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« Votre demande de souveraineté n?est pas valable »

16 janvier 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Don Mc Kinnon, le secrétaire général du Commonwealth a réclamé une discussion « ouverte et positive » entre le Royaume-Uni et Maurice au sujet de Diego Garcia. Cela a-t-il été le cas jusqu?ici ? </B>

Il y a d?abord la question de souveraineté de Maurice que nous considérons comme n?étant pas valable. Nous avons obtenu des conseils juridiques solides pour argumenter dans ce sens. Mais nous avons aussi dit que, quand et si nous n?avons plus besoin de Diego Garcia pour des besoins de défense, nous envisagerons alors de céder la souveraineté de Diego Garcia à Maurice. Cela me semble une position plutôt raisonnable. Nous avons pris la décision difficile de ne pas permettre le repeuplement de l?île. Une étude indépendante que nous avions commandée a clairement démontré que toute habitation serait précaire à long terme. Il serait également très coûteux de les mettre en place. C?est le contribuable britannique qui devrait payer et nous ne croyons pas que cela soit raisonnable. Mais quand j?ai vu les représentants des Chagossiens à Londres, ils ont demandé, à titre humanitaire, de pouvoir se rendre sur les tombes de leurs ancêtres à Diego Garcia. Nous avons accédé à cette demande.

<B>Vous avez rencontré les Chagossiens vendredi matin. Quelles impressions vous laissent cette rencontre ? </B>

Je les ai rencontrés ce matin, je devais le faire. Et à partir de cette visite et de ce qu?on savait déjà, je sais qu?il existe des cas de pauvreté dans la communauté chagossienne. Mais ils ne sont pas pauvres parce qu?ils sont Chagossiens. Il y a d?autres personnes à Maurice qui vivent dans les mêmes conditions qu?eux. Je ne cherche pas à justifier les décisions qui ont été prises par le précédent gouvernement britannique. Elles ont été prises et selon leurs modalités, il y a eu des compensations. 14,5 millions de livres en valeur actuelle ont été allouées à 1 350 personnes.

<B>Vous parlez en valeur actuelle. La somme paraît encore plus importante ainsi?</B>

Il est question de pouvoir d?achat. La raison pour laquelle je rapporte les chiffres à valeur actuelle est pour donner une idée de l?argent qu?ils ont reçu. C?était, à cette époque, une somme plutôt importante. Cela représentait environ 10 000 livres par personne aujourd?hui. Il faut aussi savoir que la Haute Cour de Londres, l?instance judiciaire la plus élevée en Angleterre, a trouvé qu?il n?existait pas de motifs pour des compensations supplémentaires. C?est aussi un fait que les avocats représentant les familles chagossiennes, au moment du paiement de la dernière compensation en 1982, avaient dit que c?était un « fair and reasonnable settlement ».

L?autre question que j?ai accepté de faire avancer après la visite d?Olivier Bancoult était celle d?organiser une visite pour les membres de la communauté afin de se recueillir sur les tombes de leurs ancêtres.

<B>Cette visite semble compromise. Pourquoi ? </B>

D?abord, il faut savoir que nous avons toujours dit qu?ils pouvaient visiter les outer islands. Quand nous avons reçu la demande, j?en ai parlé avec les Américains afin d?avoir les permissions nécessaires. Nous avions prévu la visite pour avril et avions réservé le Trochetia pour transporter les 100 Chagossiens qui allaient s?y rendre. J?ai été très étonné et inquiet d?apprendre la semaine dernière que la réservation avait été annulée. Je me suis demandé quelle attitude le gouvernement mauricien avait adopté sur la question et j?ai soulevé la question avec le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères quand je les ai rencontrés mercredi. Le Premier ministre m?a confirmé que la décision d?annuler la réservation avait été prise par son gouvernement. Je suis déçu par cette décision. J?espère que, même arrivé à ce point, nous pourrons résoudre ce problème ensemble. Si nous n?y arrivons pas, nous allons explorer toutes les autres solutions. Je m?engage à faire en sorte que cette visite ait lieu.

<B>La visite sera effectuée aux frais de la Grande-Bretagne. Alors pourquoi ne pas affréter un autre bateau ? </B>

Premièrement, j?espère que le gouvernement mauricien reconsidérera la question. Notre haut-commissaire essaiera de faire avancer les discussions à ce sujet. Ils ont compris que c?était une question humanitaire. Si cela n?est pas possible, j?explorerai d?autres possibilités.

