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« Personne n?y échappe »
La violence scolaire est-elle en augmentation ?
Je le crois. Même si les statistiques précises manquent, la violence en milieu scolaire progresse. Les actes sont de plus en plus nombreux et de plus en plus graves.
Quels sont les faits dont vous disposez ?
Des cas d?agressivité, des brimades à répétition, des abus sexuels, des dégradations. Les garçons en sont les principaux auteurs. Ces enfants font la loi dans la cour de récréation. Pour eux, la cible idéale, ce sont les filles et les élèves plus jeunes. Concernant le vol, le racket et les violences avec armes, la situation n?est pas aussi grave qu?aux États-Unis. Les seules armes utilisées jusqu?ici sont des cutters.
Des établissements sont-ils à l?abri ?
Hélas, non. Ce fléau a tendance à se propager partout, personne n?y échappe, dans le public comme dans le privé. Et ce, dès l?école maternelle. Mais il y a des établissements où le personnel enseignant est conscient de la nécessité de créer un environnement plus propice à la non violence.
Le comité que vous présidez prépare un plan de lutte contre la violence scolaire. Vos premières solutions ?
Tous les intervenants réunis autour de la table sont unanimes : la violence naît à la maison. J?ai fait procéder à un sondage auprès de 240 élèves issus de quatre écoles de l?île. Il est évident que c?est à la maison qu?il y a le plus de violence. D?où la nécessité d?une approche globale, incluant non seulement l?ensemble des partenaires du système éducatif, mais aussi les parents. C?est une illusion de croire pouvoir combattre la violence scolaire sans la participation de tous.
Pour certains spécialistes, seules des équipes éducatives soudées peuvent faire face. Est-ce votre avis ?
Je dirais des équipes pluridisciplinaires. Qui ne se tirent pas dans les pattes. Qui ne sont pas empêtrées dans des problèmes de pouvoir, d?ego, de compétition. L'intérêt de l?enfant doit être la priorité absolue.
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