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«C?est moi qui décide»

24 juin 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Deepa BHOOKHUN

● Les rumeurs à l?effet qu?il y a une rivalité grandissante entre vous et votre président se font de plus en plus persistantes?

Fareed Jangeerkhan et moi-même avons travaillé ensemble à la MBC en 1975 et depuis nous sommes devenus très amis. Le Premier ministre a choisi de nous nommer à nos postes respectifs l?année dernière et nous formons une équipe car nous avons une seule vision. La détérioration de nos relations est du domaine de l?impossible

● Mais si les choses étaient aussi normales que vous le dites, comment expliquez-vous ces rumeurs persistantes qui proviennent des employés de la MBC ?

(Hésitations?) Si jamais il y avait une explication à donner, je crois que ce serait parce que normalement il y a une certaine période d?adaptation entre chaque directeur général et chaque président du conseil d?administration. Or, avec nous, il n?y a pas eu ce problème et les gens de la MBC, habitués à la division, ne savent pas comment prendre la chose. Ils voient la division même là où il n?y en a pas.

● Et qu?en est-il de la réunion qu?avait organisée le président du conseil d?administration et à laquelle vous n?étiez pas invité ?

Fareed est un technicien expérimenté et il a accepté de mettre ses compétences à la disposition de la MBC à ma demande. C?est la raison pour laquelle il a animé une réunion avec la production. J?imagine que c?est à cette réunion que vous faites allusion. L?adjoint au directeur général était présent à la réunion car je n?ai moi-même pas le temps d?assister à toutes les réunions qui se tiennent.

● Qui prend les décisions à la MBC ?

Le directeur général décide d?après les policy decisions du conseil d?administration. C?est ainsi que cela devrait se passer et c?est comme cela que cela se passe à la MBC.

● Plus que jamais, la MBC donne l?impression d?être à la solde du pouvoir. Est-ce que les choses n?auraient pas pu se faire autrement ?

Que veut dire être à la solde du pouvoir ? Nous couvrons les activités du pays comme un journal l?aurait fait à l?exception du fait que nos journalistes ne peuvent commenter ce qui se passe. La MBC fait trois choses. D?abord nous apportons l?information aux gens. Deuxièmement, nous apportons du loisir aux Mauriciens et ensuite ? c?est une chose que nous ne faisons pas encore très bien ? nous éduquons les gens.

«Nous apportons aux Mauriciens toute une variété de nouvelles internationales tous les jours. Nous couvrons tout ce qui est susceptible de les intéresser?»

● Vous dites que vous n?éduquez pas bien. Est-ce à dire que vous êtes cependant satisfait du traitement de l?information ?

Bien sûr. Nous apportons aux Mauriciens toute une variété de nouvelles internationales tous les jours. Au niveau local, nous apportons des images du parlement à ces 300 000 familles qui nous regardent. Nous couvrons tout ce qui est susceptible de les intéresser?

●? En même temps, vous les forcez à regarder une conférence de presse du Premier ministre ?

Écoutez, c?était une décision ? rightly or wrongly ? prise par la MBC. Nous avons estimé que le sujet était important et qu?il fallait que les gens savent ce qui se passe et nous avons donc décidé de toucher le maximum de personnes possible.

● En leur enlevant le choix et les obligeant à regarder ce que vous voulez qu?ils regardent ?

Les gens ont toujours le choix. Ils ont neuf chaînes de télé, cinq chaînes de radio?

● Je parle du choix de ces personnes qui payent une redevance chaque mois, qui n?ont pas Rs 2 000 pour acheter un décodeur, qui ne sont pas abonnés à un bouquet satellitaire et qui ont envie un samedi soir de regarder la télé.

Mais nous décidons de ce qu?ils vont voir de toutes les façons car c?est nous qui décidons de la programmation ! Mais la décision a été prise parce que nous avons décidé qu?il était temps que les gens réalisent ce qui se passe dans le pays.

● Vous justifiez cette décision digne d?un régime totalitaire ?

Non seulement je la justifie mais je la défends. On ne peut pas m?accuser de forcer les gens à faire quoi que ce soit. S?ils ne sont pas contents, ils peuvent éteindre la télévision.

