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« Nous ne sommes pas des provocateurs »
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« Nous ne sommes pas des provocateurs »
Les syndicats déclarent d?emblée la guerre, au lieu d?émettre leurs propositions, de discuter. Pour-quoi cette position violente ?
Nous ne sommes pas des provocateurs et des agresseurs. Je trouve inacceptable qu?on critique notre langage dans le cas du Livre blanc, alors qu?il contient des propositions contre les travailleurs et que Bérenger et Soodhun sont d?anciens syndicalistes. Je me sers, moi, d?un langage dur quand l?adversaire me provoque. Ma seule arme est ma langue. Il faut comprendre le langage de quelqu?un en position de combat et en situation d?opposant à une force plus forte que lui. La situation s?aggrave quand on a affaire à des gens qui agissent consciemment pour casser les reins à ceux qui vous ont confié la tâche de les défendre.
Quelles connaissances ont les syndicats en matière de négociations ?
À vrai dire très peu. L?empirisme domine tout.
Le Rosa Luxemburg Institute lance un cours de trois ans sur le syndicalisme à partir de 2005. Nous avons comme objectif de former 90 syndicalistes sur une période de cinq ans.
Que signifie pour vous négocier ?
Un bon négociateur est quelqu?un qui arrive avec succès à désaliéner les travailleurs et à réduire le pouvoir de l?employeur. Son rôle est de conclure un accord acceptable pour les travailleurs qu?il défend ou d?empêcher l?action patronale nuisible aux travailleurs.
Comment procédez-vous lorsque vous êtes à la table des négociations ?
Avant de commencer les négociations, ma technique, c?est de bien assimiler les faits en termes d?information, de bien comprendre, à partir d?une enquête, la situation objective en termes de rapports de forces entre les travailleurs et l?employeur, la situation financière de l?entreprise etc., et surtout de bien comprendre la position minimale et la position maximale des travailleurs. À la table des négociations, il faut dès le départ faire comprendre qu?aucune concession ne sera faite sur les questions de principe et de droits. Tout doit être argumenté et recorded. La négociation doit progresser continuellement grâce à des propositions et des contre-propositions écrites.
Chacun a sa technique, selon qu?il est collaborateur, opportuniste, bureaucrate, technocrate ou engagé dans la lutte des classes. Il y a aussi la technique du manipulateur. Dans certains cas, c?est le négociateur qui décide de tout. Dans d?autres cas, c?est le président du syndicat ou l?exécutif.
Propos recueillis par Elwyn CHUTEL
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