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« Nos lois du travailsont archaïques »

14 août 2005, 00:00

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Vous avez parlé de « re-engineering » de nos secteurs traditionnels (sucre, textile, tourisme). Qu?entendez-vous exactement par là ?

Je veux simplement dire qu?il faut passer chaque secteur à la loupe et faire le nécessaire pour le sauver ou l?accompagner vers un soft landing pour permettre à d?autres secteurs d?avenir (les services) de prendre la relève. Mais sans pour autant les abandonner. Prenez le cas particulier de la canne, qui a une importance énergétique stratégique. La bagasse est une source d?énergie renouvelable qui existera longtemps après le pétrole et le charbon. Il nous faut revoir toutes les mesures et contraintes qui freinent sa compétitivité et y remédier. Développer aussi d?autres sous-produits à haute valeur ajoutée et, si possible, avec une spécificité mauricienne.

Pour le textile, un rapport d?un High-Powered Committee de la Mepza dort dans les tiroirs alors qu?il proposait des mesures concrètes pour alléger le secteur. L?industrie locale est freinée par le contrôle des prix, la Legal Metrology, le coût de l?électricité, les Remuneration Orders? Jusqu?à tout récemment, les matières premières étaient taxées alors que les produits finis rentraient duty free ! Pour le tourisme, il nous faut libérer l?accès aérien et mettre plus d?accent sur l?intérieur, l?harmonie architecturale? Notre pays est laid dès qu?on pénètre à l?intérieur. Rien de culturel : pas de musée digne de ce nom, pas de festivals, pas d?histoire, et destruction du patrimoine?

Quels sont les nouveaux secteurs où nous devrions accentuer nos efforts ? Et comment ?

Il nous faut bouger vers une économie de services, tournée vers l?export. Nous sommes tous d?accord dessus. Nous n?avons ni matières premières, ni marché intérieur, ni technologie. Nous devons développer les TIC et le knowledge hub. L?obstacle : le manque de formation et le coût élevé des télécommunications.

Vous demandez l?élimination des contraintes administratives?

Il faut aujourd?hui entre huit mois et deux ans pour le moindre permis : de quoi décourager le plus courageux des entrepreneurs ! Il faut établir clairement les procédures à suivre pour un investissement (un restaurant ou usine textile), accorder les permis rapidement (15 jours) et ensuite imposer des amendes sévères si le cahier des charges n?a pas été respecté.

Qu?entendez-vous quand vous parlez de « revoir tout l?encadrement des relations industrielles » ?

Nos lois du travail sont archaïques. Elles datent de peu après l?Indépendance, avec un autre environnement international? Depuis, le monde a changé, mais le cadre légal de nos relations industrielles ne permet pas de négociations collectives. Tous les pays, qui ont réussi leur transition vers une économie de services (l?Irlande, la Nouvelle-Zélande), ont favorisé les négociations collectives directes employeurs-syndicats. Ici, toute négociation est impossible. Un exemple : dans l?hôtellerie, un valet de chambre ne peut faire plus de 10 chambres, cela même s?il désire faire plus pour gagner plus. Impossible d?atteindre une meilleure productivité si l?on ne revoit pas nos lois.

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