● Avez-vous eu des instructions en ce sens ?

Non ! C?était ma décision. Je parle au Premier ministre mais il ne me donne jamais d?instructions. Je vous rappelle que le MBC Act permet au Premier ministre de donner des instructions à la MBC. Je répète que la MBC a pris une décision tout comme les différents journaux ont la liberté de leur ligne éditoriale.

● À l?exception que les lecteurs ont le choix d?acheter ou non ce journal et qu?ils n?ont pas le choix de payer ou non la redevance télé !

C?était un cas exceptionnel, ce n?est pas la norme. Le pays avait besoin d?un choc et j?ai fait ce que je peux en ce sens.

● Ce qui n?est pas exceptionnel par contre, c?est que les gens ont l?impression que les dirigeants et certains journalistes de la MBC agissent comme les « public relations officers » du gouvernement.

Les journalistes de la MBC sont aussi professionnels que tous les autres journalistes de ce pays. à la MBC, j?ai recruté des journalistes indépendamment du gouvernement et de leurs couleurs politiques. à part le directeur général, son adjoint, et le président du conseil d?administration, personne n?est promu ou nommé à des postes grâce à leur appartenance politique.

● Le fait que le président du conseil d?administration soit un nominé politique justifie-t-il son apparition sur l?estrade de l?Alliance sociale lors du meeting du 1er mai ?

Il faut lui poser la question.

?Je rappelle que la MBC est sous le contrôle de l?Independent Broadcasting Authority et quiconque a un problème peut porter plainte à cette autorité.

● Je la pose au directeur général de la MBC.

Fareed Jangeerkhan a une connaissance technique et il travaillait lors de ce meeting. Sa contribution était à la MBC et non à un parti politique. C?était notre première couverture d?un 1er mai et nous voulions faire un sans-faute. La preuve que nous avons réussi est que le MMM s?est basé sur nos images pour parler avec satisfaction de l?affluence à son meeting.

● Puisque vous parlez de l?opposition, le MSM en particulier se plaint de ne pas avoir eu de temps d?antenne alors que vous mobilisez trois chaînes de télé pour la couverture d?une conférence de presse du gouvernement.

Nando Bodha a porté l?affaire devant l?IBA et le jour de l?audience, il n?était pas présent. Que puis-je dire de plus ? Je vous informe que j?allais lui proposer un débat sur le budget avec Rama Sithanen. Cette proposition tient toujours.

● Est-ce que la critique de Bodha et d?autres membres de l?opposition à l?effet que la MBC ne leur accorde pas assez de temps d?antenne est justifiée ?

Pas du tout. La MBC a, depuis longtemps, pris l?habitude de couvrir toutes les activités de l?opposition. Ce qu?ils demandent est déraisonnable. Je rappelle que la MBC est sous le contrôle de l?Independent Broadcasting Authority et quiconque a un problème peut porter plainte à cette autorité. On nous accuse de manière injuste. Bien des journalistes qui ont travaillé pour l?opposition lors de la dernière campagne électorale sont toujours là.

● Mais ils ne seront pas promus et ils resteront au placard ?

Il n?y a pas de placard à la MBC ! Ravin Joypaul est le chief news editor et ce n?est pas moi qui l?ai nommé à ce poste. Deeal est le chief news editor, responsable du samachar, Nanda Armoogum est le responsable du english desk et ils ont tous été nommés par l?ancienne administration. Ils ont été nommés à cause de leur ancienneté.

● Si ce que vous dites est vrai, pourquoi la MBC a-t-elle aussi mauvaise presse ?

Parce que c?est trop facile. La MBC affecte les gens, les politiciens de tous bords et quoi que nous faisons il y aura toujours des gens qui ne seront pas d?accord et raconteront n?importe quoi. On parle toujours de la politisation de la MBC mais la politique n?est qu?une partie infime de ce que nous sommes. Notre mission est bien plus large que cela. Voyez la façon dont nous avons apporté la Coupe du monde aux Mauriciens.

● Lors de notre dernier entretien, vous disiez vouloir faire de la MBC une station dont les Mauriciens seraient fiers. En êtes-vous là ?

Pas du tout. Il y a un long chemin à parcourir mais nous y arriverons.

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