<B>Après l?étude sur la viabilité d?un repeuplement des îles Salomons et Peros Banhos, la question est-elle définitivement close ? </B>

Personne n?y a habité depuis 30 ans. Il ne reste rien de l?infrastructure de départ autour de la production de copra. Certains de ces territoires sont très peu élevés par rapport au niveau de la mer, la question de la montée du niveau de la mer devient donc préoccupante. Le repeuplement serait donc exceedingly difficult. On peut tout faire si on est prêt à dépenser beaucoup d?argent. Selon nos estimations, cela coûterait 5 millions de livres pour établir un lotissement et des coûts annuels supplémentaires de 3 millions par an. C?est l?estimation du Foreign Office ; au département de l?aide internationale, on pense que les coûts seront bien plus élevés. Ce n?est pas raisonnable de faire payer ces coûts par les contribuables britanniques.

<B>Pourquoi le gouvernement britannique ne permet-il donc pas une fois pour toutes à la Cour internationale de justice (CIJ) de se prononcer sur la question de souveraineté ? </B>

Nous avons toujours soutenu la position que les différends à l?intérieur du Commonwealth peuvent être réglés sans passer par d?autres instances internationales. Beaucoup de pays du Commonwealth, y compris l?Inde ou le Canada et même Maurice, partagent cet avis. Ces pays ont d?ailleurs pris l?engagement de ne porter aucun litige les opposant à un autre membre du Commonwealth devant le CIJ. C?est pour cela que nous tenons cette ligne.

<B>Durant les débats au Parlement britannique en novembre, vous avez parlé « d?erreurs passées » à propos de la manière dont la question chagossienne a pu être réglée. Qu?avez-vous voulu dire ? </B>

Le fait qu?il y a eu une importante compensation, qui a été payée, est une reconnaissance que le gouvernement britannique a compensé la communauté chagossienne pour les décisions qui ont été prises. Mais nous parlons d?événements qui datent de plus de 30 ans. Nous devons nous adapter à la situation comme elle est aujourd?hui. Nous ne sommes pas dans le cas où les demandes nous arrivent immédiatement après le déplacement de cette population. Si cela avait été le cas, ce serait très différent. Il s?est passé plus de trente ans, ces personnes ne commencent pas de rien?

<B>Des parlementaires de l?opposition, mais aussi du Parti travailliste, ont dénoncé « l?injustice » faite aux Chagossiens. Vous y êtes sensible ? </B>

Les décisions de justice nous ont donné raison. Comme pour toute autre question, si des membres du Parlement proposent certaines choses, nous allons très vraisemblablement les examiner. Mais qu?il soit bien clair que nous n?envisagerons pas de nouvelles compensations. I?ve gone out of my way pour rencontrer les parlementaires travaillistes sur cette question. J?ai notamment rencontré Jeremy Corbyn qui est particulièrement actif sur ce sujet. Je lui ai tenu exactement le même langage que celui que je tiens en ce moment.

<B>Diriez-vous que les relations entre la Grande-Bretagne et Maurice sont cordiales ces derniers temps ? </B>

Je crois qu?elles le sont. Nous avons une différence de point de vue sur la question de la souveraineté. Il y a eu des désaccords l?année passée, mais je crois que nous les avons dépassés. Nos deux pays partagent une amitié de longue date.

<B>Maurice maintient que la Grande-Bretagne n?a pas été très fairplay ces derniers temps. Le changement des conditions de retour des Chagossiens par les Orders in Council sont un bon exemple?</B>

Nous avons des différences de vue. Je pourrais opposer un contre-argument : ce n?est pas fairplay de contourner les exemptions au niveau du Commonwealth qui stipulent qu?on ne règle pas des disputes avec d?autres membres au CIJ. Mais nous ne sommes pas en désaccord avec le gouvernement mauricien, Nous avons des rapports amicaux et cordiaux.

<B>Paul Bérenger réclame de longue date une rencontre au sujet des Chagos avec Tony Blair. Cette réunion ne semble pas prête d?avoir lieu?</B>

Le Foreign Secretary a expliqué qu?il y a des difficultés de timing en ce moment. Il va écrire au Premier ministre pour faire avancer le dossier.

« Ils ne sont pas pauvres parce qu?ils sont Chagossiens.14,5 millions de livres en valeur actuelle ont été allouées à 1 350 personnes. »

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