans la région de Tamarin. Elle décide alors d?emmener les touristes voir ces mammifères contre paiement, afin de financer ses études. Constatant l?engouement des touristes pour cette activité, d?autres s?engouffrent alors dans la brèche et on assiste, certains jours, à une véritable poursuite des dauphins.

Delphine Legay envisage, déjà à l?époque, la mise en place de règlements mais sa mort lors d?une plongée en apnée met un terme à ce projet. Il faudra attendre 2006 pour voir la mise en pratique de lignes directrices.

Activité reconnue</B>

Aujourd?hui, la MMCS estime à une cinquantaine les opérateurs dans l?Ouest. Mais comme l?activité n?était pas, jusqu?à présent, réglementée, il est difficile de savoir avec précision combien de personnes sont engagées dans cette activité. En ce moment, la MMCS aborde les préliminaires d?une enquête socio-économique. «Nous voulons savoir combien rapporte l?activité et quels en sont les acteurs. Il y a de grands enjeux socio-économiques. C?est une industrie qui nourrit des centaines de familles.»

Si lors des campagnes de sensibilisation, ces opérateurs disent comprendre les enjeux d?une approche réglementée et concertée, il n?empêche qu?une fois sur le site, il peut y avoir des dérives. «Il y a quelques têtes brûlées qui font n?importe quoi mais il y a également l?effet de masse. Lorsque 30 bateaux entourent deux dauphins, même si vous êtes plein de bonne volonté, et que vous respectez les règles, c?est trop.»

Avec les amendements apportés à la loi, les opérateurs commerciaux engagés dans le dolphin watching devront avoir une Tourist Enterprise Licence (TEL), en sus de leur Pleasure Craft Licence (PCC). «Aujourd?hui, c?est une activité reconnue et professionnalisée. Les skippers devront avoir un certificat attestant qu?ils ont suivi une formation auprès de la TA», explique Adèle Cadinouche. L?application de la loi risque d?être difficile. C?est pourquoi la MMCS s?est engagée dans des campagnes de sensibilisation et de formation avec les gardes-côtes.

Dans deux mois, se termine le financement sous le GEF Small Grants Programme (SGP) du Programme des Nations unies pour la MMCS. Deux ans d?accompagnement qui ont permis, entre autres, la sensibilisation des opérateurs. Désormais, la fondation Total financera les activités de la MMCS, pour une durée de deux ans. Des fonds qui seront utilisés à des fins d?études scientifiques. «Nous pourrons ainsi étudier l?impact du dolphin watching sur les dauphins», explique Adèle Cadinouche. Le comportement des dauphins qui, pour le moment, n?a pas changé. «Ils sont toujours là. Il y a toujours des nouveau-nés et pas d?échouage. Mais, dans certaines situations, il a été noté que les dauphins montrent des signes de stress», explique la biologiste.

Le bruit des moteurs, les cris des observateurs, les bateaux qui les pourchassent : on serait stressé pour moins que cela?

<B>«Dolphin Watching» : mode d?emploi</B>

■ Garder une distance minimum de 50 m entre le bateau et les dauphins

■ Mettre le moteur au point mort lors de l?observation

■ Réduire et maintenir la vitesse à moins de cinq n?uds dans la zone d?approche

■ Ne jamais couper la route aux dauphins, ni les encercler

■ Ne jamais donner à manger aux dauphins

■ Si rien n?est dit à propos de nager avec les dauphins, et qu?en principe, le fait de nager avec eux ne les affecte pas, cela peut devenir un problème s?il y a trop de monde dans l?eau en même temps et donc beaucoup de bruit et d?agitation

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